temps moyen utmb (14)

Quel est le temps moyen sur l’UTMB ? Analyse des chronos du géant du Mont-Blanc

C’est LA question que se posent tous les coureurs qui rêvent un jour de boucler le tour du Mont-Blanc : quel est le temps moyen sur l’UTMB ? Entre le record stratosphérique de Kilian Jornet en moins de 20 heures et la barrière horaire fixée à 46h30, l’écart est vertigineux. Alors, où se situe le commun des mortels sur ces 170 km et 10 000 mètres de dénivelé positif ? Et surtout, qu’est-ce qu’un « bon » temps sur l’épreuve reine de Chamonix ?

i-Run
🔥 OFFRES LIMITÉES
Jusqu'à -50% sur l'équipement trail.
Chaussures, textile, nutrition : Les meilleures promotions ici sur I-Run au meilleur prix pour le Running & Trail !
⚡ Voir les offres

Le temps moyen sur l’UTMB : entre 40 et 42 heures

temps moyen utmb (2)

Commençons par la donnée qui intéresse tout le monde. Loin des performances des Jornet, Blanchard et autres cadors de l’élite mondiale, le gros du peloton franchit l’arche d’arrivée de Chamonix entre 40 et 42 heures de course, comme le rappelle u-Trail. C’est donc dans cette fourchette que se situe le coureur « moyen » de l’UTMB, si tant est que ce mot ait un sens pour quelqu’un capable d’enchaîner deux nuits blanches en montagne.

Concrètement, 40 à 42 heures sur 170 km, cela représente une allure moyenne d’environ 4 km/h, pauses, ravitaillements et micro-siestes comprises. Un chiffre qui peut sembler modeste vu du canapé, mais qui prend une toute autre dimension quand on ajoute les 10 000 mètres de dénivelé positif, le froid des cols de nuit, la gestion de l’alimentation et la fatigue accumulée. Si vous terminez dans cette fenêtre, vous êtes tout simplement dans la norme des finishers, et c’est déjà énorme.

Qu’est-ce qu’un « bon » temps sur l’UTMB ?

temps moyen utmb (6)

C’est là que le débat s’enflamme sur les forums et les groupes de coureurs. Comme le souligne u-Trail avec son franc-parler habituel, on laissera de côté les prétentieux qui affirment qu’au-dessus de 30 heures, vous êtes un « clampin ». La réalité est bien plus nuancée.

Finir, c’est déjà exceptionnel

Premier rappel salutaire : même si l’UTMB n’est pas l’ultra le plus difficile du monde, en venir à bout reste un effort absolument incroyable, une performance que très peu de gens réaliseront une fois dans leur vie. En ce sens, on pourrait presque dire que 46h30, le temps limite de l’épreuve, constitue déjà un bon temps. Chaque finisher qui boucle sa boucle avant la fermeture de la ligne a gagné son pari.

Sous les 40 heures

En extrapolant à partir du temps moyen, la conclusion d’u-Trail est limpide : passer sous la barre des 40 heures, c’est vraiment pas mal. Vous êtes alors plus rapide que le gros du peloton, ce qui vous place mécaniquement dans la première moitié du classement. C’est le seuil symbolique qui sépare le finisher « dans la norme » du coureur qui a dompté le parcours.

Le raisonnement en valeur relative

Il existe une autre façon, plus intelligente, d’aborder la question. Quelques semaines ou quelques jours avant la course, chaque coureur reçoit théoriquement, sur la base de son indice UTMB, une prévision de son chrono et de ses temps de passage. Tenir cette prévision constitue un bon temps, car il est adapté à vos capacités réelles. La battre, c’est encore mieux. Et si vous mettez plus longtemps mais que vous finissez en bon état, comme le dit u-Trail avec élégance : on s’en tape, tant que vous finissez.

À l’autre extrême : le record de Kilian Jornet en 19h49

temps moyen utmb (10)

Pour mesurer le gouffre qui sépare l’élite du peloton, penchons-nous sur le record de l’épreuve. Les 26 et 27 août 2022, Kilian Jornet a bouclé l’UTMB en 19 heures 49 minutes et 30 secondes, devenant au passage le deuxième homme à remporter quatre fois l’épreuve, à égalité avec François D’Haene. Soit un chrono deux fois plus rapide que le temps moyen du peloton !

Les données publiées par COROS révèlent les coulisses de cet exploit. Poussé par Jim Walmsley sur un rythme effréné pendant les 80 premiers kilomètres, Jornet a passé 1h22 entre ses zones de puissance aérobie et de seuil, un pari énorme sur une telle distance. Il a ensuite utilisé la section entre le Grand Col Ferret et Champex-Lac comme phase de récupération, laissant filer Walmsley en descendant sa fréquence cardiaque moyenne à 119 bpm pendant 2h30. Enfin, au kilomètre 151, alors que Mathieu Blanchard l’avait rejoint, il a lancé une attaque décisive d’une heure, atteignant un rythme ajusté de 3:21/km après plus de 150 bornes dans les jambes. De la course tactique au sommet de l’art.

Tableau récapitulatif : les temps de référence sur l’UTMB

ChronoCe que ça signifie
19h49’30 » (Kilian Jornet, 2022)Record de l’épreuve, réservé aux extraterrestres
Moins de 30 heuresNiveau très élevé, haut du classement
Moins de 40 heuresUn bon temps, plus rapide que le gros du peloton
40h à 42hLe temps moyen, la norme des finishers
46h30Barrière horaire : finir avant, c’est déjà exceptionnel

Les leçons à retenir du record pour votre propre course

Au-delà de l’anecdote, l’analyse du record de Jornet livre des enseignements précieux pour tout coureur du peloton, quel que soit son objectif chronométrique :

  • La gestion de l’effort prime sur la vitesse pure : même Jornet a dû lever le pied après un départ trop rapide, la preuve que personne n’échappe à la physiologie sur 170 km
  • Les descentes servent à récupérer : utiliser les portions descendantes pour faire baisser la fréquence cardiaque est une tactique payante, y compris pour un finisher en 42 heures
  • Rester dans sa zone d’endurance aérobie : tout temps passé au-dessus est considéré comme risqué sur un ultra, comme le rappellent les analystes de COROS
  • Le chrono prévisionnel est votre meilleur repère : la prévision basée sur votre indice UTMB est un objectif plus pertinent que n’importe quelle barre symbolique
  • Finir en bon état vaut mieux qu’un joli temps : l’objectif numéro un reste de passer l’arche de Chamonix, peu importe l’heure
YouTube video

Notre analyse : le temps moyen, une donnée à relativiser

Alors, que retenir de tout cela ? Que le temps moyen sur l’UTMB se situe entre 40 et 42 heures, que passer sous les 40 heures fait de vous un bon coureur d’ultra, et que le simple fait de finir avant la barrière des 46h30 vous place dans un club très fermé. Entre le chrono lunaire de Kilian Jornet et la lanterne rouge du peloton, il y a moins une hiérarchie qu’une même aventure vécue à des vitesses différentes.

Le meilleur conseil reste finalement celui du raisonnement en valeur relative : votre bon temps, c’est celui qui correspond à vos capacités du moment, à votre préparation et aux conditions du jour. Le tour du Mont-Blanc se moque des comparaisons, il ne retient que ceux qui vont au bout. Rendez-vous sous l’arche de Chamonix, à l’heure que vos jambes décideront.

Avis post
moi cartoon
Plus de publications

Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.

Shopping
Les 5 meilleurs bons plans du moment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut