Niek Heldoorn remporte l’Embrunman 2026 au terme d’un final beaucoup plus serré que ne le laissait présager sa domination sur le vélo. Le Néerlandais boucle le monument haut-alpin en 8 h 59 min 46 s et devance l’Espagnol Jordi Montraveta, deuxième en 9 h 01 min 04 s. Excellente performance française avec Clément Grandy, troisième en 9 h 03 min 52 s. Le double tenant du titre Louis Richard n’est donc pas parvenu à conserver sa couronne.
| Rang | Triathlète | Nationalité | Temps |
|---|---|---|---|
| 1 | Niek Heldoorn | Pays-Bas | 8 h 59 min 46 s |
| 2 | Jordi Montraveta | Espagne | 9 h 01 min 04 s |
| 3 | Clément Grandy | France | 9 h 03 min 52 s |
Niek Heldoorn remporte l’Embrunman 2026
Il avait déjà gagné à Embrun en 2022. Quatre ans plus tard, Niek Heldoorn retrouve la première marche du podium au terme d’une édition qui aura pourtant bien failli lui échapper dans les derniers kilomètres.
Le Néerlandais a construit une grande partie de son succès sur le vélo. Après les 3,8 kilomètres de natation, le parcours cycliste et son passage au mythique col d’Izoard ont progressivement installé Heldoorn en tête. Au moment de poser son vélo, son avance sur Jordi Montraveta dépassait encore plusieurs minutes.
À ce moment de la journée, le scénario semblait presque écrit. Il restait toutefois un détail assez encombrant : 42,195 kilomètres de course à pied.
Et comme souvent à l’Embrunman, le marathon a complètement changé la physionomie de la course.
Le marathon transforme la victoire en combat
Le premier tour à pied n’a pas immédiatement remis en cause l’autorité du Néerlandais. Heldoorn conservait une avance confortable sur Montraveta et Clément Grandy, alors installé au troisième rang et premier Français.
Puis l’écart a fondu. Dans le dernier tour, le leader a commencé à souffrir de problèmes gastriques. Son avance, encore importante quelques dizaines de minutes auparavant, est descendue sous les trois minutes face à Montraveta.
Pour un triathlète ayant déjà passé près de neuf heures à lutter dans les Alpes, trois minutes ne représentent plus vraiment un matelas. C’est à peine un peu d’air entre deux hommes dont chaque foulée commence à coûter très cher.
Heldoorn a pourtant tenu. Son chrono final de 8 h 59 min 46 s lui permet même de passer symboliquement sous les neuf heures sur l’un des parcours longue distance les plus exigeants du calendrier.
Jordi Montraveta échoue à seulement 1 min 18 s
Jordi Montraveta termine deuxième en 9 h 01 min 04 s. L’Espagnol échoue à seulement 1 min 18 s du vainqueur après une journée de près de neuf heures.
L’écart paraît presque dérisoire à l’échelle de l’Embrunman. Entre la natation, les dizaines de kilomètres de vélo dans les Hautes-Alpes, l’ascension de l’Izoard et le marathon final, 78 secondes séparent finalement les deux premiers.
Montraveta était déjà le principal poursuivant de Heldoorn à la sortie du vélo. Le Néerlandais possédait alors environ six minutes d’avance au départ de la course à pied. L’Espagnol a donc réalisé une grosse partie du travail pendant le marathon.
Il lui aura simplement manqué quelques kilomètres supplémentaires. Facile à écrire depuis une chaise, probablement beaucoup moins agréable à entendre après 233 kilomètres d’effort.
Clément Grandy offre un podium à la France
La grande satisfaction tricolore porte le nom de Clément Grandy. Le licencié de Bourg-en-Bresse Triathlon prend une superbe troisième place en 9 h 03 min 52 s.
Le Français était déjà installé sur le podium provisoire à l’issue de la partie cycliste. Sa transition entre le vélo et le marathon avait d’ailleurs été particulièrement rapide, réalisée en moins d’une minute.
Il lui restait ensuite à défendre cette position pendant 42 kilomètres. Mission accomplie, et de quelle manière : Grandy termine à seulement 4 min 06 s du vainqueur.
Sur une course aussi longue, voir les trois premiers regroupés dans un intervalle d’à peine plus de quatre minutes constitue une densité assez exceptionnelle. Cette édition 2026 s’est finalement jouée comme une course beaucoup plus courte, après une journée entière d’effort.
Louis Richard ne réussit pas la passe de trois
Le Français Louis Richard arrivait pourtant avec un statut évident. Vainqueur des éditions 2024 et 2025, il pouvait devenir l’un des rares triathlètes à enchaîner trois succès sur l’Embrunman.
La journée n’a pas suivi le scénario souhaité. Richard figurait encore en cinquième position provisoire après plus de six heures de course, mais le marathon lui a rapidement coûté du terrain.
Après le premier tour à pied, il se trouvait déjà à plus de douze minutes de Heldoorn. Le Dauphiné signalait alors un tenant du titre en souffrance sur la dernière discipline.
Cette défaillance rappelle à quel point le vélo de l’Embrunman ne représente jamais que la deuxième étape du problème. Sortir de l’Izoard en bonne position n’a de valeur que si les jambes acceptent encore de courir un marathon derrière.
Heldoorn avait pris le contrôle sur le vélo
Le nouveau vainqueur n’a pas attendu la course à pied pour se montrer. Heldoorn a progressivement pris la tête pendant les 185 kilomètres de vélo et s’est présenté le premier à la deuxième transition.
Le parcours reste la grande signature de l’Embrunman. Après la natation dans le plan d’eau d’Embrun, les concurrents prennent la direction des routes haut-alpines pour un tracé qui passe notamment au col d’Izoard, à 2 360 mètres d’altitude.
Ce relief impose une gestion très différente de celle d’un triathlon longue distance roulant. Produire trop de puissance dans une longue ascension peut permettre de gagner quelques minutes sur le moment, puis en faire perdre beaucoup plus une fois les chaussures de running enfilées.
Heldoorn a suffisamment bien géré ce compromis pour conserver une petite partie de son avance jusqu’à l’arrivée, malgré une fin de course devenue particulièrement compliquée.
Un chrono sous les neuf heures sur un parcours monstrueux
Le temps de 8 h 59 min 46 s mérite d’être replacé dans le contexte de l’épreuve. L’Embrunman enchaîne environ 3,8 km de natation, 185 km de cyclisme montagneux puis un marathon qui comporte lui-même du dénivelé.
Passer sous les neuf heures sur un tel terrain reste donc une performance de très haut niveau. Heldoorn ne bat toutefois pas le record masculin de l’épreuve.
Cette référence appartient à Arthur Horseau, auteur de 9 h 14 min 09 s en 2023 selon les données historiques présentées par Le Dauphiné. Une différence avec le temps 2026 peut s’expliquer par les évolutions de parcours ou de chronométrage selon les éditions, ce qui impose de comparer les chronos avec précaution.
Ce samedi, l’intérêt sportif se situe de toute façon ailleurs : dans cette bataille directe entre Heldoorn et Montraveta, prolongée presque jusqu’à la ligne.
Une 42e édition qui aura attendu le marathon pour choisir son vainqueur
L’Embrunman célébrait cette année sa 42e édition, avec environ un millier de triathlètes annoncés au départ du format XXL.
La course masculine a offert exactement ce qui fait la particularité de l’épreuve. Un homme peut sembler dominer dans l’Izoard, poser son vélo avec plusieurs minutes de marge puis découvrir que la journée vient seulement d’entrer dans sa phase la plus incertaine.
Le marathon emprunte trois boucles autour d’Embrun et représente environ 400 mètres de dénivelé. La côte Chamois, longue d’environ 1 500 mètres à 5 %, doit être franchie à trois reprises. Après 185 kilomètres à vélo, elle possède probablement une apparence légèrement différente de celle suggérée par sa fiche technique.
C’est dans ce dernier tiers de course que Montraveta a failli renverser l’épreuve et que Grandy a confirmé son podium.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


