En ce mois de mai 2026, le Mont Everest a été le théâtre de deux événements humains d’une force rare. D’un côté, le Tenzing-Hillary Everest Marathon réunissait ses participants au camp de base à plus de 5 300 mètres d’altitude pour l’édition annuelle du marathon le plus haut du monde. De l’autre, la Dre Shaunna Burke, médecin québécoise de 50 ans atteinte d’un cancer du sein de stade 4, atteignait le sommet de l’Everest le 23 mai, se revendiquant comme la première femme au monde à gravir l’Everest avec un cancer de stade 4.
Sommaire
Le marathon le plus haut du monde
Chaque 29 mai, depuis 2003, le Tenzing-Hillary Everest Marathon (THEM) tire son coup de départ depuis le camp de base de l’Everest, à 5 365 mètres d’altitude. La date n’est pas choisie au hasard : elle commémore l’ascension historique réussie le 29 mai 1953 par Tenzing Norgay Sherpa et Sir Edmund Hillary, les premiers hommes à fouler le toit du monde. Depuis, la course est devenue un rendez-vous international incontournable pour les coureurs en quête d’extrême.
Trois formats sont proposés : un ultra de 60 km, un marathon de 42,195 km et un semi-marathon de 21 km. Tous partent du camp de base, traversent les hauts sentiers sherpas de la vallée du Khumbu et rejoignent l’arrivée à Namche Bazar, la capitale sherpa, à 3 440 mètres d’altitude. Un profil globalement descendant qui ne trompe pas : l’altitude, les conditions et le terrain accidenté en font malgré tout l’une des courses les plus éprouvantes de la planète.
| Format | Distance | Départ | Arrivée |
|---|---|---|---|
| Extreme Ultra | 60 km | Camp de base (5 365 m) | Namche Bazar (3 440 m) |
| Marathon | 42,195 km | Camp de base (5 365 m) | Namche Bazar (3 440 m) |
| Semi-marathon | 21 km | Dingboche | Namche Bazar (3 440 m) |
| Participants max | 250 coureurs (accès limité pour préserver le site) | ||
| Date | 29 mai (chaque année depuis 2003) | ||
Une course taillée pour l’extrême

Courir un marathon à plus de 5 000 mètres d’altitude, c’est affronter un air raréfié qui réduit les capacités physiques à des niveaux que même les meilleurs athlètes de plaine ont du mal à anticiper. Le record du parcours a été établi en 2006 par Deepak Rai en 3h28, un temps qui donne une idée de ce que représente chaque kilomètre à cette altitude. La grande majorité des participants mettent bien plus de six heures pour terminer. Certains conçoivent l’expérience comme une course, d’autres comme une traversée. Les deux approches sont légitimes sur un terrain pareil.
Le nombre de participants est volontairement limité à 250. L’Everest souffre depuis des années d’une surfréquentation croissante. Maintenir un événement sportif dans cet environnement implique une responsabilité particulière vis-à-vis des écosystèmes himalayens et des communautés sherpas qui vivent sur ces sentiers toute l’année.
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⚡ Voir les nouveautés i-RunShaunna Burke : le sommet comme réponse au cancer
À quelques jours du marathon, une autre histoire a retenu l’attention bien au-delà du monde de la montagne. La Dre Shaunna Burke, médecin québécoise de 50 ans installée en Angleterre, a atteint le sommet de l’Everest le 23 mai 2026. Elle avait reçu un diagnostic de cancer du sein de stade 4 en 2024, suivi d’une double mastectomie et d’une opération du foie. Elle se revendique comme la première femme à atteindre le sommet de l’Everest avec un cancer de stade 4.
Ce n’était pas sa première expédition himalayenne. Elle avait déjà gravi l’une des plus hautes montagnes du monde en 2005. Mais ce retour, après le diagnostic et les traitements, portait une autre charge. Le 26 mai, elle publiait une vidéo sur Instagram depuis le sommet, avec ces mots simples : inspirer les gens à ne pas baisser les bras. Le message a touché bien au-delà de la communauté alpinisme.
Deux histoires, une même montagne
Le Népal de mai 2026 aura donc conjugué en quelques jours ces deux récits : celui d’un marathon collectif qui célèbre l’effort humain dans ce qu’il a de plus extrême, et celui d’une femme seule face à une montagne et à une maladie, qui choisit d’avancer. Il n’y a aucun lien institutionnel entre les deux événements. Mais ils partagent quelque chose d’essentiel : la conviction que fixer un objectif en altitude, c’est parfois la façon la plus directe de se réconcilier avec ses propres limites, ou de les repousser.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.



