La Hardrock 100 2026 s’apprête à vivre l’une de ses éditions les plus attendues. Côté hommes, Ludovic Pommeret arrive avec le statut de grand favori : double tenant du titre, recordman du parcours dans le sens horaire, et connaisseur intime des pièges du Colorado. Côté femmes, Courtney Dauwalter revient en terrain conquis, renforcée par l’absence de la recordwoman Katie Schide. Derrière ces deux noms qui dominent les pronostics, une poignée de coureurs ont les arguments pour bousculer l’ordre établi.
Sommaire
- 1 Un parcours qui ne pardonne pas l’improvisation
- 2 Pommeret, une domination qui défie le temps
- 3 Tom Evans, le rival le plus sérieux
- 4 Jimmy Elam, l’outsider qui mérite l’attention
- 5 Les autres hommes à surveiller
- 6 Dauwalter, reine incontestée chez les femmes
- 7 Le tableau des favoris de la Hardrock 100 2026
- 8 Ce que dit vraiment la Hardrock sur ses favoris
- 9 Les sujets tendances
Un parcours qui ne pardonne pas l’improvisation
La Hardrock 100 se tient à Silverton, dans le Colorado. Le chiffre qui frappe d’emblée, c’est l’altitude moyenne : 3 400 mètres tout au long des 164 kilomètres de course. L’UTMB, souvent cité comme la référence mondiale, dépasse à peine les 2 500 mètres sur ses sommets. Ici, ce n’est pas un passage en altitude, c’est la norme.
Les coureurs franchissent 13 cols au-dessus de 3 700 mètres, dont un sommet culminant à 4 280 mètres. Le dénivelé positif total dépasse les 10 000 mètres, et l’épreuve se déroule dans les deux sens en alternance d’une année sur l’autre. En 2026, la boucle se court dans le sens horaire, celui des longues montées soutenues et des descentes très techniques. Un détail qui compte beaucoup, car chaque configuration avantage un type de coureur différent.
Pommeret, une domination qui défie le temps

Ludovic Pommeret entre dans sa 51e année. Il court la Hardrock comme d’autres font leurs emplettes : avec méthode, sérénité et une efficacité qui force le respect. Vainqueur en 2024, vainqueur en 2025, il a déjà montré qu’il pouvait gagner dans les deux sens du parcours. En 2026, il retrouve le sens horaire avec une avance précieuse : c’est son sens, celui sur lequel il détient le record en 21 heures 33 minutes.
Son rapport au terrain fait toute la différence. Il ne découvre pas la Hardrock, il la comprend. Les descentes ultra-techniques du Colorado, là où d’autres perdent des minutes et de l’énergie, sont précisément les zones où le Français grignote du terrain sur ses adversaires. En 2026, il s’est préservé : sa seule grande course de l’année avant la Hardrock était le Marathon des Sables, où il a livré bataille contre les frères El Morabity sur plusieurs étapes.
Une préparation ciblée, un objectif unique
Pommeret ne court pas pour accumuler les kilomètres sur le calendrier. La Hardrock est son grand rendez-vous annuel depuis plusieurs années, et toute sa saison est construite autour d’elle. En 2025, il avait aussi terminé 4e de l’UTMB et 4e de la Diagonale des Fous la même année, ce qui dit beaucoup sur son niveau général. Mais c’est bien sur la Hardrock qu’il atteint son sommet.
Tom Evans, le rival le plus sérieux

Tom Evans arrive avec un CV qui impose le respect. Vainqueur de la Western States 2023, puis vainqueur de l’UTMB 2025, le Britannique fait partie des rares coureurs capables d’enchaîner les victoires sur les 100 miles les plus prestigieux du monde. Une victoire sur la Hardrock lui permettrait d’entrer dans un cercle très restreint.
Son principal point d’interrogation reste le même que pour tous les nouveaux venus sur cette course : l’altitude. Courir vite à 3 500 mètres de moyenne, gérer les montées répétées et maintenir une bonne absorption digestive dans ces conditions, ça ne s’improvise pas. Evans a annoncé une préparation très spécifique, notamment axée sur des sessions en altitude et une approche scientifique de l’effort. Mais aucun entraînement ne remplace le vécu d’une Hardrock.
Jimmy Elam, l’outsider qui mérite l’attention
Moins médiatique que les deux têtes d’affiche, Jimmy Elam représente sans doute le danger le plus sous-estimé du plateau masculin. Six victoires consécutives sur des ultras de montagne américains, une vraie culture de la haute altitude et une capacité à courir long sans se faire remarquer : le profil idéal pour surgir dans la deuxième moitié de course.
L’Américain ne subira pas la pression médiatique qui pèse sur Pommeret et Evans. Il pourra gérer son effort dans l’ombre, rester patient dans les premières heures et attaquer si une faillite se présente. Dans une course aussi longue et aussi dure, ce type de coureur peut transformer un podium surprise en victoire méritée.
Les autres hommes à surveiller
La start-list masculine de la Hardrock 2026 offre plusieurs profils intéressants derrière le trio de tête :
- David Ayala a terminé 4e lors de sa première Hardrock en 2025. Il connaît désormais le parcours, ses pièges et ses exigences. Un an de préparation supplémentaire ciblée sur ce type de course peut clairement le faire franchir un cap.
- Jason Schlarb est l’un des plus grands spécialistes du parcours. Co-vainqueur en 2016 avec Kilian Jornet, puis troisième en 2024, il garde une lecture du terrain que très peu de concurrents peuvent rivaliser avec.
- Ryan Smith a déjà fini sur le podium de la Hardrock. Ses récents résultats sont moins tranchants, mais son expérience de la haute montagne reste un atout réel sur 164 kilomètres.
- Dylan Bowman, Nick Coury, Arlen Glick et Jeff Rome complètent un plateau nord-américain capable de peser sur la course, surtout si les favoris traversent une mauvaise passe.
Dauwalter, reine incontestée chez les femmes
La compétition féminine s’articule autour d’une évidence : Courtney Dauwalter. Déjà lauréate à plusieurs reprises sur la Hardrock, l’Américaine évolue en terrain familier. Elle vit dans le Colorado, s’entraîne en altitude et connaît les exigences spécifiques de cette course mieux que quiconque dans le peloton féminin cette année.
L’absence de Katie Schide, détentrice du record féminin, blessée pour cette édition, libère le champ. Dauwalter revient avec une sérénité que peu de courses peuvent lui offrir. La seule interrogation porte sur un enchaînement chargé avec la Cocodona 250 en amont. Si les jambes répondent dès les premiers kilomètres, elle devrait dominer.
Arnold et Dower, deux profils différents pour un même objectif
Careth Arnold sort d’une victoire sur la TDS 2025 et vit elle aussi en altitude. C’est sa première Hardrock, mais elle coche quasiment toutes les cases pour réussir sur ce type d’épreuve : endurance, adaptation à l’altitude, solidité mentale et expérience des longues courses de montagne. Elle sera sans doute la concurrente la plus sérieuse de Dauwalter.
Tara Dower présente un profil plus imprévisible. Quatrième en 2024, elle arrive après la Western States, ce qui soulève des questions légitimes sur sa récupération. Si elle a bien absorbé cet enchaînement, son niveau peut la porter très haut. Dans le cas contraire, la Hardrock saura le lui rappeler brutalement.
Le tableau des favoris de la Hardrock 100 2026
| Coureur | Pays | Atout principal | Point à surveiller |
|---|---|---|---|
| Ludovic Pommeret | 🇫🇷 France | Double tenant, record horaire 21h33, maîtrise totale du terrain | 50 ans, face à une nouvelle génération affûtée |
| Tom Evans | 🇬🇧 Grande-Bretagne | Vainqueur Western States 2023 et UTMB 2025 | Première Hardrock, altitude inconnue en compétition |
| Jimmy Elam | 🇺🇸 États-Unis | 6 victoires consécutives sur ultras montagneux américains | Première confrontation face aux deux grands favoris |
| David Ayala | 🇺🇸 États-Unis | 4e en 2025 dès la première participation | Doit encore franchir un cap pour viser la victoire |
| Jason Schlarb | 🇺🇸 États-Unis | Co-vainqueur 2016, 3e en 2024, expert du parcours | Moins tranchant qu’à son meilleur niveau |
| Courtney Dauwalter | 🇺🇸 États-Unis | Triple lauréate, vit en altitude, référence mondiale du trail | Enchaînement avec la Cocodona 250 |
| Careth Arnold | 🇺🇸 États-Unis | Victorieuse TDS 2025, vit et s’entraîne en altitude | Première Hardrock |
| Tara Dower | 🇺🇸 États-Unis | 4e en 2024, moteur impressionnant, très solide sur les 100 miles | Récupération après la Western States à confirmer |
Ce que dit vraiment la Hardrock sur ses favoris
La Hardrock 100 n’est pas une course de vitesse pure. Elle se joue sur des facteurs qui dépassent les chronos et les palmarès : la gestion digestive à haute altitude, la lucidité après 20 heures d’effort, la capacité à lire un terrain changeant dans l’obscurité. C’est pour cela que l’expérience du parcours vaut plus ici qu’ailleurs.
Pommeret le sait mieux que quiconque. Il a construit ses deux victoires sur une forme de sagesse rare dans le trail : ne jamais forcer quand le terrain résiste, attendre le bon moment pour placer l’effort décisif. Sur les 20 derniers kilomètres, quand ses adversaires commencent à marcher, lui continue à courir. C’est peut-être là que se jouera cette troisième victoire potentielle.
Tom Evans aura à coeur de prouver que sa préparation scientifique peut répondre aux exigences d’une Hardrock. Jimmy Elam sera l’ombre silencieuse du peloton. Et chez les femmes, Careth Arnold pourrait bien créer la surprise si Dauwalter paye le prix de son enchaînement. Le Colorado a toujours su récompenser ceux qui respectent la montagne. Le reste est une question de jambes, de tête et de météo. Rendez-vous à Silverton pour savoir qui franchira la ligne en premier.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


