Ludovic Pommeret ne sera pas au départ de l’UTMB en 2026. Le Français, triple vainqueur de la Hardrock 100 et légende vivante du trail ultra, a confirmé officiellement sa présence sur l’Échappée Belle, dans le massif de Belledonne. Une révélation faite presque en passant dans une vidéo Compressport, mais qui en dit long sur la trajectoire d’un athlète de 51 ans qui continue de réécrire les règles.
Sommaire
- 1 Une annonce glissée entre deux anecdotes de sportifs
- 2 Trois Hardrock consécutives dans les jambes, et déjà l’appel de Belledonne
- 3 Dix ans après l’UTMB, Pommeret regarde ailleurs
- 4 Ce que ce choix révèle sur la fin de carrière d’un athlète libre
- 5 Belledonne va devoir se tenir prête
- 6 Les sujets tendances
Une annonce glissée entre deux anecdotes de sportifs
La scène a quelque chose d’assez savoureux. Dans une vidéo produite par Compressport, Ludovic Pommeret échangeait avec le cycliste professionnel Aurélien Paret-Peintre dans l’ambiance du Tour de France. Alimentation, récupération, compression, les deux athlètes comparaient leur quotidien respectif avec la curiosité sincère de gens qui ne pratiquent pas le même sport mais partagent la même obsession de la performance.
Puis vient la question qui change tout. Paret-Peintre lui demande naturellement s’il sera à Chamonix pour l’UTMB cet été. Et là, sans hésiter une fraction de seconde : « Non, je ne fais pas l’UTMB, je fais l’Échappée Belle. » Court, net, définitif. Pas de long discours, pas de mise en scène médiatique. Pommeret avait autre chose à partager ce jour-là, et sa prochaine course en est quand même sortie.
Le lendemain, il était déjà dans Belledonne
Ce qui frappe vraiment dans cette histoire, c’est la vitesse à laquelle la parole s’est transformée en acte. Le samedi 26 juillet, l’information surgit dans la vidéo. Le dimanche 27, Pommeret est déjà sur le terrain, entre Fond-de-France et Super Collet, les chaussures dans la terre de Belledonne. Trente-trois kilomètres de reconnaissance pour 3 300 mètres de dénivelé positif, soit une moyenne de 100 mètres de montée par kilomètre. Pas tout à fait une balade digestive.
Sa réaction après cette première sortie dit tout sur la nature de l’épreuve : « Seriously ???? On ne rigole pas à l’Échappée Belle, on nous avait donc pas menti !!! » Difficile de faire plus honnête comme bilan de reconnaissance. Le massif de Belledonne avait manifestement prévu de le tester sérieusement dès le premier jour.
Trois Hardrock consécutives dans les jambes, et déjà l’appel de Belledonne

Pour saisir l’ampleur du personnage, quelques chiffres s’imposent. En juillet 2026, Ludovic Pommeret a remporté la Hardrock 100 pour la troisième année consécutive, après ses succès de 2024 et 2025. Plus fort encore, il a amélioré son propre record de l’épreuve en bouclant cet ultra américain extrêmement technique en 21 heures, 11 minutes et 36 secondes. À 51 ans. Laissez ça infuser un moment.
La Hardrock 100, pour ceux qui ne la connaissent pas, est une course où le terrain vous prend à la gorge dès les premières heures. Haute altitude, dénivelés extrêmes, conditions imprévisibles dans les Rocheuses du Colorado. Ce n’est pas la course où on va chercher de la visibilité ou une belle photo finish. C’est la course où les athlètes vont chercher quelque chose de beaucoup plus profond.
Un enchaînement qui confirme une philosophie
Partir de la Hardrock et plonger presque aussitôt dans la reconnaissance de Belledonne, ce n’est pas le comportement d’un athlète qui gère son calendrier à coups de calculs marketing. C’est le réflexe d’un coureur de montagne pur, qui recharge ses batteries sur des sentiers plutôt que dans un canapé. L’Échappée Belle s’inscrit dans la même logique que la Hardrock : un terrain impitoyable, une épreuve qui force le respect des anciens de la montagne, et peu de place pour le spectacle superficiel.
Dix ans après l’UTMB, Pommeret regarde ailleurs

La dimension symbolique du moment n’échappe à personne dans le milieu. 2026 marque exactement le dixième anniversaire de la victoire de Ludovic Pommeret sur l’UTMB. Sa victoire en 2016 à Chamonix reste l’une des performances les plus commentées de l’histoire de la course, et Pommeret lui-même la cite volontiers parmi les instants forts de sa vie sportive. Il aurait eu toutes les raisons du monde de revenir pour cet anniversaire, de jouer le jeu de la nostalgie et de l’image.
Il a choisi de ne pas le faire. Et franchement, ça lui ressemble. Pommeret a toujours été un athlète qui construit son calendrier avec sa tête plutôt qu’avec les attentes extérieures. Cette capacité à s’affranchir du regard des autres, à résister aux anniversaires dorés et aux storytellings tout faits, c’est peut-être aussi ce qui explique pourquoi il court encore au plus haut niveau à un âge où beaucoup ont depuis longtemps raccroché les dossards.
L’Échappée Belle, une course qui mérite vraiment l’attention
Très ancrée dans la communauté du trail technique, l’Échappée Belle se déroule dans le massif de Belledonne, en Isère. C’est une épreuve réputée pour sa verticalité et son engagement sur un terrain alpin brut, très éloigné des grands circuits ultra médiatisés. Le type d’environnement où Pommeret se sent chez lui, où ses qualités de grimpeur et de technicien montagnard sont mises en avant, loin des effets de plateau.
Ce que son choix dit concrètement sur l’Échappée Belle :
- Terrain alpin extrême : le massif de Belledonne ne laisse aucune marge d’erreur aux athlètes qui sous-estiment sa verticalité, comme Pommeret lui-même l’a découvert dès sa première sortie de reconnaissance
- Un dénivelé qui parle de lui-même : 100 mètres de montée par kilomètre en moyenne sur certaines sections, une densité d’effort comparable aux grandes épreuves alpines mondiales
- Une épreuve qui attire les vrais amoureux de la montagne : ni grand cirque médiatique ni armada de caméras, juste de la montagne et des coureurs qui savent ce qu’ils sont venus chercher
- La participation de Pommeret lui donne un éclairage inédit : quand un triple vainqueur de la Hardrock préfère Belledonne à Chamonix, le reste du peloton trail tend l’oreille
Ce que ce choix révèle sur la fin de carrière d’un athlète libre
À 51 ans, Ludovic Pommeret n’a plus grand-chose à démontrer sur le papier. Vainqueur de l’UTMB, triple vainqueur de la Hardrock, recordman, il a coché les cases que la plupart des traileurs rêveraient d’atteindre une seule fois dans leur vie. Cette liberté de palmarès lui offre aujourd’hui quelque chose de précieux : la possibilité de choisir ses courses uniquement pour ce qu’elles représentent sporttivement et humainement.
Le marché des grands ultra se construisant de plus en plus autour d’écosystèmes médiatiques et commerciaux puissants, il est assez rare de voir un athlète de ce calibre s’en détacher volontairement. Pommeret semble avoir très tôt décidé que son plaisir de courir primait sur l’agenda dicté par les grandes organisations. Son calendrier 2026 en est une illustration parfaite.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Course choisie | L’Échappée Belle, massif de Belledonne, Isère |
| Course abandonnée | UTMB 2026 à Chamonix (10e anniversaire de sa victoire) |
| Confirmation officielle | Vidéo Compressport avec Aurélien Paret-Peintre, 26 juillet 2026 |
| Reconnaissance terrain | 27 juillet 2026, Fond-de-France / Super Collet, 33 km / 3 300 m D+ |
| Contexte récent | Triple vainqueur Hardrock 100 (2024, 2025, 2026), record en 21h11’36 » |
| Âge au moment des faits | 51 ans |
Belledonne va devoir se tenir prête
La reconnaissance du 27 juillet a beau avoir surpris Pommeret, on peut parier sans risque excessif qu’il reviendra dessus avec la même méthode qui fait son efficacité depuis des années : des sorties ciblées, une préparation structurée, et cette capacité à transformer l’inconnu en terrain familier avant le jour J. L’homme a remporté la Hardrock trois fois de suite. Il sait comment apprivoiser une montagne.
Ce que l’Échappée Belle 2026 gagne avec sa participation, c’est une lumière supplémentaire sur une épreuve qui mérite d’être davantage connue. Quand Pommeret pose ses chaussures quelque part, le monde du trail s’arrête pour regarder. Et cette fois, il regarde vers Belledonne.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


