Le forfait de Kilian Jornet rebat sérieusement les cartes de l’UTMB 2026. Sans le quadruple vainqueur, contraint de renoncer à cause de son genou, Vincent Bouillard, Jim Walmsley et Ben Dhiman prennent encore davantage de poids dans les pronostics. Caleb Olson, Baptiste Chassagne, Hannes Namberger et Théo Détienne peuvent également viser très haut. À une semaine du départ, rarement la victoire aura semblé aussi ouverte.
UTMB 2026 : les coureurs qui peuvent désormais viser la victoire
La course masculine s’annonce particulièrement indécise. Plusieurs profils disposent des qualités nécessaires pour jouer les premiers rôles à Chamonix, entre spécialistes du 100 miles, anciens vainqueurs et coureurs en pleine progression.
Son expérience récente sur les très longues distances et sa capacité à rester solide dans les dernières heures d’un ultra en font l’un des hommes les plus attendus. Il devra toutefois confirmer face à un plateau particulièrement dense.
Capable de tenir un niveau très élevé sur toute la durée d’un 100 miles, il possède le profil idéal pour profiter d’une course d’usure et rester au contact jusqu’aux dernières ascensions.
Son style offensif peut faire exploser la course très tôt. S’il parvient à conserver suffisamment de fraîcheur après Courmayeur, il peut devenir l’un des hommes les plus difficiles à suivre.
Il connaît les exigences du parcours et sait comment gagner à Chamonix. Sa vitesse reste un atout majeur sur les secteurs roulants et dans les phases où la course s’accélère.
Moins exposé que certains favoris, il peut justement profiter de cette position pour construire sa course avec patience et se rapprocher progressivement du podium.
Un plateau transformé par l’absence de Jornet
Il devait être l’un des personnages centraux de l’UTMB 2026. Kilian Jornet ne sera finalement pas sur la ligne de départ vendredi 28 août à Chamonix.
L’Espagnol a renoncé après plusieurs mois de douleurs au genou. Une sortie longue effectuée quelques jours avant son annonce a confirmé que son articulation ne supportait toujours pas la charge nécessaire pour envisager sereinement près de 174 km et 9 900 m de dénivelé positif.
Son absence enlève au plateau un quadruple vainqueur et, surtout, un athlète capable de modifier complètement le comportement des autres favoris.
Sans Jornet, personne n’aura à décider s’il faut répondre à une accélération du Catalan dans une ascension ou accepter de le laisser prendre quelques minutes. La course devient donc légèrement plus lisible, mais certainement pas plus facile.
Vincent Bouillard en tête des pronostics

Vincent Bouillard possède probablement le dossier le plus complet au départ.
Le Français a déjà montré qu’il savait gagner l’UTMB puisqu’il s’est imposé en 2024. À l’époque, son succès avait été présenté comme une immense surprise. Deux ans plus tard, il serait presque plus étonnant de ne pas le voir dans la lutte pour le podium.
Un vainqueur de l’UTMB devenu référence
Depuis Chamonix 2024, Bouillard a changé de dimension. Sa victoire à la Western States 2026 a confirmé qu’il ne dépendait ni d’un parcours particulier ni d’un scénario favorable.
Il sait être performant sur un 100 miles beaucoup plus roulant et chaud, puis revenir vers les longues ascensions alpines.
Son principal défi sera la récupération. Deux grands 100 miles rapprochés imposent une gestion très précise de la fatigue. Mais s’il arrive frais à Chamonix, il possède aujourd’hui tout ce qu’il faut pour envisager une deuxième victoire.
Jim Walmsley, toujours aussi dangereux

Jim Walmsley connaît lui aussi le chemin vers la première marche. L’Américain avait remporté l’UTMB en 2023 après plusieurs années à essayer de comprendre le parcours et ses exigences.
Son principal atout reste sa capacité à maintenir une vitesse impressionnante pendant très longtemps. Lorsque Walmsley est dans une grande journée, il peut imposer un tempo qui oblige rapidement ses adversaires à sortir de leur zone de confort.
Une saison à double tranchant
Son abandon à la Western States 2026 rappelle cependant que sa saison n’a pas été parfaitement linéaire.
Il reste difficile de savoir quelle version de Walmsley arrivera à Chamonix. Celle capable de contrôler le tour du Mont Blanc représente évidemment un candidat direct à la victoire. Une condition légèrement inférieure pourrait en revanche devenir problématique face à une concurrence aussi dense.
Son expérience compense beaucoup de choses. Walmsley ne découvre plus les longues descentes alpines ni les moments où l’UTMB commence réellement à se jouer.
FYI : Sa présence n’est pas encore confirmée à 100% suite à sa douleur au genou !
Ben Dhiman vise désormais la victoire

S’il existe un coureur dont le statut a radicalement changé en douze mois, c’est bien Ben Dhiman.
Deuxième de l’UTMB 2025, l’Américain installé dans les Pyrénées sait désormais qu’il possède le niveau pour gagner.
Sa préparation 2026 a été construite autour de cet objectif. Il a notamment augmenté son volume pour améliorer sa résistance dans la dernière partie de course, là où il estime avoir encore une marge de progression par rapport à l’année précédente.
Une préparation massive
Dhiman a enchaîné des semaines approchant les 200 km avec plus de 10 000 m de dénivelé positif. Le but n’était pas de développer davantage sa vitesse, mais d’être capable de conserver son niveau après quinze ou vingt heures d’effort.
Son deuxième rang sur le 90 km du Mont Blanc, à seulement quelques secondes de Louison Coiffet, a également montré qu’il possédait déjà une excellente condition cet été.
Avec le forfait de Jornet, Dhiman passe clairement dans le premier cercle des favoris.
Caleb Olson, la vitesse pure
Caleb Olson représente une autre menace américaine particulièrement sérieuse.
Vainqueur de la Western States 2025, il possède la vitesse nécessaire pour évoluer avec les meilleurs du monde sur 100 miles.
L’interrogation concerne davantage son adaptation au profil de Chamonix. L’UTMB ajoute énormément de dénivelé, de technicité et de longues descentes qui sollicitent les jambes d’une manière très différente.
S’il traverse correctement la première moitié et conserve ses qualités de coureur après Courmayeur, son potentiel devient redoutable.
Il fait partie des athlètes capables de passer très rapidement du statut d’outsider à celui d’homme à battre.
Baptiste Chassagne, la régularité française

La France ne repose évidemment pas uniquement sur Vincent Bouillard.
Baptiste Chassagne a déjà terminé deuxième de l’UTMB en 2024. Depuis, il a ajouté une victoire sur la Diagonale des Fous, confirmation supplémentaire de sa capacité à gérer les ultras très longs et techniques.
Un profil taillé pour les courses chaotiques
Chassagne possède un profil particulièrement intéressant lorsque la course devient chaotique. Il ne donne pas forcément l’impression de chercher à faire exploser le groupe dans les premières heures.
Son efficacité repose davantage sur la régularité. Pendant que certains concurrents gagnent cinq minutes puis en perdent quinze, le Français continue généralement d’avancer.
Cette qualité peut être décisive sur l’UTMB. Une course très rapide au départ pourrait même lui être favorable si plusieurs favoris commencent à payer leur enthousiasme dans la deuxième moitié.
Hannes Namberger, l’outsider allemand
Moins médiatisé que Bouillard ou Walmsley, Hannes Namberger possède pourtant toutes les qualités nécessaires pour jouer devant.
L’Allemand s’est construit une réputation de remarquable régularité sur les grandes courses alpines. Son expérience et son endurance en font un adversaire particulièrement dangereux lorsque le rythme commence à baisser.
Il appartient à cette catégorie de coureurs qui apparaissent parfois relativement discrets dans les premières heures avant de remonter méthodiquement dans le classement.
Sur un UTMB où certains favoris devraient partir très vite, cette patience pourrait devenir rentable.
Théo Détienne, la carte surprise

Théo Détienne reste probablement l’une des cartes les plus difficiles à prévoir.
Il avait longtemps occupé une excellente position sur l’UTMB 2025 avant qu’une chute ne mette fin à sa course. Son niveau de vitesse et ses performances sur les formats autour de 100 km montrent pourtant qu’il peut accompagner des athlètes de premier plan.
Tenir la distance
La question concerne surtout la durabilité.
Être capable de suivre les meilleurs pendant dix heures n’est pas exactement la même chose que maintenir ce niveau pendant une vingtaine d’heures.
Détienne possède néanmoins un avantage intéressant : il aura moins de pression que Bouillard, Walmsley ou Dhiman. Une gestion prudente dans la première moitié pourrait lui permettre de profiter des défaillances devant.
La nouvelle hiérarchie
| Coureur | Statut | Principal atout | Point à surveiller |
|---|---|---|---|
| Vincent Bouillard | Favori pour la victoire | Vainqueur UTMB 2024 et Western States 2026 | Récupération après son 100 miles américain |
| Jim Walmsley | Favori pour la victoire | Vainqueur de l’UTMB 2023 | État de forme après une saison irrégulière |
| Ben Dhiman | Favori pour la victoire | Deuxième de l’UTMB 2025 | Transformer sa préparation massive en fraîcheur |
| Caleb Olson | Candidat au podium | Vainqueur Western States 2025 | Adaptation au terrain très alpin |
| Baptiste Chassagne | Candidat au podium | Deuxième de l’UTMB 2024 | Rester au contact si le départ est très rapide |
| Hannes Namberger | Outsider majeur | Régularité sur les ultras alpins | Capacité à suivre les grosses accélérations |
| Théo Détienne | Outsider | Vitesse et potentiel | Tenir son niveau sur l’intégralité du 100 miles |
Un poids tactique en moins
L’absence de Kilian Jornet ne libère pas seulement une place dans les pronostics.
Elle change la façon dont la tête de course pourra se comporter.
Jornet possède une capacité rare à accélérer en montée sans donner l’impression d’attaquer réellement. Lorsqu’il prend quelques mètres, les autres favoris doivent immédiatement décider s’ils suivent ou s’ils continuent à courir à leur rythme.
Sans lui, le contrôle de la course pourrait davantage revenir à Walmsley et Bouillard.
Dhiman et Chassagne auraient au contraire tout intérêt à éviter une bataille trop rapide dans la première moitié.
Un trio se détache
À quelques jours du départ, Vincent Bouillard, Jim Walmsley et Ben Dhiman forment le trio le plus évident.
Bouillard possède les résultats récents les plus impressionnants. Walmsley dispose d’une victoire à Chamonix et d’une capacité exceptionnelle à imposer son rythme. Dhiman vient de terminer deuxième et a consacré toute sa préparation à franchir la dernière marche.
Derrière, Caleb Olson et Baptiste Chassagne ont suffisamment de références pour profiter de la moindre erreur.
Namberger et Détienne complètent une liste où la différence entre un podium et une huitième place pourrait tenir à une heure difficile pendant la nuit.
Une course plus ouverte
Le forfait de Kilian Jornet constitue évidemment une perte majeure pour l’édition 2026. Son retour quatre ans après sa dernière participation devait être l’une des grandes histoires de la semaine.
Mais sportivement, son absence rend peut-être la course encore plus intéressante.
Il n’existe désormais plus un favori historique dont le palmarès écrase celui des autres. Bouillard, Walmsley et Dhiman arrivent avec des arguments différents mais comparables.
Les Français disposent également de plusieurs cartes avec Bouillard, Chassagne et Détienne.
À une semaine du départ, Vincent Bouillard semble posséder une petite longueur d’avance dans les pronostics, mais rien qui permette de parler de domination annoncée. Jim Walmsley sait déjà gagner à Chamonix, Ben Dhiman n’a plus peur du podium et Caleb Olson possède le moteur pour faire éclater le scénario.
Kilian Jornet ne sera pas là. La bataille pour lui succéder dans le rôle de grand patron de l’UTMB, elle, promet d’être particulièrement intéressante.
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