L’UTMB 2026 est terminé et son taux d’abandon rappelle à quel point boucler le tour du Mont-Blanc reste difficile : sur les 2 407 coureurs ayant pris le départ, 726 sont comptabilisés DNF, soit 30,16% du peloton. À l’inverse, 1 681 participants ont rejoint Chamonix, pour un taux de finishers de 69,84%. Autrement dit, pratiquement un coureur sur trois n’est pas allé au bout des 174 km et 10 000 m D+ annoncés. Un chiffre élevé, mais finalement assez habituel à l’échelle récente de l’UTMB.
UTMB 2026 : 726 coureurs n’ont pas terminé

Les images de l’UTMB montrent naturellement beaucoup les arrivées. Ben Dhiman en 18 heures, Blandine L’Hirondel chez les femmes, les élites, puis les centaines d’anonymes qui découvrent enfin Chamonix après une ou deux nuits dehors.
Mais derrière ces finishers existe une autre partie du classement.
726 participants sont comptabilisés DNF sur l’UTMB 2026. Rapporté aux 2 407 partants affichés sur le suivi de la course, cela représente exactement 30,16%.
Dit plus simplement : sur dix personnes présentes au départ, environ trois n’ont pas obtenu leur statut de finisher.
Le taux de finishers atteint presque 70%
Le chiffre peut évidemment être regardé dans l’autre sens.
Avec 1 681 finishers pour 2 407 partants, le taux de réussite atteint 69,84%.
| Statistique | Nombre | Pourcentage |
|---|---|---|
| Partants | 2 407 | 100% |
| Finishers | 1 681 | 69,84% |
| DNF | 726 | 30,16% |
Environ sept participants sur dix sont donc parvenus au terme de leur tour du Mont-Blanc.
Et lorsqu’on parle d’une épreuve de cette longueur, atteindre 70% de finishers n’a finalement rien d’évident.
Pourquoi autant de coureurs abandonnent-ils sur l’UTMB ?
Il n’existe pas une cause unique permettant d’expliquer ces 726 DNF.
Sur une course de 174 kilomètres avec environ 10 000 mètres de dénivelé positif, les raisons d’un arrêt peuvent être extrêmement différentes d’un participant à l’autre.
Fatigue musculaire, problème digestif, douleur, blessure, difficulté à continuer à s’alimenter, froid, manque de sommeil ou barrière horaire peuvent progressivement mettre fin à une course.
Les statistiques globales ne permettent pas d’attribuer les 726 DNF à une cause particulière. Il serait donc trompeur d’expliquer le taux 2026 par un seul facteur.
DNF ne signifie d’ailleurs pas toujours abandon volontaire

C’est une nuance importante.
Lorsqu’un coureur apparaît DNF, cela ne signifie pas nécessairement qu’il s’est assis à un ravitaillement en décidant simplement d’arrêter.
Certains participants peuvent être stoppés par les barrières horaires.
L’organisation impose en effet des heures limites aux différents points du parcours. Lorsqu’un participant arrive trop tard, sa course peut s’arrêter même s’il aurait souhaité poursuivre.
Le chiffre des DNF regroupe donc différentes réalités.
Les abandons ont été particulièrement nombreux au milieu du parcours
Le profil officiel permet également de visualiser la répartition des sorties de course.
Plusieurs secteurs apparaissent comme particulièrement difficiles, notamment autour de Courmayeur et dans la partie qui suit vers Arnouvaz et le Grand Col Ferret.
Ce n’est pas vraiment une surprise.
Lorsque les coureurs arrivent dans cette zone, ils possèdent déjà de nombreuses heures d’effort dans les jambes. Les erreurs d’allure ou d’alimentation commises depuis Chamonix commencent alors à produire leurs effets.
Selon une analyse des données du chronométrage, Arnouvaz aurait notamment concentré plus de sorties de course que n’importe quel autre point, devant Courmayeur et La Fouly.
Le fameux mur de Courmayeur
Courmayeur possède une place particulière dans la psychologie de l’UTMB.
Le coureur y retrouve son assistance et un ravitaillement beaucoup plus important après environ 80 kilomètres.
C’est aussi le moment où il peut commencer à mesurer concrètement son état.
La distance déjà parcourue est immense. Et pourtant, il reste encore pratiquement un autre ultra à courir avant Chamonix.
Pour certains, repartir constitue alors le véritable défi.
Arnouvaz arrive lorsque les organismes commencent à payer
Le secteur d’Arnouvaz intervient encore plus tard, autour du 100e kilomètre.
À ce moment, les participants doivent se préparer à franchir le Grand Col Ferret avant d’entrer en Suisse.
Les jambes ont déjà encaissé une succession impressionnante de montées et de descentes.
C’est précisément là que les problèmes qui semblaient encore gérables quelques heures auparavant peuvent devenir rédhibitoires.
Une douleur légère devient une blessure. Une petite difficulté à manger devient un déficit énergétique. Un rythme légèrement trop élevé pendant la nuit devient une impossibilité de maintenir une allure suffisante.
Même les meilleurs peuvent abandonner
Le taux de DNF ne concerne évidemment pas uniquement les coureurs situés au fond du classement.
L’édition 2026 l’a démontré de manière spectaculaire.
Vincent Bouillard, vainqueur de l’UTMB 2024, a abandonné.
Courtney Dauwalter, triple gagnante de la course, a elle aussi arrêté son UTMB après une première partie très inhabituelle.
Avant même le départ, plusieurs grandes figures comme Kilian Jornet ou Jim Walmsley avaient déjà déclaré forfait.
Le simple fait d’appartenir à l’élite mondiale ne protège donc absolument pas d’un DNF.
30% d’abandons : est-ce exceptionnel sur l’UTMB ?
Le chiffre impressionne lorsqu’on le découvre isolément.
Dans l’histoire récente de l’UTMB, il n’est pourtant pas particulièrement exceptionnel.
Les taux d’abandon tournent régulièrement autour du tiers du peloton. L’analyse publiée après l’édition 2026 évoque environ 35% en 2021, 32% en 2022, 35% en 2023, 36% en 2024 et 33% en 2025.
| Édition | Taux d’abandon approximatif |
|---|---|
| 2021 | ≈ 35% |
| 2022 | ≈ 32% |
| 2023 | ≈ 35% |
| 2024 | ≈ 36% |
| 2025 | ≈ 33% |
| 2026 | 30,16% |
À cette échelle, l’édition 2026 se situe même légèrement sous plusieurs années précédentes.
Presque un coureur sur trois malgré une sélection importante
C’est probablement l’aspect le plus intéressant de ces statistiques.
Les personnes présentes au départ de l’UTMB ne découvrent normalement pas le trail long la veille de la course.
Le système d’accès passe par l’UTMB Index, les Running Stones et les différentes conditions imposées pour participer au tirage au sort.
Les participants ont donc déjà une expérience de la discipline.
Et pourtant, 30% d’entre eux ne terminent pas.
Ce chiffre rappelle que sélectionner des coureurs expérimentés ne transforme pas un ultra de montagne en formalité.
L’UTMB Index ne garantit évidemment pas de terminer
Un UTMB Index mesure avant tout le niveau de performance obtenu sur différentes courses.
Il ne peut pas prévoir tout ce qui se produira après quinze, vingt ou trente heures d’effort.
Un coureur rapide sur 100 kilomètres peut connaître des problèmes digestifs sur 170. Un excellent descendeur peut se blesser. Un athlète parfaitement préparé peut simplement connaître une mauvaise journée.
L’ultra fait intervenir suffisamment de variables pour qu’aucun indice ne puisse garantir une arrivée.
Les 726 DNF de 2026 en constituent une assez bonne démonstration.
L’UTMB abandonne-t-il davantage que les autres grands ultras ?
Pas nécessairement.
Les comparaisons doivent être maniées avec prudence puisque les distances, dénivelés, barrières horaires et conditions d’accès changent considérablement.
Mais quelques repères donnent une idée.
La Diagonale des Fous 2024 se situait autour de 29% d’abandons, soit pratiquement le même ordre de grandeur que l’UTMB 2026. En 2025, son taux était plus faible, autour de 24%.
À l’inverse, la Western States 2026 a enregistré un taux d’abandon bien inférieur, autour de 13%.
Et sur des formats encore plus extrêmes comme le Tor des Géants, la proportion peut dépasser largement celle observée à Chamonix.
Quelques taux d’abandon pour comparer
| Course | Édition | Taux d’abandon approximatif |
|---|---|---|
| UTMB | 2026 | 30,2% |
| Diagonale des Fous | 2024 | ≈ 29,1% |
| Diagonale des Fous | 2025 | ≈ 24,3% |
| Western States | 2026 | ≈ 13% |
| Tor des Géants | 2024 | ≈ 51% |
Comparer directement ces épreuves serait toutefois assez injuste. Un TOR330 de plus de 300 kilomètres ne possède évidemment pas les mêmes contraintes qu’une Western States ou qu’un UTMB.
Être finisher reste donc une vraie performance
Le classement de l’UTMB attire naturellement l’attention vers les premiers.
Ben Dhiman boucle la course à une vitesse presque irréelle. Blandine L’Hirondel réalise une immense performance chez les femmes.
Mais le chiffre de 30,16% apporte un autre regard sur les 1 681 personnes qui ont terminé.
Pour beaucoup d’entre elles, la performance n’a rien à voir avec une place dans le top 10 ou un chrono sous les vingt heures.
Elle consiste simplement à avoir réussi à continuer jusqu’à Chamonix.
UTMB 2026 : un taux d’abandon de 30,16%
Le bilan final affiché pour l’UTMB 2026 est donc de 2 407 partants, 1 681 finishers et 726 DNF. Cela représente un taux d’abandon de 30,16% et un taux de réussite de 69,84%.
Près d’un coureur sur trois n’a donc pas terminé les 174 kilomètres annoncés autour du Mont-Blanc.
Le chiffre est élevé, mais il reste cohérent avec l’histoire récente de l’épreuve, où environ un tiers des participants abandonne régulièrement. Cette année n’a donc pas produit une hécatombe statistiquement exceptionnelle.
Elle rappelle surtout la différence entre obtenir un dossard et devenir finisher.
À Chamonix, même après des mois de préparation, des Running Stones et suffisamment d’expérience pour accéder au départ, rien ne garantit l’arrivée. En 2026, 726 coureurs viennent encore de le vérifier.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


