Ce samedi 27 juin à 14h (heure française), Olympic Valley envoie dans les canyons de la Sierra Nevada deux des plus grands noms de l’histoire du trail. Kilian Jornet, 38 ans, l’alpiniste catalan aux capacités hors normes, face à Jim Walmsley, 36 ans, quadruple vainqueur de la Western States 100 et détenteur du record de l’épreuve en 14h09’28. Un duel générationnel, une affiche planétaire, et 161 km de Sierra Nevada pour les départager.
Voir le live de la Western States ici !
Sommaire
- 1 Deux légendes, deux philosophies du trail
- 2 Jornet arrivé avec un genou douloureux
- 3 Walmsley en mode chasseur de record
- 4 Les Français en embuscade
- 5 Pourquoi cette édition 2026 est historique
- 6 Deux légendes, deux philosophies du trail
- 7 Jornet arrivé avec un genou douloureux
- 8 Walmsley en mode chasseur de record
- 9 Les Français en embuscade
- 10 Pourquoi cette édition 2026 est historique
- 11 Les sujets tendances
Deux légendes, deux philosophies du trail
Il n’existe peut-être pas dans l’ultra-trail mondial deux athlètes qui incarnent aussi clairement deux visions opposées de la discipline. Jim Walmsley, c’est la puissance américaine, le coureur taillé pour aller vite sur des terrains techniques à basse altitude, un monstre de régularité qui a fait de la Western States son terrain de chasse depuis 2018. Kilian Jornet, à l’inverse, représente la polyvalence alpine totale : champion de ski-alpinisme, grimpeur de sommets en solitaire, coureur capable de performer aussi bien sur un kilomètre vertical que sur 170 km de haute montagne.
Leur dernière confrontation directe remonte au Chianti Ultra Trail en mars 2025, où Walmsley avait pris le dessus sur Jornet. Avant ça, à l’UTMB 2023, c’est Kilian qui avait signé l’une des victoires les plus marquantes de sa carrière, sur le terrain alpin où Walmsley a toujours eu plus de mal à exprimer tout son potentiel. Sur la Western States, c’est l’inverse : Walmsley y est chez lui. Jornet n’y a gagné qu’une fois, en 2011, quinze ans avant cette édition.
Le face-à-face en chiffres
| Kilian Jornet | Jim Walmsley | |
|---|---|---|
| Âge | 38 ans | 36 ans |
| Nationalité | Espagnol-Norvégien | Américain |
| Victoires Western States | 1 (2011) | 4 (2018, 2019, 2021, 2024) |
| Record du parcours | Non | Oui – 14h09’28 |
| Dernier résultat WS | 3e en 2025 (14h19’22) | Vainqueur en 2024 |
| Point fort | Polyvalence, terrain alpin, gestion longue durée | Puissance, vitesse, connaissance du parcours |
| Chaussures | NNormal Kjerag 02 | HOKA Tecton X 3 |
Jornet arrivé avec un genou douloureux

Côté Jornet, la préparation n’a pas été de tout repos. Le Catalan arrive en Californie avec des douleurs au genou déclarées dans les jours précédant la course. Une information qui a alimenté les spéculations sur ses chances réelles de rivaliser avec Walmsley sur 161 km. Lui-même avait relativisé avant le départ : « Je suis à un moment de ma carrière où je m’en fiche un peu du résultat. » Une posture qui sonne comme du Jornet pur jus : désengagé en surface, mais redoutablement compétitif dès que le pistolet part.
Sa préparation printanière s’est articulée autour de longs efforts dans le sud de l’Espagne, loin des altitude et du dénivelé alpin. Un travail structuré, discret, loin des réseaux sociaux, qui correspond à sa méthode habituelle avant les grandes échéances. Et puis il faut rappeler un fait : en 2025, avec un genou « sain », il avait terminé troisième en 14h19’22, soit à dix minutes seulement du record de Walmsley. La marge est infime.
Walmsley en mode chasseur de record

Du côté de l’Américain, l’ambition est clairement affichée. Walmsley a déclaré avant la course : « Si je cours à mon potentiel, je devrais pouvoir courir plus vite que jamais. » Une phrase qui signifie une chose très simple : il vise son propre record de 14h09’28, établi en 2019. Cela représente aussi l’approche tactique la plus efficace pour distancer Jornet dans les canyons : ne pas gérer, partir fort, mettre l’adversaire dans une position de chasseur dès les premières heures.
La disparition de dernière minute de Caleb Olson et Chris Myers, respectivement premier et deuxième en 2025, libère le terrain pour ce duel à deux. Sans eux, le scénario se simplifie : Walmsley part comme favori absolu sur sa piste, Jornet doit décider très tôt s’il suit ou s’il gère. Dans les deux cas, les 40°C attendus dans les canyons de l’après-midi risquent de redistribuer les cartes d’une manière que personne ne peut vraiment anticiper.
Les Français en embuscade
Derrière le duel principal, deux Tricolores méritent toute l’attention. Vincent Bouillard, vainqueur de l’UTMB 2024, revient sur la Western States avec une revanche en tête après son abandon l’an dernier. Thomas Cardin, lui, découvre la course pour la première fois. Champion d’Europe de trail en 2024 et vainqueur du Chianti Ultra Trail en mars 2026, le Marseillais s’apprête à quitter son poste de professeur des écoles pour devenir athlète professionnel à temps plein. La Western States comme premier chapitre d’une nouvelle vie.
- Vincent Bouillard : vainqueur de l’UTMB 2024, 3e du Chianti 2026, revanche sur son abandon 2025
- Thomas Cardin : champion d’Europe trail 2024, 1er du Chianti 2026, première Western States
- Thomas Gourgas, Antoine Aubour, David Michel : trois autres Français engagés sur les 161 km
Pourquoi cette édition 2026 est historique
La 53e édition de la Western States réunit pour la première fois trois vainqueurs de l’UTMB sur la même ligne de départ : Jornet (2011, 2013, 2023), Walmsley (2021) et Bouillard (2024). C’est une configuration inédite dans l’histoire de la course, et elle survient dans un contexte où le trail long connaît une médiatisation sans précédent. Des millions de personnes vont suivre ce samedi, en direct sur YouTube, un sport qui il y a dix ans peinait à remplir les colonnes des journaux sportifs.
Le choc des titans entre Jornet et Walmsley va bien au-delà d’une simple rivalité sportive. C’est une question philosophique que le trail mondial pose depuis des années : la puissance américaine de la plaine peut-elle battre la polyvalence alpine du vieux continent sur 161 km dans les canyons de la Sierra Nevada ? La réponse tombe ce samedi soir à Auburn, Californie.Ce samedi 27 juin à 14h (heure française), Olympic Valley envoie dans les canyons de la Sierra Nevada deux des plus grands noms de l’histoire du trail. Kilian Jornet, 38 ans, l’alpiniste catalan aux capacités hors normes, face à Jim Walmsley, 36 ans, quadruple vainqueur de la Western States 100 et détenteur du record de l’épreuve en 14h09’28. Un duel générationnel, une affiche planétaire, et 161 km de Sierra Nevada pour les départager.
Deux légendes, deux philosophies du trail
Il n’existe peut-être pas dans l’ultra-trail mondial deux athlètes qui incarnent aussi clairement deux visions opposées de la discipline. Jim Walmsley, c’est la puissance américaine, le coureur taillé pour aller vite sur des terrains techniques à basse altitude, un monstre de régularité qui a fait de la Western States son terrain de chasse depuis 2018. Kilian Jornet, à l’inverse, représente la polyvalence alpine totale : champion de ski-alpinisme, grimpeur de sommets en solitaire, coureur capable de performer aussi bien sur un kilomètre vertical que sur 170 km de haute montagne.
Leur dernière confrontation directe remonte au Chianti Ultra Trail en mars 2025, où Walmsley avait pris le dessus sur Jornet. Avant ça, à l’UTMB 2023, c’est Kilian qui avait signé l’une des victoires les plus marquantes de sa carrière, sur le terrain alpin où Walmsley a toujours eu plus de mal à exprimer tout son potentiel. Sur la Western States, c’est l’inverse : Walmsley y est chez lui. Jornet n’y a gagné qu’une fois, en 2011, quinze ans avant cette édition.
Le face-à-face en chiffres
| Kilian Jornet | Jim Walmsley | |
|---|---|---|
| Âge | 38 ans | 36 ans |
| Nationalité | Espagnol-Norvégien | Américain |
| Victoires Western States | 1 (2011) | 4 (2018, 2019, 2021, 2024) |
| Record du parcours | Non | Oui – 14h09’28 |
| Dernier résultat WS | 3e en 2025 (14h19’22) | Vainqueur en 2024 |
| Point fort | Polyvalence, terrain alpin, gestion longue durée | Puissance, vitesse, connaissance du parcours |
| Chaussures | NNormal Kjerag 02 | HOKA Tecton X 3 |
Jornet arrivé avec un genou douloureux
Côté Jornet, la préparation n’a pas été de tout repos. Le Catalan arrive en Californie avec des douleurs au genou déclarées dans les jours précédant la course. Une information qui a alimenté les spéculations sur ses chances réelles de rivaliser avec Walmsley sur 161 km. Lui-même avait relativisé avant le départ : « Je suis à un moment de ma carrière où je m’en fiche un peu du résultat. » Une posture qui sonne comme du Jornet pur jus : désengagé en surface, mais redoutablement compétitif dès que le pistolet part.
Sa préparation printanière s’est articulée autour de longs efforts dans le sud de l’Espagne, loin des altitude et du dénivelé alpin. Un travail structuré, discret, loin des réseaux sociaux, qui correspond à sa méthode habituelle avant les grandes échéances. Et puis il faut rappeler un fait : en 2025, avec un genou « sain », il avait terminé troisième en 14h19’22, soit à dix minutes seulement du record de Walmsley. La marge est infime.
Walmsley en mode chasseur de record
Du côté de l’Américain, l’ambition est clairement affichée. Walmsley a déclaré avant la course : « Si je cours à mon potentiel, je devrais pouvoir courir plus vite que jamais. » Une phrase qui signifie une chose très simple : il vise son propre record de 14h09’28, établi en 2019. Cela représente aussi l’approche tactique la plus efficace pour distancer Jornet dans les canyons : ne pas gérer, partir fort, mettre l’adversaire dans une position de chasseur dès les premières heures.
La disparition de dernière minute de Caleb Olson et Chris Myers, respectivement premier et deuxième en 2025, libère le terrain pour ce duel à deux. Sans eux, le scénario se simplifie : Walmsley part comme favori absolu sur sa piste, Jornet doit décider très tôt s’il suit ou s’il gère. Dans les deux cas, les 40°C attendus dans les canyons de l’après-midi risquent de redistribuer les cartes d’une manière que personne ne peut vraiment anticiper.
Les Français en embuscade
Derrière le duel principal, deux Tricolores méritent toute l’attention. Vincent Bouillard, vainqueur de l’UTMB 2024, revient sur la Western States avec une revanche en tête après son abandon l’an dernier. Thomas Cardin, lui, découvre la course pour la première fois. Champion d’Europe de trail en 2024 et vainqueur du Chianti Ultra Trail en mars 2026, le Marseillais s’apprête à quitter son poste de professeur des écoles pour devenir athlète professionnel à temps plein. La Western States comme premier chapitre d’une nouvelle vie.
- Vincent Bouillard : vainqueur de l’UTMB 2024, 3e du Chianti 2026, revanche sur son abandon 2025
- Thomas Cardin : champion d’Europe trail 2024, 1er du Chianti 2026, première Western States
- Thomas Gourgas, Antoine Aubour, David Michel : trois autres Français engagés sur les 161 km
Pourquoi cette édition 2026 est historique
La 53e édition de la Western States réunit pour la première fois trois vainqueurs de l’UTMB sur la même ligne de départ : Jornet (2011, 2013, 2023), Walmsley (2021) et Bouillard (2024). C’est une configuration inédite dans l’histoire de la course, et elle survient dans un contexte où le trail long connaît une médiatisation sans précédent. Des millions de personnes vont suivre ce samedi, en direct sur YouTube, un sport qui il y a dix ans peinait à remplir les colonnes des journaux sportifs.
Le choc des titans entre Jornet et Walmsley va bien au-delà d’une simple rivalité sportive. C’est une question philosophique que le trail mondial pose depuis des années : la puissance américaine de la plaine peut-elle battre la polyvalence alpine du vieux continent sur 161 km dans les canyons de la Sierra Nevada ? La réponse tombe ce samedi soir à Auburn, Californie.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.



