Kilian Jornet et Rémi Bonnet déclarent forfait pour Sierre-Zinal 2026 pour deux raisons médicales distinctes : une blessure complexe au genou gauche pour le Catalan (ménisque, cartilage, œdème osseux) et une déchirure musculaire au mollet pour le Suisse. Ces deux forfaits privent la course de ses plus grands favoris à moins d’un mois du départ, chacun ayant préféré préserver sa santé plutôt que de risquer une aggravation.
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Kilian Jornet : un genou en alerte rouge

Le Catalan a officialisé son forfait le 16 juillet 2026 via une story Instagram, expliquant qu’il préférait « se donner du temps plutôt que revenir trop vite ». Cette décision intervient après un abandon à la Western States 100 au 61e kilomètre, où ses douleurs au genou gauche l’ont contraint à stopper net. Sierre-Zinal, course qu’il a remportée à dix reprises avec un record en 2 h 25 min 34 s, devait constituer sa dernière préparation avant l’UTMB.
Mais le diagnostic médical établi après Zegama 2026 a rapidement changé la donne. Une IRM a révélé une rupture du ménisque latéral gauche, une atteinte cartilagineuse rotulienne et un œdème osseux adjacent. Un cocktail que n’importe quel médecin du sport qualifierait de feu rouge. Kilian Jornet a malgré tout tenté de prendre le départ de la Western States, espérant que son corps tiendrait le choc. L’abandon a confirmé que non.
Des douleurs qui augmentent avec la vitesse
Le problème spécifique de Kilian Jornet ne réside pas dans la capacité à grimper longtemps, mais dans les contraintes imposées par une course rapide et exigeante. Sierre-Zinal n’est pas seulement une épreuve de 31 kilomètres et 2 200 mètres de dénivelé positif. C’est une course disputée à très haute intensité, avec des portions rapides où il faut allonger la foulée, relancer et supporter des impacts importants.
Or ce sont précisément ces contraintes qui deviennent problématiques lorsqu’un genou est fragilisé. Kilian Jornet a expliqué que ses douleurs augmentaient lorsque la foulée devenait plus rapide et plus plate, avec plus d’impact et plus d’amplitude. Une sortie personnelle en terrain très montagneux lui permet au contraire d’adapter son allure, de marcher dans les pentes les plus raides et de garder le contrôle sur son effort.
Une séance norvégienne qui rassure
À moins d’un mois de l’UTMB, Kilian Jornet vient d’enchaîner une sortie qui ressemble davantage à une journée d’ultra qu’à une séance de reprise : 38 kilomètres et 5 000 mètres de dénivelé positif dans les montagnes norvégiennes. Pour la plupart des traileurs, une telle journée constituerait un objectif à part entière. Pour le Catalan, elle s’intègre dans une préparation menée à moins de quatre semaines de l’un des ultras les plus exigeants au monde.
Cette sortie montre que le moteur fonctionne toujours. Un athlète incapable de s’appuyer sur sa jambe ou de tolérer plusieurs heures en montagne ne pourrait pas réaliser une telle performance. Elle montre néanmoins que Kilian Jornet est déjà capable d’absorber un volume vertical considérable malgré les problèmes physiques qui ont perturbé sa saison. La comparaison avec l’UTMB doit être maniée avec prudence : cette sortie ne représente ni la distance, ni la durée, ni l’enchaînement des montées et des descentes d’un tour complet du Mont-Blanc.
Le vrai défi reste à venir
Le véritable enjeu pour Kilian Jornet consiste désormais à déterminer combien de fois il peut encore imposer ce niveau de contrainte à un genou déjà abîmé sans provoquer une nouvelle dégradation. À 38 ans, son corps porte les traces de près de vingt années passées au plus haut niveau, entre trail, ski-alpinisme, ultra-endurance et projets engagés en altitude. Son renoncement à Sierre-Zinal s’inscrit donc dans une saison déjà largement perturbée.
Voir Kilian Jornet avaler 5 000 mètres de dénivelé positif constitue forcément un signal encourageant. Mais il serait prématuré d’en déduire qu’il est totalement rétabli. Depuis le début de la saison, son problème n’est pas seulement de réussir une séance spectaculaire. Il doit parvenir à répéter les efforts, à absorber les descentes et surtout à empêcher son genou de se bloquer lorsque la durée et l’intensité augmentent. Cette séance apporte une réponse sur sa capacité à grimper longtemps. Elle ne répond pas encore à la question de sa résistance après dix, quinze ou vingt heures d’effort.
Rémi Bonnet : un mollet qui ne suit pas

Rémi Bonnet a annoncé son forfait le 31 juillet 2026, soit une semaine avant le départ de Sierre-Zinal. Le favori suisse, attendu comme l’un des grands prétendants à la victoire sur le mythique tracé de 31 kilomètres reliant Sierre à Zinal, a déclaré forfait après plusieurs examens médicaux ayant confirmé une petite déchirure musculaire au mollet. L’un des hommes les plus attendus de cette édition préfère renoncer plutôt que de risquer une aggravation de sa blessure.
Plusieurs examens médicaux ont été nécessaires pour confirmer le diagnostic. Une déchirure musculaire au mollet, pas suffisamment grave pour justifier un arrêt prolongé, mais trop importante pour permettre à Rémi Bonnet de disputer Sierre-Zinal dans des conditions optimales. Après avoir échangé avec son médecin, son kinésithérapeute, son entraîneur et le reste de son équipe, le Suisse a pris la décision de ne pas participer à la course valaisanne.
Un rêve reporté mais pas annulé
Si Rémi Bonnet déclare forfait pour la Sierre-Zinal, son absence ne devrait pas être définitive. Le coureur suisse a déjà évoqué un retour à la compétition dans les semaines suivant la course. La blessure reporte la réalisation de son rêve, mais ne l’annule pas. Sierre-Zinal occupe une place particulière dans le cœur du Gruérien, qui avait déjà dû déclarer forfait l’année précédente en raison d’une fracture de fatigue au tibia.
La 52e édition de Sierre-Zinal se déroulera donc sans Rémi Bonnet, laissant orphelin le célèbre virage gruérien qui prend forme chaque année dans la montée vers l’Hôtel Weisshorn. Le public suisse perd son chouchou local, mais la course conserve un plateau mondial avec d’autres prétendants de premier plan. Kiriago, Kipngeno et Elazzaoui figurent parmi les hommes à suivre sur cette édition 2026 privée de ses deux plus grandes vedettes.
| Coureur | Date du forfait | Blessure | Conséquence | Objectif suivant |
|---|---|---|---|---|
| Kilian Jornet | 16 juillet 2026 | Ménisque latéral gauche, atteinte cartilagineuse, œdème osseux | Préparation perturbée, dernière course de préparation annulée | UTMB (fin août 2026) |
| Rémi Bonnet | 31 juillet 2026 | Petite déchirure musculaire au mollet | Forfait pour Sierre-Zinal, retour prévu dans les semaines suivantes | Compétitions automne 2026 |
Deux stratégies différentes face à la blessure
Kilian Jornet et Rémi Bonnet ont adopté des approches distinctes face à leurs blessures respectives. Le Catalan a tenté de prendre le départ de la Western States malgré un diagnostic médical défavorable, avant d’abandonner au 61e kilomètre lorsque son genou s’est progressivement raidi et que son énergie a chuté. Cette expérience lui a permis de comprendre les limites de son corps et de prendre la décision de renoncer à Sierre-Zinal pour préserver ses chances sur l’UTMB.
Rémi Bonnet a au contraire choisi la prudence dès la confirmation du diagnostic. Après plusieurs examens médicaux et des échanges avec son équipe médicale, il a décidé de ne pas prendre le départ. Cette approche plus conservatrice lui permet d’éviter une aggravation de la blessure et de planifier un retour progressif dans les semaines suivant la course. Les deux athlètes partagent néanmoins une même philosophie : ne pas multiplier les risques inutilement.
Un impact sur le plateau de Sierre-Zinal
Privée de Kilian Jornet et Rémi Bonnet, Sierre-Zinal 2026 conserve un plateau mondial, mais perd deux figures majeures de son récit sportif. Le Catalan a remporté la course à dix reprises et y détient le record. Le Suisse portait les espoirs du public local et figurait parmi les principaux prétendants au podium. Leur absence ouvre la porte à de nouveaux candidats, mais elle laisse un vide dans l’histoire de l’épreuve.
La course valaisanne reste néanmoins l’une des plus prestigieuses du calendrier international, avec 31 kilomètres et 2 200 mètres de dénelé positif sur un tracé mythique. Les 6 100 coureurs attendus au départ s’élanceront dans une édition qui battra au rythme des populaires, même sans ses deux vedettes. La diffusion dans plus de 100 pays garantit une audience mondiale, et le plateau reste relevé avec des noms comme Kiriago, Kipngeno et Elazzaoui.
- Kilian Jornet : forfait annoncé le 16 juillet 2026 pour une blessure complexe au genou gauche (ménisque, cartilage, œdème osseux)
- Rémi Bonnet : forfait annoncé le 31 juillet 2026 pour une petite déchirure musculaire au mollet
- Stratégie Jornet : tentative de course à la Western States, abandon, puis préservation pour l’UTMB
- Stratégie Bonnet : prudence immédiate, pas de prise de risque, retour prévu dans les semaines suivantes
- Impact sur Sierre-Zinal : perte des deux plus grands favoris, mais plateau mondial maintenu
- Prochain objectif Jornet : UTMB fin août 2026, avec une préparation perturbée mais une séance norvégienne rassurante (38 km, 5 000 m D+)
L’UTMB en point de mire pour Kilian Jornet

En supprimant Sierre-Zinal de son calendrier, Kilian Jornet s’épargne une compétition courte mais extrêmement intense, disputée seulement trois semaines avant Chamonix. Dans le même temps, il poursuit en Norvège un travail très spécifique fondé sur l’endurance, le dénivelé et les longues heures passées en montagne. Cette stratégie peut lui permettre d’arriver plus frais sur la ligne de départ de l’UTMB.
Elle comporte néanmoins une part d’incertitude, car l’UTMB ne pardonne aucune fragilité. Le parcours impose près de 10 000 mètres de dénivelé positif, de longues descentes et une accumulation d’impacts qu’aucune sortie isolée ne peut totalement reproduire. Kilian Jornet ne se prépare plus pour enchaîner plusieurs courses durant l’été. Il concentre ses efforts sur l’UTMB, avec l’espoir que son genou tiendra jusqu’à Chamonix, puis pendant toute une nuit autour du Mont-Blanc.
Le message envoyé par cette sortie norvégienne est désormais assez clair. Kilian Jornet ne cherche plus à multiplier les courses, mais à optimiser sa préparation pour un seul objectif majeur. Renoncer à Sierre-Zinal, course qu’il a remportée dix fois, n’est pas anodin. Cela montre que le Catalan a intégré la nécessité de choisir ses risques à 38 ans, et de préserver son corps pour les enjeux qui comptent vraiment.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


