La victoire de Blandine L’Hirondel sur l’UTMB 2026 prend une dimension supplémentaire quelques jours après son arrivée à Chamonix. La Française de 35 ans a remporté les 174 km en 21 h 54 min 49 s malgré une endofibrose iliaque à la jambe gauche, une pathologie qui limite la circulation sanguine lors des efforts intenses. Après avoir retardé l’intervention afin de pouvoir tenter son grand objectif de la saison, Blandine L’Hirondel a désormais confirmé qu’elle allait se faire opérer en novembre. Son année sportive devrait donc s’arrêter sur cette victoire majeure, avant une période consacrée à sa santé et à sa récupération.
Blandine L’Hirondel va être opérée après sa victoire sur l’UTMB

Elle avait pris le départ sans réellement savoir jusqu’où sa jambe allait la laisser aller.
Elle en est finalement revenue avec une victoire.
Quelques jours après son immense succès à Chamonix, Blandine L’Hirondel a confirmé qu’une opération l’attend désormais en novembre. La Française souffre depuis plusieurs semaines d’une endofibrose iliaque touchant sa jambe gauche.
Ce problème avait sérieusement perturbé sa préparation et avait même créé un doute sur sa présence au départ de l’UTMB.
La Française avait finalement choisi de repousser l’intervention pour tenter une dernière fois son grand objectif de la saison.
De quoi souffre Blandine L’Hirondel ?
L’endofibrose iliaque est une pathologie vasculaire observée notamment chez certains sportifs d’endurance.
Elle concerne une artère chargée d’apporter du sang vers la jambe. Chez Blandine L’Hirondel, le problème réduit sa capacité à augmenter suffisamment le débit sanguin lorsqu’elle monte fortement en intensité.
Concrètement, la Française pouvait toujours courir.
En revanche, lorsqu’elle dépassait une certaine intensité, sa jambe gauche devenait limitée par cette circulation sanguine insuffisante.
Un problème assez gênant lorsqu’on prépare l’une des courses les plus relevées de la planète.
Elle ne pouvait plus vraiment travailler à haute intensité

La pathologie n’a donc pas empêché Blandine L’Hirondel de s’entraîner complètement.
Elle a surtout modifié la manière dont elle pouvait le faire.
Les efforts à haute intensité étaient devenus problématiques. Elle devait conserver un niveau d’effort compatible avec le diamètre réduit de l’artère et le débit sanguin qu’elle pouvait supporter.
Sa préparation UTMB s’est donc construite avec une contrainte assez inhabituelle pour une athlète de très haut niveau : éviter de pousser trop fort.
Sur une course de près de vingt-deux heures, cette faiblesse apparente s’est finalement intégrée à sa stratégie.
Une préparation loin d’être idéale
Quelques semaines avant l’UTMB, imaginer Blandine L’Hirondel sur la plus haute marche du podium était loin d’être évident.
Début juillet, sa participation elle-même restait incertaine en raison de cette endofibrose.
Elle n’avait donc pas pu effectuer exactement la préparation qu’elle aurait souhaitée.
À deux jours du départ, la Française ne se présentait pas non plus comme la grande favorite face à Courtney Dauwalter.
Son premier objectif était beaucoup plus simple : parvenir à construire une course régulière sans déclencher les symptômes liés à son problème artériel.
Son problème de santé a paradoxalement influencé sa stratégie
C’est probablement l’aspect le plus intéressant de son UTMB.
La Française savait qu’elle ne pouvait pas multiplier les changements de rythme violents.
Elle devait donc courir à une intensité relativement faible mais extrêmement régulière.
Sur un 10 km, une telle contrainte empêcherait évidemment de viser la victoire.
Sur un ultra de 174 kilomètres, la situation est différente.
La capacité à conserver une allure pendant vingt heures compte parfois davantage que la capacité à produire quelques accélérations impressionnantes.
Elle prend la tête autour du 70e kilomètre
La stratégie fonctionne au-delà de toutes les attentes.
Blandine L’Hirondel reste placée pendant les premières heures avant de prendre définitivement les commandes autour du lac Combal, au 68e-70e kilomètre.
À partir de là, elle ne quitte plus la première place.
Son avance augmente progressivement sans véritable attaque spectaculaire.
La Française semble surtout capable de maintenir son rythme pendant que ses adversaires ralentissent.
Une manière presque parfaite de courir compte tenu de la contrainte imposée par sa jambe.
21 h 54 min 49 s malgré son endofibrose
| Information | Résultat |
|---|---|
| Classement femmes | 1re |
| Classement général | 26e |
| Temps | 21 h 54 min 49 s |
| Distance | Environ 174 km |
| Dénivelé positif | Environ 9 900 m D+ |
| Problème physique connu avant le départ | Endofibrose iliaque gauche |
| Opération prévue | Novembre 2026 |
Une fin de course beaucoup moins facile qu’elle en avait l’air
Pendant plusieurs heures, la domination de L’Hirondel a pu donner l’impression d’une victoire presque tranquille.
La fin raconte une histoire très différente.
La Française a notamment été victime de plusieurs chutes dans les derniers kilomètres, dont une importante dans la descente de La Flégère.
Elle rejoint finalement Chamonix extrêmement éprouvée.
Une fois arrivée, elle connaît un petit malaise vagal et doit rester pendant un moment dans la tente de secours.
Elle avait gagné. Son corps, lui, avait clairement besoin que la journée s’arrête.
Pourquoi n’a-t-elle pas été opérée avant l’UTMB ?
La question peut naturellement se poser.
Blandine L’Hirondel connaissait son problème avant la course et savait que la chirurgie constituait la solution envisagée.
Elle avait cependant choisi de repousser l’intervention après son grand objectif de Chamonix.
Une opération avant l’été aurait évidemment nécessité une période de récupération incompatible avec sa préparation et sa participation à l’UTMB.
Elle a donc décidé, avec le suivi médical nécessaire, de gérer temporairement cette limitation et de programmer la suite après sa saison sportive.
Elle connaît déjà cette pathologie
Autre élément important : ce problème n’est pas totalement nouveau pour la Française.
Blandine L’Hirondel a déjà connu une endofibrose sur l’autre jambe.
Elle savait donc reconnaître les sensations et comprendre les contraintes liées à cette pathologie.
Cette expérience a probablement joué un rôle dans sa capacité à adapter son entraînement et son intensité pendant l’UTMB.
Elle savait ce que sa jambe pouvait accepter et, surtout, ce qu’elle ne devait pas lui demander.
L’opération est prévue en novembre
Le calendrier est désormais beaucoup plus clair.
Blandine L’Hirondel prévoit de se faire opérer en novembre 2026.
Elle ne souhaite pas enchaîner immédiatement avec un nouvel objectif sportif majeur.
Les mois de septembre et octobre seront encore chargés par différents engagements, puis novembre sera consacré à l’intervention.
La fin d’année doit ensuite lui permettre de récupérer et de passer du temps avec sa famille.
Sa saison 2026 devrait donc s’arrêter ici
Cette victoire pourrait finalement constituer la dernière compétition de son année.
La Française a expliqué ne pas avoir programmé de course de rattrapage ou de nouvel objectif majeur pour la fin de saison.
Elle estime avoir atteint une limite physique et mentale après une année particulièrement intense et souhaite désormais profiter de sa victoire avant de penser à la suite.
Le contraste avec la logique habituelle du sport professionnel est intéressant.
Pas de nouveau dossard annoncé quelques heures après la victoire. Pas de prochain objectif immédiatement affiché.
D’abord récupérer.
Une saison qui se termine presque de la meilleure manière possible
Difficile effectivement d’imaginer une meilleure dernière ligne sportive avant une opération.
Blandine L’Hirondel ajoute l’UTMB à un palmarès qui comptait déjà deux titres mondiaux, une victoire sur l’OCC, une victoire sur la CCC et un succès sur la Diagonale des Fous.
À Chamonix, il lui manquait encore la course reine.
Elle vient de la gagner alors même que sa préparation était limitée par une pathologie qui aurait pu l’empêcher de prendre le départ quelques semaines auparavant.
Dix ans après la dernière victoire française
La performance possède également une dimension historique.
Avant Blandine L’Hirondel, la dernière Française victorieuse de l’UTMB était Caroline Chaverot en 2016.
Dix ans plus tard, L’Hirondel ramène donc une Française sur la première marche du podium.
Elle devance Rachel Entrekin, deuxième en 22 h 15 min 54 s, et Emily Schmitz, troisième en 22 h 17 min 28 s.
Sa marge finale dépasse vingt minutes.
Son problème n’enlève rien à la préparation nécessaire
Il serait toutefois trompeur de transformer cette histoire en idée selon laquelle Blandine L’Hirondel aurait gagné « malgré son corps » ou simplement grâce à son mental.
Une victoire sur l’UTMB reste le résultat d’années d’entraînement et d’une immense capacité physique.
Son endofibrose constituait une limitation supplémentaire qu’elle a dû intégrer à sa stratégie, pas un élément magique rendant sa performance possible.
Son équipe avait adapté la préparation et la Française connaissait déjà suffisamment cette pathologie pour savoir qu’elle devait limiter les hautes intensités.
Une victoire qui change forcément la manière de regarder sa course
Lorsque Blandine L’Hirondel a franchi la ligne samedi, son chrono et sa domination étaient déjà remarquables.
Le fait de connaître désormais précisément les difficultés qui avaient perturbé sa préparation apporte un autre éclairage.
Quelques semaines avant Chamonix, elle ne savait même pas avec certitude si elle pourrait prendre le départ.
Le 29 août, elle termine 26e au scratch et gagne la course féminine en moins de vingt-deux heures.
Et quelques jours plus tard, elle peut enfin commencer à penser à la raison pour laquelle elle avait repoussé son opération.
Blandine L’Hirondel : après l’UTMB, place à l’opération
Blandine L’Hirondel va donc être opérée en novembre de son endofibrose iliaque à la jambe gauche. Cette pathologie vasculaire limitait sa circulation sanguine lors des efforts les plus intenses et avait considérablement perturbé sa préparation de l’UTMB.
La Française avait choisi de repousser la chirurgie afin de conserver une chance de participer à Chamonix. Le pari sportif s’est terminé bien au-delà de ses attentes : victoire en 21 h 54 min 49 s et 26e place au classement général.
Sa fin de saison sera désormais différente. Pas de nouveau grand objectif annoncé : elle souhaite profiter de son succès, récupérer puis se faire opérer en novembre avant de prendre soin d’elle pendant la fin de l’année.
L’UTMB devait être son dernier grand rendez-vous avant de régler ce problème physique. Blandine L’Hirondel pouvait difficilement imaginer une meilleure façon de refermer cette partie de sa saison : elle est arrivée à Chamonix avec une artère qui l’empêchait de courir comme elle le souhaitait, et elle en repart avec la plus grande victoire de sa carrière.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


