La Hoka Zinal 3 est là, et elle mérite qu’on s’y attarde sérieusement. Depuis son lancement en avril 2026 à 160 €, ce troisième opus du modèle phare de la gamme trail rapide HOKA suscite beaucoup d’attentes dans la communauté. J’ai passé plusieurs semaines à la malmener sur sentiers variés pour vous donner un avis honnête, sans langue de bois.
Sommaire
Pourquoi la Zinal reste à part chez HOKA

Dans la gamme trail de HOKA, chaque modèle a son rôle. La Speedgoat gère les ultras et les longues sorties avec son amorti généreux. La Mafate embarque tout ce qu’il faut pour les terrains hostiles de haute montagne. La Zinal, elle, joue sur un tout autre registre depuis 2021 : la vitesse, la précision, la relance. Trois versions plus tard, rien n’a changé dans cet ADN. Ce qui a évolué, c’est la qualité d’exécution, et c’est précisément là où la version 3 marque des points.
Là où beaucoup de marques élargissent leurs gammes à l’infini au risque de brouiller les profils, HOKA a maintenu une ligne claire sur la Zinal. C’est une chaussure orientée compétition courte et moyenne distance, pensée pour les traileurs qui attaquent les descentes, relancent fort et aiment sentir le terrain sous leurs pieds. Si vous venez chercher un coussin moelleux pour vos 60 km de sortie longue du week-end, passez votre chemin.
Les évolutions techniques de cette version 3

La mousse EVA supercritique, enfin sur la Zinal
La grande nouveauté de cette Zinal 3, c’est l’intégration de la mousse EVA supercritique (Supercritical Foam, ou SCF), technologie désormais incontournable sur les chaussures de performance. HOKA l’avait déjà déployée sur d’autres modèles, mais la Zinal attendait sa mise à niveau. Le résultat est immédiatement perceptible : le retour d’énergie est nettement supérieur à la version précédente, avec une sensation plus vive à la relance, notamment sur les portions roulantes. La transition talon-avant-pied est plus fluide, sans pour autant virer dans le mou ou le trop amorti.
Une tige retravaillée de fond en comble
L’empeigne a été entièrement redessinée. HOKA utilise désormais un tissage Leno — plus léger, mieux ventilé — complété par une empeigne extensible dynamique censée s’adapter aux mouvements du pied en terrain technique. Sur les longues journées de course ou en cas de chaleur marquée, c’est une vraie différence. Le pied ne compresse pas, ne surchauffe pas, et garde un maintien précis sans effet de serre.
Le léger embout pare-pierre à l’avant est discret mais bien présent. Sur les zones caillouteuses ou les portions de single-track technique, on apprécie de ne pas se cogner les orteils sur les rochers qui dépassent. Petit détail, grande utilité.
La semelle extérieure, le vrai saut en avant
C’est sans doute là que la Zinal 3 fait la plus grande différence avec ses aînées. HOKA a revu toute la géométrie de la semelle avec des crampons multidirectionnels de 5 mm repositionnés et réorientés par rapport à la version 2. Le caoutchouc utilisé est une formule exclusive HOKA, plus adhérente et plus résistante à l’usure selon la marque.
| Caractéristique | Hoka Zinal 2 | Hoka Zinal 3 |
|---|---|---|
| Mousse semelle | ProFly | EVA Supercritique (SCF) |
| Crampons | 4 mm | 5 mm multidirectionnels |
| Tige | Mesh standard | Tissage Leno + empeigne extensible |
| Poids homme (42) | ~242 g | 253 g |
| Drop | 5 mm | 5 mm |
| Hauteur talon | 22 mm | 22 mm |
| Prix | 150 € | 160 € |
Sur le terrain, ça donne quoi vraiment ?

Sur les portions roulantes et les descentes techniques
C’est sur ces terrains que la Zinal 3 s’exprime avec le plus de conviction. Le nouveau compound de la semelle accroche franchement sur le schiste sec et sur les rochers plats. La sensation est celle d’une chaussure qui colle au sol sans s’y enliser. En descente rapide sur sentier caillouteux, le pied est précis, les crampons repositionnés jouent pleinement leur rôle, et la mousse SCF amortit l’impact sans effacer le ressenti de la surface.
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⚡ Voir les nouveautés i-RunSur les terrains roulants — ces longues sections de single-track où les jambes tournent vite — la relance est franchement agréable. Le 5 mm de drop favorise un appui naturel sur l’avant-pied, et la transition entre la phase de contact et l’impulsion est l’une des plus dynamiques que j’ai testées sur un modèle HOKA. C’est fluide, vif, efficace.
Sur les terrains humides et boueux
Là, soyons honnêtes. Avec ses crampons de 5 mm, la Zinal 3 n’est pas la chaussure de l’automne pluvieux. Sur la boue collante ou les chemins détrempés, l’adhérence reste correcte mais limite comparé à des modèles spécifiquement conçus pour les conditions hivernales. Ce n’est pas une faiblesse du modèle, c’est simplement son positionnement : une chaussure d’été, de saison sèche, pensée pour les conditions estivales des sentiers alpins.
Le confort sur les sorties plus longues
La Zinal 3 est annoncée pour les formats courts à intermédiaires (10-50 km). Au-delà d’une vingtaine de kilomètres avec dénivelé significatif, on commence à sentir les limites de l’amorti, volontairement bas et ferme. Rien de rédhibitoire pour un semi de montagne ou un trail de 30 km, mais à 50 km le pied commence à ressentir la fatigue plus tôt que sur une Speedgoat ou une Mafate. C’est le jeu avec les chaussures nerveuses : on gagne en dynamisme, on paie en confort sur la durée.
Pour qui est vraiment faite la Zinal 3 ?
| Profil | La Zinal 3 est faite pour toi ? |
|---|---|
| Traileur rapide sur formats 10-50 km | ✅ Oui, c’est le terrain de jeu idéal |
| Coureur cherchant un modèle de compétition trail | ✅ Oui, sur terrains secs et techniques |
| Adepte de l’ultra-trail > 60 km | ⚠️ Limites en confort sur très longue durée |
| Coureur débutant ou pied fragile | ❌ Mieux vaut aller vers la Speedgoat |
| Conditions boueuses et hivernales | ❌ Crampons insuffisants pour la boue collante |
| Coureur léger, foulée avant-pied | ✅ Elle est conçue pour ça |
Ce qui m’a convaincu, ce qui m’a moins convaincu
Les points forts sont clairs. La mousse SCF change vraiment la donne par rapport à la version 2 : la relance est franchement plus efficace, on sent la différence dès les premières sorties. La semelle extérieure retravaillée offre une accroche sérieusement améliorée sur le sec. Et la tige Leno, aérée et extensible, apporte un confort de chaussage notable, surtout en été.
Ce qui m’a moins séduit : le poids monte à 253 g sur ma pointure, ce qui représente une légère régression par rapport à des Zinal 2 pesant 233-242 g selon les tailles. Sur une chaussure positionnée comme modèle de vitesse, ce n’est pas un détail anodin. Certains concurrents directs — la Salomon S/Lab Genesis, la Scarpa Spin Infinity Carbon ou encore l’Adidas Terrex Agravic Speed — restent plus légers sur ce même créneau. La Zinal 3 compense largement par sa polyvalence et son amorti revu, mais les puristes du poids minimal noteront le point.
Hoka Zinal 3 : On valide ?
La Hoka Zinal 3 est une vraie réussite dans l’ensemble. HOKA a su corriger les principales critiques adressées aux versions précédentes sans dénaturer l’identité du modèle. La mousse SCF et la semelle retravaillée en font une chaussure nettement plus compétitive sur son segment. À 160 €, elle reste dans la fourchette haute du marché des chaussures de trail rapide, mais la qualité des matériaux et la durabilité annoncée justifient l’investissement.
Pour les traileurs qui courent principalement entre 15 et 45 km sur sentiers techniques en saison sèche, cherchant une chaussure nerveuse et précise sans sacrifier tout le confort : la Zinal 3 mérite clairement d’être essayée. Elle porte bien le nom de la course la plus emblématique de la montagne suisse. Et ça, ce n’est pas anodin.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


