La réponse est simple : pour tenter de battre le record du GR20, François d’Haene a choisi la Salomon S/Lab Ultra, un modèle qu’il a lui-même contribué à concevoir depuis plus de dix ans. Comme à chaque grande échéance, le coureur a partagé sur ses réseaux sociaux la photo de son matériel avant le départ, et sans surprise, c’est cette paire qui accompagne ses pieds sur les 180 kilomètres du sentier corse.
Parti ce mercredi 8 juillet à 4h30 du matin depuis Calenzana, l’ultra traileur vise à effacer les 30h25 signées par Lambert Santelli en 2021, avec en ligne de mire un objectif encore plus fou : passer sous la barre symbolique des 30 heures. Un défi qui ne se joue pas uniquement dans les jambes, mais aussi dans le choix minutieux de chaque élément d’équipement, à commencer par la chaussure.
Voir le suivi de Francois d’Haene sur le GR20 ici !
Sommaire
Une collaboration unique entre un athlète et sa marque

Dans le monde du trail running, il existe de nombreux exemples d’athlètes associés à leur équipementier. Certains servent surtout de vitrine marketing, d’autres apportent une réelle expertise technique. François d’Haene appartient clairement à la seconde catégorie, et son cas reste assez rare dans le paysage du sport.
La collaboration entre le Beaufortain et Salomon remonte à 2012. La collaboration est née en 2012 et s’appuie tout particulièrement sur les avis de François d’Haene dans la conception de la S/Lab Ultra, sa résistance à l’usure ou encore son chaussant et son grip. Ce n’est donc pas un simple partenariat de façade, mais un véritable travail de fond mené sur plus d’une décennie.
Le Beaufortain a participé à tous les éléments de la conception et de ses mises à jour du modèle. Une implication qui change la donne pour les coureurs qui achètent ensuite cette chaussure, puisqu’ils bénéficient directement du retour d’expérience d’un athlète au palmarès exceptionnel.
D’autres exemples dans le milieu du trail
Ce type de synergie entre athlète et marque n’est pas totalement isolé dans l’univers du trail. Il y a aussi Mathieu Blanchard dont le passé d’ingénieur est clairement mis à profit par Decathlon, ou encore Jornet qui a fondé sa propre marque.
Mais dans le cas de François d’Haene, la nuance est importante. Il ne s’agit pas d’un produit conçu en interne sur lequel on aurait simplement apposé un nom connu pour doper les ventes. C’est davantage une signature d’artiste, comme un gage de qualité validé par l’expérience du terrain.
Pourquoi le choix de la chaussure compte autant sur le GR20
Un sentier parmi les plus techniques au monde
Le GR20 est considéré comme l’un des sentiers de randonnée les plus difficiles au monde et les amateurs qui le parcourent d’est en ouest découpent souvent leur parcours en une quinzaine d’étapes. Un chiffre qui donne immédiatement la mesure de l’exploit visé par François d’Haene, qui doit lui boucler ce même tracé en un peu moins de 30 heures.
Le terrain ne fait aucun cadeau. Il faut surtout pouvoir encaisser les descentes ultra casse-gueules et destructrices de jambes, les pierres aiguisées et instables, le dénivelé qui brûle les jambes et les racines présentes sur tout le parcours. Dans ces conditions, la chaussure devient un allié presque aussi important que la préparation physique elle-même.
La comparaison avec d’autres courses mythiques donne d’ailleurs une idée de la difficulté du GR20. Il y a des courses qui ont une réputation mondiale, des caractéristiques de longueur et de D+ proche du GR20, et qui sont pourtant bien plus accessibles que ne l’est ce GR20, d’ailleurs passer la barre des 30 heures se ferait pour la première fois tandis que la Diag’ se gagne en tout juste moins de 24 heures. Une différence énorme, entièrement liée à la nature du terrain traversé.
| Technologie | Utilité sur le GR20 |
|---|---|
| Plaque Profeel plate | Protection du pied contre les pierres et les sols agressifs |
| Mousse OptiFOAM double couche | Confort et relance préservés sur la durée de l’effort |
| Crampons de 4,5 mm | Adhérence renforcée sur terrain technique et instable |
Des technologies pensées pour l’ultra distance
Plusieurs éléments techniques expliquent pourquoi cette chaussure correspond si bien aux exigences du GR20. La plaque Profeel en fait partie. Intégrée dans la semelle intermédiaire, cette technologie apporte une protection du pied contre les aléas du sol, et permet d’éviter l’inconfort des terrains difficiles. Une protection loin d’être un détail sur un sentier aussi rocailleux.
La mousse utilisée joue également un rôle central dans la gestion de la fatigue sur la durée. Sur une chaussure classique, la force de l’impact du pied au sol finit par tasser la mousse sans lui laisser le temps de retrouver sa forme, résultat, courir même avec de très bonnes chaussures revient à courir en sandales. Sur un effort de plus de trente heures, ce genre de dégradation progressive peut littéralement plomber une tentative de record.
C’est justement là que la double couche d’OptiFOAM change la donne. La double couche d’OptiFoam vise à préserver le confort et la relance sur la durée, en limitant l’affaissement de la mousse au fil des heures. Un détail technique qui prend tout son sens quand chaque foulée compte encore après vingt-cinq heures de course.
Enfin, l’accroche au sol reste indispensable sur un tracé aussi accidenté. Les crampons de 4,5 mm apportent l’adhérence nécessaire à ce FKT. Une caractéristique qui rassure forcément quand il faut négocier des passages rocheux à toute heure du jour et de la nuit.
Une philosophie plus qu’un simple choix d’équipement
Au-delà des caractéristiques techniques, le choix de cette paire raconte quelque chose de plus large sur l’état d’esprit du coureur. Rien n’est laissé au hasard dans cette tentative, du plan d’allure jusqu’au moindre accessoire porté sur le sentier.
- Une équipe de pacers mobilisée tout au long du parcours pour accompagner l’effort.
- Un matériel personnalisé et testé sur de nombreuses années de collaboration.
- Une préparation minutieuse adaptée aux spécificités uniques du GR20.
Cette approche globale illustre bien la manière dont François d’Haene aborde ce genre de défi hors dossard. Il n’y a peut-être pas de dossard et de concurrent, mais il y a une équipe de pacers, et le matériel parfait, qu’il a lui-même contribué à concevoir.
Un détail qui peut faire toute la différence
Sur un effort aussi long et technique, difficile de dire à quel point le choix d’une chaussure influence directement le résultat final. Mais dans l’esprit d’un athlète aussi méticuleux, chaque élément compte, et la S/Lab Ultra représente sans doute l’un des maillons essentiels de cette tentative de record.
Reste désormais à voir comment cette paire se comportera au fil des heures, entre chaleur écrasante en journée et fraîcheur nocturne sur les crêtes corses. Les prochaines heures diront si ce choix d’équipement, mûri depuis plus de dix ans de collaboration, aura permis à François d’Haene de faire basculer l’histoire du GR20 de son côté.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


