Le Marathon du Mont-Blanc 2026 s’annonce comme l’un des rendez-vous trail les plus chargés de toute la saison. Sur les trois formats principaux, 42 km, 90 km et 23 km, la densité des startlists donne déjà le vertige. Rémi Bonnet, Tove Alexandersson, Jonathan Albon, Louison Coiffet : les noms s’enchaînent et chacun vient avec une histoire, une revanche ou une domination à confirmer.
Sommaire
Un plateau 90 km taillé pour l’ultra de haut niveau

Jonathan Albon arrive à Chamonix avec un statut très lourd sur le 90 km. Champion du monde de trail en 2019, vainqueur de la Transgrancanaria 2026, le Britannique possède exactement le profil qu’exige cette épreuve : technique, solide, capable de durer longtemps sans jamais exploser. Sur un 90 km alpin avec un dénivelé qui use les cuisses et oblige à rester lucide pendant des heures, son expérience peut peser très lourd au moment où d’autres commencent à dérouiller.
Face à lui, Louison Coiffet représente sans doute la menace française la plus sérieuse. Deuxième du 90 km en 2023, médaillé d’argent ex æquo aux Mondiaux de trail long 2025, il revient aussi avec une frustration fraîche après son abandon à Zegama. Ce genre de motivation ne s’invente pas. Chez certains coureurs, une mauvaise course finit toujours par alimenter la suivante.
Ben Dhiman, Chassagne, Esmiol
Ben Dhiman, dauphin de l’UTMB 2025, n’a jamais couru ce 90 km mais son profil colle parfaitement à l’épreuve. Sa capacité à encaisser les longues heures et à rester dans la course même quand le corps commence à négocier en fait un adversaire difficile à gérer. Baptiste Chassagne, lui, parle souvent davantage avec ses jambes qu’avec les micros. Sa démonstration sur le Grand Raid Ventoux laissait entendre qu’il était capable de beaucoup. Et Vincent Esmiol, vainqueur du MIUT à Madère, arrive pour confirmer que cette victoire n’était pas un coup de chance isolé.
Xavier Thévenard, le retour qui émeut tout un sport
Il ne viendra pas avec l’étiquette de favori. Mais Xavier Thévenard revient sur le 90 km du Mont-Blanc après six ans d’absence, et ça, pour le trail français, c’est bien plus qu’un simple résultat à commenter. Après des années compliquées liées à la maladie de Lyme, le voir simplement sur la ligne de départ à Chamonix a déjà une valeur immense. Si en plus il finit, l’émotion risque d’être difficile à contenir.
Les femmes du 90 km : l’expérience comme premier outil
Ekaterina Mityaeva débarque avec le statut de tenante du titre 2024, ce qui n’est jamais anodin sur un parcours aussi spécifique. Connaître les montées, les descentes techniques et les changements de rythme propres au 90 km du Mont-Blanc représente un avantage réel. Katharina Hartmuth, récente vainqueure du MIUT, revient elle aussi avec la solidité des grandes courses dans les jambes. Ida Nilsson apporte quant à elle l’intelligence de course que donne une longue carrière : elle sait patienter, elle sait lire l’effort et elle sait ne jamais rater l’ouverture quand elle se présente.
| Athlète | Nationalité | Atout principal |
|---|---|---|
| Jonathan Albon | 🇬🇧 Britannique | Champion du monde trail, vainqueur Transgrancanaria 2026 |
| Louison Coiffet | 🇫🇷 Français | 2e en 2023, médaillé Mondiaux trail long 2025 |
| Ben Dhiman | 🇬🇧 Britannique | Dauphin UTMB 2025 |
| Baptiste Chassagne | 🇫🇷 Français | Grand Raid Ventoux, sélectif sur ses courses |
| Vincent Esmiol | 🇫🇷 Français | Vainqueur MIUT Madère 2026 |
| Ekaterina Mityaeva (F) | 🇷🇺 Russe | Tenante du titre 2024 |
| Ida Nilsson (F) | 🇸🇪 Suédoise | Expérience ultra, intelligence de course |
Le 42 km du Mont-Blanc : un plateau de folie
Difficile de ne pas commencer par Rémi Bonnet. Le Suisse possède l’un des meilleurs index mondiaux sur les formats courts et techniques, et ses qualités en montée sont connues de tous ceux qui suivent le trail de près. Déjà vainqueur à Chamonix, il revient avec la même capacité à réduire les cols en kilomètres engloutis à une vitesse indécente. La vraie question, comme souvent avec lui, sera de savoir si sa puissance brute suffit à régler des adversaires très complets sur l’ensemble du tracé.
Magnini, Tranchand, Delorenzi : l’armada de prétendants
Davide Magnini ne découvre pas le Marathon du Mont-Blanc : il l’a déjà gagné en 2019 et en 2025. Cette connaissance intime du parcours est une donnée précieuse sur une course où les transitions entre montée et descente peuvent vite faire la différence. Frédéric Tranchand, champion du monde 2025 et champion d’Europe à Kamnik, débarque avec un statut renforcé et une intelligence de course que beaucoup lui envient. Roberto Delorenzi, Manuel Merillas, Eli Hemming, Cesare Maestri et Kevin Kibet viennent compléter un casting qui n’a pas grand-chose à envier aux plus grandes courses du calendrier mondial.
Raoul Raus : l’outsider à ne pas ignorer
Sa deuxième place en 2025, obtenue malgré une chute en course, reste l’une des performances marquantes de l’édition précédente. Raoul Raus revient avec l’image d’un coureur capable de souffrir, de résister et de rester dans la bagarre même quand le sol se dérobe sous lui. Sur un 42 km chamoniard où la technique fait autant la différence que la puissance, ce genre de profil est difficile à neutraliser.
- Rémi Bonnet : le grimpeur hors norme, favori naturel
- Davide Magnini : double vainqueur, connaissance parfaite du tracé
- Frédéric Tranchand : champion du monde 2025, technique et intelligence
- Roberto Delorenzi : régulier, toujours menaçant
- Eli Hemming : puissance et endurance, profil polyvalent
- Raoul Raus : le combattant, revanche après 2025
- Cesare Maestri : expertise alpine, expérience internationale
- Manuel Merillas : ancien leader GTWS, toujours dans les meilleurs
Tove Alexandersson : une favorite qui change tout
Sur le 42 km féminin, le nom de Tove Alexandersson s’impose avec une force particulière. La Suédoise n’arrive pas seulement en favorite, elle arrive avec l’aura de quelqu’un capable de repousser les limites de ce que le trail féminin peut produire. Championne du monde de trail court 2025, recordwoman à Zegama dès sa première participation, son profil colle parfaitement au marathon chamoniard : lecture du terrain, vitesse en montagne, précision technique, résistance aux variations de rythme. Le forfait de Madalina Florea, qui aurait pu représenter une vraie opposition, renforce encore l’impression que la course féminine pourrait se jouer à une seule question : quel écart Tove peut-elle créer ? Naomi Lang et Fabiola Conti devront trouver des arguments très solides pour perturber cette dynamique.
Le 23 km
Moins médiatique que le 42 km, le 23 km offre souvent la course la plus brutale du week-end. Pas de temps pour s’installer, pas de patience possible, juste une intensité permanente du premier au dernier kilomètre. Sur ce format, un relâchement de quelques secondes dans un passage difficile peut coûter plusieurs places définitivement.
Les Italiens Vender et Elia, et les espoirs français
Alberto Vender et Andrea Elia arrivent avec une vraie légitimité sur un format court et explosif. Les deux Italiens possèdent des profils taillés pour ce type d’effort : rapides en montée, habiles dans le terrain, capables de maintenir une intensité élevée sans se désorganiser. Ïu Net, lui, représente un profil catalan difficile à ignorer. Et côté tricolore, Quentin Meyleu débarque avec une sélection récente en équipe de France de course en montagne à Kamnik, ce qui lui donne une vraie crédibilité face à ce type d’adversaires. Le forfait de Thibaut Baronian modifie l’équilibre sans enlever l’intérêt sportif.
Oria Liaci et un podium féminin très ouvert
Oria Liaci part avec la carte de favorite la plus marquée sur le 23 km féminin. La Suissesse dispose du profil qu’exige le format : vitesse, tonicité, capacité à monter fort sans perdre de temps dans les transitions. Mais Vivien Bonzi et Cécile Jarousseau peuvent bousculer les certitudes. Contrairement au 42 km féminin, où une athlète concentre presque tout le regard, le 23 km laisse une véritable ouverture pour les surprises. Le forfait d’Elise Poncet modifie les données, mais pas l’incertitude générale qui rend cette course passionnante à anticiper.
| Format | Favoris hommes | Favorites femmes |
|---|---|---|
| 90 km | Albon, Coiffet, Dhiman, Chassagne, Esmiol | Mityaeva, Nilsson, Hartmuth |
| 42 km | Bonnet, Magnini, Tranchand, Delorenzi, Raus | Alexandersson, Lang, Conti |
| 23 km | Vender, Elia, Net, Meyleu | Liaci, Bonzi, Jarousseau |
Pourquoi cette édition 2026 est unique
Ce qui distingue vraiment ce Marathon du Mont-Blanc 2026 des éditions précédentes, c’est la densité simultanée sur plusieurs formats. Ce n’est pas seulement le 42 km qui est relevé, ni seulement le 90 km. Les trois courses principales concentrent du haut niveau en même temps, avec des athlètes qui viennent pour gagner, pour tester leur forme avant l’UTMB ou pour écrire un chapitre fort d’une saison déjà chargée. Rarement un seul week-end de trail n’aura proposé autant d’histoires à suivre en parallèle.
À quelques jours du départ, Chamonix redevient le centre du monde trail. Les sentiers vont parler, les chronomètres vont trancher, et certaines performances risquent de marquer durablement la saison 2026. Rendez-vous le 28 juin.
Et pour voir le dernier record femme sur l’ascension du mont-blanc, c’est ici !
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.



