Nouchka Simic a bouclé sa deuxième étape sur le GR5 entre Samoëns et Beaufort, portant son total à 165 kilomètres et plus de 10 000 mètres de dénivelé positif en deux jours seulement. La traileuse reste fidèle à son plan de course initial et garde toutes ses chances de s’approcher du record féminin de la Grande Traversée des Alpes, fixé à 7 jours et 20 heures.
Une deuxième journée nettement plus costaude sur le terrain
Après une entame de course maîtrisée le premier jour, cette étape numéro deux a mis les organismes à rude épreuve. Le tracé reliant Samoëns à Beaufort n’a rien laissé au hasard : passage par les Houches, ascension du col de Voza puis franchissement du redouté Cormet de Roselend. Un menu copieux qui annonçait clairement la couleur dès le matin.
Des chiffres qui parlent pour elle
Sur ce tronçon, Nouchka a parcouru 77 kilomètres pour 5 152 mètres de dénivelé positif, en un peu plus de 18 heures et demie d’effort continu. Par rapport à la journée précédente, la distance a légèrement reculé tandis que le dénivelé, à l’inverse, s’est envolé de 257 mètres supplémentaires, avec près d’une heure et demie de course additionnelle. Un constat limpide : moins de bornes mais nettement plus de verticalité, preuve que la montagne ne ménage jamais ses efforts.
Malgré ce profil corsé, l’athlète a conservé sa bonne humeur, particulièrement devant le spectacle grandiose offert par le massif du Mont-Blanc. Elle a même lâché une note humoristique sur les réseaux sociaux en soulignant qu’il lui restait officiellement moins de 500 kilomètres avant d’atteindre Nice. De quoi galvaniser celles et ceux qui suivent son périple au fil des jours.
Le bilan chiffré après deux journées de course
Pour visualiser clairement l’évolution de son effort, voici un petit tableau récapitulatif des deux premières étapes de la Grande Traversée des Alpes :
| étape | distance | dénivelé positif | temps d’effort |
|---|---|---|---|
| jour 1 | 89 km environ | 4 895 m environ | 17 h 07 environ |
| jour 2 | 77 km | 5 152 m | 18 h 39 |
| total cumulé | 165 km | 10 047 m | 1 j 20 h |
Nouchka simic reste-t-elle vraiment dans les clous du record ?

La réponse est affirmative. Son programme initial tablait sur des étapes oscillant entre 80 et 90 kilomètres, accompagnées d’environ 5 000 mètres de dénivelé positif quotidien. Au bilan, ce cap est globalement tenu, ce qui constitue une indication plutôt encourageante pour la poursuite de l’aventure.
Il convient toutefois de rester prudent. Les premières journées d’un tel projet servent généralement à trouver son rythme et à évaluer ses sensations. C’est habituellement à partir du troisième ou quatrième jour que la lassitude s’installe, que le manque de sommeil pèse et que les courbatures se font sentir plus intensément. La suite du tracé sera donc bien plus révélatrice de son aptitude à tenir la cadence jusqu’à l’arrivée.
Les coulisses d’une traversée en mode fkt assisté
Petit détail qui mérite d’être précisé pour bien comprendre la nature de ce défi : Nouchka évolue accompagnée d’une équipe de soutien bien organisée. Cette dernière gère la logistique, les ravitaillements, le suivi vidéo et l’accompagne même sur certaines sections du tracé. Elle ne porte donc pas l’intégralité de son équipement sur le dos, contrairement à une aventure menée en totale autonomie.
Ce n’est absolument pas une critique, simplement une précision technique importante. On parle ici d’un FKT dit assisté, une catégorie qui diffère nettement d’une tentative en autosuffisance complète. Pour comparer, certains ultra traileurs comme Aurélien Sanchez sur le Pacific Crest Trail portent, eux, une bonne partie de leur matériel entre chaque point de ravitaillement.
Voici les principaux éléments qui distinguent ce type de format :
- logistique assurée par une équipe dédiée tout au long du parcours
- ravitaillements préparés et organisés en amont, comme ce repas de sushis pris en pleine étape
- accompagnement ponctuel sur certaines portions techniques ou symboliques
- allègement du sac par rapport à une traversée en totale autonomie
- tournage vidéo pour documenter chaque étape de l’aventure
Cap sur bessans pour la troisième étape
Le programme conduit désormais Nouchka vers Bessans, avec une nouvelle journée qui promet, elle aussi, son lot de dénivelé. Après deux étapes convaincantes et un mental visiblement solide, l’élan reste résolument positif. Mais dans un défi qui franchit les 600 kilomètres, rien n’est jamais garanti.
Ce sera surtout la qualité de son sommeil, nuit après nuit, qui déterminera sa capacité à maintenir ce rythme jusqu’à Nice. Le corps humain connaît ses limites, même chez les sportifs les plus aguerris, et c’est fréquemment dans ces heures de repos volées que se décide l’issue d’un tel projet.
Pourquoi cette aventure de Nouchka est magique ?
Difficile de rester indifférent devant un tel investissement physique. Enchaîner plusieurs journées avoisinant les 80 kilomètres en milieu montagneux exige une préparation exceptionnelle et une force mentale peu ordinaire. Au-delà du temps affiché, c’est également le parcours personnel de Nouchka qui donne tout son sens à cette traversée, celui d’une renaissance après une jeunesse traversée par de lourdes épreuves.
Ce type de défi illustre parfaitement ce qui rend le trail si envoûtant : un savant mélange de performance brute, de gestion de l’effort et d’une belle part d’humanité. La suite promet d’être exigeante, mais pour l’heure, la tendance lui est clairement favorable.
source : utrail sur place
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


