Quelques jours après avoir remporté les 174 km de l’UTMB 2026, Blandine L’Hirondel délivre un message étonnamment simple aux coureurs amateurs : inutile de vouloir aller trop loin, trop vite. La Française de 35 ans, devenue l’une des meilleures traileuses au monde, conseille au contraire de respecter une véritable progressivité, d’écouter les signaux envoyés par son corps et de ne surtout pas avoir honte de commencer par quelques kilomètres. Un discours nourri par sa propre expérience puisqu’elle reconnaît aujourd’hui avoir elle-même brûlé les étapes lorsqu’elle a découvert le trail. Autrement dit, elle conseille l’inverse de ce qu’elle a fait, et la saison 2026, entre préparation contrariée et pause forcée, est la première où elle s’applique vraiment ses propres recommandations.
Blandine L’Hirondel · Conseils Trail
Quels sont les conseils de Blandine L’Hirondel pour débuter le trail ?
La gagnante de l’UTMB 2026 insiste avant tout sur la progressivité. Il n’est pas nécessaire de commencer par des distances importantes : quelques kilomètres suffisent pour construire progressivement son expérience. Elle recommande également d’être à l’écoute de son corps et de ne pas chercher à reproduire immédiatement les entraînements des athlètes élites. Des conseils qu’elle formule en connaissance de cause : elle-même ne les a pas suivis à ses débuts.
Conseil n°1 : respecter la progressivité
Conseil n°2 : écouter son corps
Conseil n°3 : rester à son niveau et prendre du plaisir
Erreur à éviter : vouloir augmenter trop rapidement les distances
Son exemple : elle reconnaît avoir elle-même grillé les étapes
Premier conseil : ne pas vouloir courir trop loin trop rapidement

Le conseil peut sembler presque paradoxal lorsqu’il vient d’une femme qui vient de courir 174 kilomètres autour du Mont-Blanc.
Pourtant, Blandine L’Hirondel place la progressivité au centre de son message destiné aux débutants.
Commencer le trail ne signifie pas devoir immédiatement préparer un 50 km, un 100 km ou un ultra.
Une sortie de quatre ou cinq kilomètres constitue déjà un entraînement parfaitement valable lorsqu’on débute.
L’objectif doit être de permettre au corps de s’adapter progressivement à la course, aux montées, aux descentes et à la répétition des impacts.
Le paradoxe n’est qu’apparent : ce n’est pas la lauréate de l’UTMB qui parle ici, c’est la débutante qu’elle a été et qui, avec le recul, aurait fait autrement.
« N’ayez pas honte de courir 4 km »
La formule résume assez bien sa philosophie.
Il n’existe aucune distance minimale à partir de laquelle une sortie deviendrait digne d’intérêt.
À l’heure où les réseaux sociaux donnent parfois l’impression qu’une sortie de 20 kilomètres constitue presque un footing ordinaire, Blandine L’Hirondel rappelle qu’un débutant n’a aucune raison de se comparer à un athlète entraîné depuis plusieurs années.
Courir quatre kilomètres aujourd’hui peut être exactement ce qu’il faut pour être capable d’en courir six dans quelques semaines, puis dix quelques mois plus tard.
C’est cette construction progressive qui compte davantage que le chiffre affiché immédiatement sur la montre.
Blandine L’Hirondel reconnaît avoir fait exactement l’inverse
Son conseil possède d’autant plus de valeur qu’elle ne cherche pas à présenter son propre parcours comme un modèle parfait.
Lorsqu’elle a découvert le trail, Blandine L’Hirondel a elle-même énormément accéléré les étapes.
Elle est passée en seulement quelques courses de distances autour de 20 kilomètres à des épreuves approchant les 100 kilomètres. Elle reconnaît aujourd’hui que ce n’est pas la progression qu’elle recommanderait à quelqu’un qui commence.
Son potentiel exceptionnel lui a permis d’absorber cette montée en charge.
Cela ne signifie pas qu’elle était idéale.
C’est là que réside toute la force de son message : il ne repose pas sur ce qui a marché pour elle, mais sur ce qu’elle sait aujourd’hui avoir été un pari. Un pari gagné, mais un pari.
Ne pas copier la progression d’une championne

C’est probablement l’une des leçons les plus intéressantes de son parcours.
Blandine L’Hirondel a découvert le trail relativement tard, lors de son internat de médecine à La Réunion.
Elle s’est rapidement découvert des qualités très supérieures à la moyenne et ses résultats ont progressé presque aussi vite que les distances.
Mais une trajectoire exceptionnelle ne constitue pas forcément un programme d’entraînement reproductible.
Un coureur amateur qui découvre la montagne n’a aucune raison de chercher à reproduire en six mois ce qu’un athlète professionnel est capable d’encaisser.
Ce que son corps a toléré n’est pas une méthode. Elle est la première à le dire.
Deuxième conseil : apprendre à écouter son corps
La question de l’écoute du corps revient énormément dans le discours de Blandine L’Hirondel.
Et son année 2026 lui donne une résonance particulière.
Avant l’UTMB, la Française était gênée par une endofibrose iliaque, une pathologie vasculaire qui limitait sa capacité à réaliser certaines séances intenses. Sa préparation avait été suffisamment perturbée pour qu’à trois semaines du départ, courir vingt kilomètres lui paraisse encore extrêmement difficile.
Elle n’a pourtant pas cherché à compenser systématiquement en ajoutant davantage d’entraînement.
Elle a adapté sa pratique à ce que son corps était capable d’accepter.
Celle qui avait sauté les étapes à ses débuts s’est retrouvée, à 35 ans, obligée de les respecter. Et c’est dans cette configuration qu’elle a remporté la plus grande course de sa carrière.
Une championne qui connaît aussi les limites de son corps
Son UTMB illustre d’ailleurs parfaitement cette idée.
Blandine L’Hirondel n’est pas arrivée au départ avec la préparation parfaite qu’imagine parfois un coureur amateur lorsqu’il regarde un athlète professionnel.
Elle avait dû renoncer à certaines intensités et composer avec plusieurs problèmes physiques.
Son objectif initial n’était même pas nécessairement la victoire.
Elle voulait avancer à son propre rythme et gérer sa course selon ses sensations. Cette approche lui a finalement permis de prendre la tête puis de remporter l’UTMB en 21 h 54 min 49 s.
Le corps ne progresse pas au même rythme que l’envie

C’est une difficulté classique lorsque l’on découvre le trail.
L’envie peut progresser extrêmement vite.
Après un premier 10 km réussi, on regarde un 20 km. Après le 20 km, un 40 km semble soudainement accessible. Puis apparaissent les premières envies d’ultra.
Mais les muscles, tendons, articulations et capacités de récupération ne suivent pas nécessairement cette accélération psychologique.
Être capable mentalement de s’inscrire à une course ne signifie pas encore que son corps est prêt à l’encaisser.
C’est exactement l’enchaînement que Blandine L’Hirondel décrit dans ses propres débuts, de 20 à 100 kilomètres en quelques courses, et qu’elle déconseille aujourd’hui.
Troisième conseil : garder du plaisir dans sa pratique
Le parcours de Blandine L’Hirondel possède une autre particularité : elle n’a pas commencé le trail avec l’ambition de devenir professionnelle.
Lors de son internat à La Réunion, courir était avant tout une manière de découvrir la montagne et de s’évader de ses études de médecine.
Elle ne cherchait ni contrat, ni titre mondial, ni carrière.
Le plaisir de parcourir les sentiers existait avant la performance.
Cette approche reste intéressante pour les amateurs : tous les entraînements n’ont pas besoin d’être optimisés, chronométrés ou transformés en test de performance.
Sur ce point, et contrairement aux distances, elle n’a rien à renier de ses débuts : c’est le seul de ses trois conseils qu’elle a appliqué dès le premier jour.
Ne pas transformer trop rapidement le trail en contrainte
Préparer une compétition nécessite évidemment un minimum de structure.
Mais pour quelqu’un qui débute, vouloir immédiatement tout contrôler peut aussi faire disparaître ce qui l’a poussé à courir.
Plan d’entraînement, allure, fréquence cardiaque, dénivelé hebdomadaire, kilomètres, nutrition, récupération : les données deviennent rapidement nombreuses.
Blandine L’Hirondel raconte justement avoir commencé avec beaucoup plus de légèreté, en saisissant les occasions plutôt qu’en construisant dès le départ une carrière sportive.
Pour un amateur, conserver cette dimension peut être une excellente manière de durer.
Les trois conseils de Blandine L’Hirondel en résumé
| Conseil | Pourquoi ? |
|---|---|
| Être progressif | Donner au corps le temps de s’adapter aux distances et au dénivelé |
| Écouter son corps | Identifier la fatigue, les douleurs et les signaux d’alerte |
| Conserver le plaisir | Ne pas transformer immédiatement chaque sortie en objectif de performance |
Trois conseils, trois rapports différents à son propre parcours : le premier, elle ne l’a pas suivi ; le deuxième, son corps l’y a contrainte en 2026 ; le troisième, elle l’a toujours appliqué.
Son propre corps lui impose désormais une pause
Les conseils de la Française prennent une dimension encore plus concrète avec la suite de sa saison.
Après sa victoire à l’UTMB, Blandine L’Hirondel a décidé de ne plus porter de dossard en 2026. Elle doit se faire opérer en novembre de son endofibrose iliaque.
Plutôt que de profiter immédiatement de sa forme et de sa notoriété pour ajouter de nouvelles courses, elle veut laisser son organisme récupérer.
La priorité est désormais de savourer sa victoire puis de permettre à son corps de se reconstruire.
La boucle se referme : la coureuse qui enchaînait les paliers à ses débuts est aujourd’hui celle qui s’arrête au sommet de sa forme parce que son corps le demande.
Après l’UTMB, pas de course pour simplement profiter de la forme

C’est un message intéressant dans un univers où l’on cherche souvent immédiatement le prochain objectif.
Une victoire appelle une autre course. Un record personnel appelle une nouvelle distance. Une bonne période d’entraînement donne envie d’en profiter avant qu’elle disparaisse.
Blandine L’Hirondel fait actuellement le choix inverse.
Sa saison sportive est terminée. Elle souhaite profiter de son succès, passer du temps avec ses proches et se faire opérer avant de décider de la suite.
Pour les amateurs aussi, savoir terminer une saison peut parfois faire partie de l’entraînement.
La récupération fait partie de la progression
Courir davantage n’est pas systématiquement synonyme de progresser davantage.
L’entraînement crée une fatigue que le corps doit ensuite absorber.
Sans récupération suffisante, l’accumulation de kilomètres peut finir par produire l’effet inverse de celui recherché.
Le message de Blandine L’Hirondel n’est donc pas de courir le moins possible, mais plutôt de laisser suffisamment de temps au corps pour accepter ce qu’on lui demande.
Cela vaut entre deux séances comme entre deux grandes périodes d’une saison.
Son UTMB est aussi une leçon de gestion
La Française a remporté l’UTMB sur 174 kilomètres et environ 9 900 mètres de dénivelé positif. Elle a pris la tête autour du 70e kilomètre et ne l’a ensuite plus quittée.
Mais son récit ne ressemble pas vraiment à celui d’une athlète qui aurait attaqué dès les premières heures pour écraser la course.
Elle a géré selon ses sensations, sans se considérer comme favorite et sans chercher à suivre absolument les concurrentes supposées plus fortes.
Cette capacité à courir sa propre course constitue probablement un conseil supplémentaire que les amateurs peuvent facilement transposer.
Et c’est peut-être le seul terrain où la victoire elle-même vient valider le conseil : sur 174 kilomètres, la retenue a payé.
Courir à son niveau plutôt qu’à celui des autres
Sur un trail, il est particulièrement facile de partir trop vite.
Un ami possède un meilleur niveau, un groupe accélère dans la première montée ou l’ambiance du départ pousse à courir beaucoup plus rapidement que prévu.
Quelques heures plus tard, la sanction peut être sévère.
Le niveau des autres ne change pourtant pas celui auquel votre propre corps est préparé.
Blandine L’Hirondel explique avoir trouvé sur l’UTMB un rythme qui lui correspondait plutôt que de chercher à produire des allures qu’elle considérait elle-même comme exceptionnelles.
Un rapport au sport assez éloigné de l’image de la championne inaccessible

C’est aussi ce qui rend son discours particulier.
Malgré deux titres mondiaux, une victoire à la Diagonale des Fous et désormais l’UTMB, Blandine L’Hirondel continue de se présenter comme une personne ordinaire ayant découvert des capacités particulières.
Elle explique ne pas avoir construit son parcours autour de l’objectif de devenir professionnelle.
Elle préfère conserver une forme de distance avec son statut de championne et considère même que son sentiment de ne pas totalement appartenir à ce monde l’aide à rester connectée à sa vie quotidienne.
Cette distance explique sans doute qu’elle puisse parler de ses débuts comme d’un contre-exemple plutôt que comme d’une légende à reproduire.
Les erreurs à éviter lorsqu’on commence le trail
| Erreur | Alternative |
|---|---|
| Augmenter très rapidement les distances | Construire progressivement son volume |
| Copier les entraînements des élites | Adapter les séances à son expérience |
| Ignorer une douleur persistante | Écouter les signaux du corps |
| Se comparer aux sorties des autres | Accepter son propre niveau |
| Enchaîner les objectifs sans pause | Prévoir de vraies périodes de récupération |
| Considérer une petite sortie comme inutile | Accepter que quelques kilomètres suffisent parfois |
La première ligne de ce tableau est, de son propre aveu, l’erreur qu’elle a commise. La cinquième est celle qu’elle refuse de commettre aujourd’hui.
Blandine L’Hirondel : des conseils finalement très simples
Les conseils de Blandine L’Hirondel ne reposent donc pas sur une séance secrète ou une méthode réservée aux champions.
La gagnante de l’UTMB 2026 insiste d’abord sur quelque chose de beaucoup plus élémentaire : prendre son temps.
Ne pas avoir honte de courir seulement quelques kilomètres. Ne pas chercher immédiatement à passer du trail court à l’ultra. Être attentif aux douleurs et à la fatigue. Et surtout conserver le plaisir qui a donné envie de commencer.
Son propre parcours lui permet d’ailleurs de reconnaître les limites de certains de ses choix : elle a elle-même brûlé les étapes lorsqu’elle a découvert la discipline et ne conseille pas aux débutants de reproduire cette progression.
Aujourd’hui, après avoir remporté l’une des courses les plus exigeantes au monde, elle applique également ce principe à sa propre carrière. Pas de nouvelle compétition avant la fin de l’année : récupération, opération et reconstruction avant de penser à la suite.
Ce qui donne du poids à ses conseils n’est donc pas la ligne d’arrivée de Chamonix. C’est qu’elle parle depuis les deux côtés : celle qui a fait l’inverse et s’en est sortie, et celle que son corps oblige désormais à faire exactement ce qu’elle recommande.
Le paradoxe est finalement assez joli : l’une des meilleures ultra-traileuses au monde vient de gagner une course de 174 kilomètres, mais son premier conseil à quelqu’un qui débute n’est pas de rêver immédiatement d’un ultra. C’est simplement d’accepter de commencer par quatre kilomètres. Ce qu’elle-même n’a pas fait, et ce qu’elle referait autrement.
Source : Le Figaro
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.



