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Sierre Zinal 2026 : Qui sont les grands favoris sans Kilian Jornet ?

Les principaux favoris pour remporter Sierre-Zinal 2026 le 8 août sont Philemon Kiriago, Patrick Kipngeno, Rémi Bonnet et Elhousine Elazzaoui. Et cette édition revêt une saveur particulière, car pour la première fois depuis une éternité, Kilian Jornet ne sera pas au départ. Dix victoires. Parti. Le trône des cinq 4000 est officiellement à prendre.

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Le roi se retire, et tout le tableau change

Il faut mesurer l’impact d’une telle absence. Jornet n’était pas simplement un favori parmi d’autres sur cette épreuve valaisanne, c’était une référence absolue, un étalon contre lequel tout le monde se mesurait. Chaque édition démarrait avec la même question : qui peut tenir son rythme ? Sa non-participation à la 53e édition ne crée pas un vide, elle crée une opportunité. Une fenêtre historique pour un athlète qui aspire à graver son nom sur l’une des courses de montagne les plus mythiques de la planète.

Ce qui rend la situation encore plus captivante, c’est que les quatre prétendants au sommet ont des profils radicalement différents. Il n’y aura pas de domination évidente, pas de patron désigné à l’avance. Le scénario s’annonce ouvert jusqu’aux derniers hectomètres avant Zinal.

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Un parcours exigeant qui trie les candidats dès les premiers kilomètres

Pour comprendre qui peut l’emporter, il faut d’abord comprendre ce que cette course réclame physiologiquement. Seulement 31 kilomètres, oui, mais avec 2 200 mètres de dénivelé positif et 1 100 mètres de descente. Une intensité qui dépasse largement ce que la distance pourrait laisser supposer.

La montée depuis Sierre, un révélateur impitoyable

La première phase de la course est une longue ascension depuis Sierre, dans la chaleur du fond de vallée. C’est là que les jeux se font souvent. Les jambes qui flambent prématurément ne reviennent jamais vraiment. L’effort est soutenu, sans répit, et les écarts peuvent se creuser à une vitesse déconcertante pour ceux qui auraient surestimé leurs réserves.

Les sections roulantes en altitude, terrain de chasse des spécialistes

Une fois les hauteurs atteintes, le tracé s’aplatit progressivement et laisse place à des portions plus courantes. C’est précisément ici que les athlètes habitués à s’entraîner en altitude reprennent du terrain. Maintenir une cadence élevée avec un air raréfié dans les poumons, après un effort de montée intense, c’est une compétence qui se forge dans les hauts plateaux kényans. Les Européens le savent, et ils s’y préparent en conséquence.

La descente vers Zinal, dernière carte à jouer

Avec plus de 1 100 mètres de descente pour finir, les bons techniciens ont une dernière opportunité de renverser une hiérarchie établie en montée. Un descente maîtrisée à grande vitesse peut transformer une troisième place en victoire. À condition, bien sûr, d’avoir gardé suffisamment dans les appuis pour ne pas se transformer en marionnette désarticulée dans les pierriers.

Les caractéristiques à retenir sur ce parcours :

  • Format court et intense : 31 km à une intensité proche du maximum, sans possibilité de récupération sérieuse
  • Ascension initiale déterminante : les grimpeurs purs prennent souvent les devants dès les premiers kilomètres
  • Altitude et sections roulantes : avantage net aux athlètes qui s’entraînent en haute altitude au quotidien
  • Descente finale technique : 1 100 m de négatif, un vrai terrain de jeu pour les spécialistes du trail alpin
  • Météo capricieuse en Valais : un orage peut modifier toute la physionomie de la course en quelques minutes

Philemon Kiriago, la machine kényane taillée pour ce format

Philemon Kiriago incarne parfaitement le profil du coureur idéal pour Sierre-Zinal. Une économie de course hors norme, une capacité aérobie développée dans les hauts plateaux d’Afrique de l’Est, et une régularité d’effort que peu d’athlètes au monde peuvent égaler sur ce type de distance. Ce n’est pas un hasard si son nom revient systématiquement dans les discussions autour de cette épreuve.

Ce qui le distingue réellement, c’est sa façon d’aborder les montées longues. Là où d’autres donnent l’impression de souffrir, Kiriago avance avec une fluidité presque déconcertante. Sur une course qui se décide dans les premières pentes depuis Sierre, cette qualité peut faire la différence de manière décisive. Il faut clairement le placer parmi les deux candidats les plus sérieux à la victoire finale.

Patrick Kipngeno, la menace silencieuse qu’on aurait tort de négliger

Moins exposé médiatiquement que ses rivaux directs, Patrick Kipngeno représente pourtant une carte solide dans ce plateau. Le coureur kényan excelle sur les formats hybrides qui mélangent endurance montagne et sections courantes en altitude, exactement ce que Sierre-Zinal impose.

Ces profils discrets ont une façon bien à eux de surgir dans le dernier tiers de course, au moment précis où les favoris annoncés commencent à gérer leurs ressources. Kipngeno a les qualités pour rester dans la roue des meilleurs jusqu’aux sections roulantes, et pour les punir si l’un d’eux se découvre un peu tôt. Un outsider de luxe, ni plus ni moins.

Rémi Bonnet et le poids de l’honneur suisse

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Parler de Sierre-Zinal sans mentionner Rémi Bonnet serait une hérésie. Le Suisse est l’un des rares athlètes européens à avoir réussi à tenir tête aux Kényans sur ce genre de format, et son palmarès en course de montagne parle pour lui. Champion du monde, vainqueur sur des courses de référence, Bonnet connaît ces sentiers valaisans comme son jardin.

Courir sur son propre territoire avec une foule qui scande votre nom, ça n’est pas un détail psychologique anodin. Bonnet sait exactement où placer ses accélérations, où économiser ses forces, comment gérer les caprices de ce terrain qu’il a arpenté des dizaines de fois. Face à des coureurs kényans potentiellement moins à l’aise sur les portions techniques de descente alpine, cet avantage prend une dimension réelle.

Sa condition physique au moment de la course sera déterminante. S’il se présente au départ dans son meilleur état de forme, il sera incontestablement dans la lutte pour la première marche.

Elhousine Elazzaoui, le stratège marocain qui n’est plus un outsider

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Le statut d’Elhousine Elazzaoui a changé. Le Marocain a tellement progressé ces dernières saisons qu’il serait inexact de le présenter comme un simple trouble-fête. Champion du monde de course en montagne longue distance, performant sur les circuits internationaux les plus exigeants, il coche toutes les cases du coureur capable de remporter Sierre-Zinal.

Sa vraie force réside dans une intelligence de course rare. Il ne subit jamais, anticipe les accélérations adverses, et place ses efforts avec une précision chirurgicale. Sur 31 kilomètres où chaque gramme d’énergie compte, cette gestion mentale et tactique peut s’avérer aussi décisive que la puissance brute. Elazzaoui est capable de battre n’importe lequel de ses rivaux ce 8 août.

Les favoris de Sierre-Zinal 2026 : tableau comparatif

CoureurNationalitéAtout majeur sur ce tracéPoint de vigilanceNiveau de favori
Philemon KiriagoKenyaÉconomie de course, capacité aérobie altitudeDescente très technique en fin de course⭐⭐⭐⭐⭐
Rémi BonnetSuisseMaîtrise du terrain, expérience des conditions localesTenir le rythme des Kényans sur les portions roulantes⭐⭐⭐⭐⭐
Elhousine ElazzaouiMarocGestion tactique, régularité sur longue distanceExplosivité en montée courte face aux Kényans⭐⭐⭐⭐
Patrick KipngenoKenyaEndurance de fond, sections roulantes en altitudeExpérience limitée sur le circuit alpin européen⭐⭐⭐

Pronostic : une guerre tactique dans les premières pentes

Cette édition 2026 porte quelque chose d’inédit dans l’air. Sans Jornet pour imposer son métronome habituel dès le départ, la course va se construire différemment. Personne ne voudra prendre la tête trop tôt, tout le monde guettera la réaction des autres. Et c’est exactement ce type de course, haché, nerveux, incertain, qui produit les plus grands spectacles dans le Valais.

Kiriago et Bonnet semblent les mieux positionnés pour se retrouver dans les premiers à l’entrée des sections roulantes en altitude. Elazzaoui va les surveiller de près sans se découvrir, Kipngeno fera pareil. Tout peut basculer dans la descente finale si les écarts restent serrés jusqu’aux derniers kilomètres.

Ce qui est certain, c’est que Sierre-Zinal 2026 va couronner un nouveau champion sans la présence de son vainqueur le plus titré. Cette page qui se tourne est peut-être la meilleure chose qui pouvait arriver à cette course. Le 8 août, les cinq 4000 du Valais suisse vont écrire un nouveau chapitre. Et sincèrement, on a hâte d’y être.

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Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.

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