Le trail et le skyrunning mondial ont perdu l’une de leurs plus grandes figures. Megan Kimmel, native de Denver (Colorado) et championne des Skyrunner World Series 2016, est décédée le 15 juin 2026 à Silverton, Colorado, à l’âge de 45 ans. La nouvelle, annoncée officiellement par la Fédération Internationale de Skyrunning (ISF), a provoqué une onde de choc dans toute la communauté de la course en montagne.
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Une annonce qui a sidéré toute une communauté

C’est via les réseaux sociaux que la nouvelle a éclaté, froide et brutale. L’ISF a publié un communiqué sobre mais chargé d’émotion : « Nous avons reçu la triste nouvelle du décès de la remarquable coureuse de montagne Megan Kimmel. Une athlète extraordinaire et une véritable skyrunner dont l’héritage perdurera. » En quelques heures, les tributes ont afflué du monde entier, des Dolomites au Colorado, de Zegama à Transvulcania. Les causes du décès n’ont pas été officiellement confirmées par la famille, qui a demandé que sa vie privée soit respectée.
Dans la communauté trail, peu de disparitions ont autant secoué les coureurs. Megan n’était pas qu’une palmarès. Elle incarnait quelque chose de rare : une façon d’aborder la montagne avec puissance, grâce et une authenticité totale. Sa mort soudaine à 45 ans laisse un vide immense, aussi bien chez les pros que chez les passionnés du dimanche.
Un palmarès taillé dans le granit
Remonter la carrière de Megan Kimmel, c’est parcourir une décennie de domination sur les plus beaux terrains du monde. Née en 1980, elle explose sur la scène internationale en 2014 avec une médaille d’argent aux Championnats du Monde de Skyrunning à Chamonix. Ce n’est que le début d’une série de performances qui allaient redéfinir le niveau du skyrunning féminin.
Les victoires qui ont forgé sa légende
| Année | Épreuve | Résultat |
|---|---|---|
| 2014 | Championnats du Monde Skyrunning – Chamonix | Médaille d’argent |
| 2015 | Dolomites SkyRace | 1re + record du parcours |
| 2016 | Skyrunner World Series – général | Championne mondiale |
| 2018 | Pikes Peak Marathon | Record du parcours (37 ans battu) |
| 2019 | Transvulcania Ultra | Podium |
Une Américaine qui a conquis l’Europe
Ce qui rendait Megan Kimmel particulièrement fascinante, c’est qu’elle avait réussi quelque chose d’assez rare pour une Américaine : s’imposer sur les courses européennes, là où les trails sont peut-être les plus exigeants du monde. Des podiums à Zegama, l’une des épreuves les plus respectées du circuit, ou à Sierre-Zinal, en disent long. Elle n’était pas juste rapide sur piste plate. Elle grimpait, dévalait les pentes caillouteuses et lisait le terrain avec une intelligence rare.
Son titre de championne des Skyrunner World Series 2016, le calendrier le plus technique et le plus alpin qui soit, reste la preuve ultime de son niveau. Ce circuit, dominé historiquement par les coureurs européens, s’est incliné devant cette femme venue du Colorado avec ses Rocheuses dans les jambes et une puissance de travail hors norme.
Bien plus qu’une athlète d’élite
Ce qui ressort des nombreux hommages postés depuis le 15 juin, c’est l’image d’une femme profondément humaine. En 2018, après avoir écrasé le record du Pikes Peak Marathon, elle avait confié : « J’ai toujours veillé à garder la course comme une pratique thérapeutique, jamais comme une pression. Si je n’avais pas envie de courir, cela se transformait souvent en une belle journée quand même. » Une philosophie qui tranche avec l’image du champion obsessionnel, et qui lui a sans doute permis de durer au plus haut niveau aussi longtemps.
Son influence sur le développement du skyrunning féminin est indéniable. Elle a montré à une génération entière de coureuses qu’il était possible de s’imposer au niveau mondial, dans un sport encore très masculin à ses débuts, avec du talent, de la rigueur et un vrai amour de la montagne.
Le trail en deuil, le souvenir intact
Depuis l’annonce, les messages de condoléances se multiplient sur les réseaux de toute la planète trail. Ses anciens rivaux, les organisateurs de courses qu’elle a marquées de son empreinte, les coureurs amateurs qui n’ont fait que la croiser sur un départ : tous s’accordent à dire que le skyrunning perd l’une de ses figures fondatrices. Megan Kimmel avait 45 ans. Un âge auquel on devrait encore avoir mille sommets devant soi.
Son nom restera gravé dans l’histoire de ce sport comme celui d’une pionnière, d’une battante et d’une ambassadrice de ce que la montagne peut avoir de plus beau et de plus exigeant. Courir sous les étoiles, au-dessus des nuages, là où peu osent aller. C’était son terrain. C’était elle.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.



