Après trois jours de course sur le GR5, la diététicienne du sport et traileuse Nouchka Simic reste sur le rythme du record féminin de la Grande Traversée des Alpes, malgré une troisième étape beaucoup plus dure que prévu, bouclée en plus de 20 heures d’effort. Elle a déjà avalé 250 kilomètres sur les 614 annoncés, soit environ 37 % du temps disponible pour 41 % de la distance parcourue.
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Le défi fou de Nouchka Simic sur le GR5
Le pari est colossal sur le papier. Nouchka Simic s’est lancée depuis Thonon-les-Bains avec un seul but en tête : rallier Nice en enchaînant les sentiers du mythique GR5, soit près de 630 kilomètres et environ 35 000 mètres de dénivelé positif à travers les Alpes françaises. Un parcours qui ferait déjà transpirer n’importe quel traileur aguerri sur plusieurs semaines, et qu’elle tente de boucler en une seule traite.
Derrière la performance sportive pure se cache surtout une histoire personnelle forte. Traileuse d’ultra-endurance et professionnelle de la diététique sportive, elle profite de cette traversée pour raconter son chemin de reconstruction et montrer à quel point la course en montagne l’a aidée à digérer les galères de sa jeunesse. Une équipe complète l’accompagne au fil des étapes, entre logistique, ravitaillements et tournage d’un documentaire consacré à l’aventure.
Un chrono à ne surtout pas perdre de vue
Pour espérer entrer dans l’histoire de la Grande Traversée des Alpes, il lui faut s’approcher du record féminin, fixé à 7 jours et 20 heures, soit 188 heures au compteur. Concrètement, cela l’oblige à tenir une cadence proche de 90 kilomètres et 5 000 mètres de dénivelé positif chaque jour. Un rythme qui ne laisse quasiment aucune place à l’improvisation ni à la fatigue accumulée.
Troisième étape : une nuit qui n’en finissait plus
C’est justement sur cette troisième journée que le scénario idéal a pris du plomb dans l’aile. L’étape reliait le refuge du Plan de la Lai à Bessans, et rien ne s’est passé comme prévu. Le profil semblait pourtant moins costaud en dénivelé que la veille, mais la réalité du terrain et la fatigue accumulée en ont décidé autrement.
Le bilan chiffré de cette journée compliquée
Les chiffres parlent d’eux-mêmes et donnent le vertige quand on les compare à la journée précédente.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Distance parcourue | 84 km |
| Dénivelé positif | 4 560 m |
| Temps d’effort | 20 h 14 |
| Écart avec l’étape 2 | +7 km, -592 m D+, +1h35 de course |
Ce tableau résume tout à lui seul : malgré un dénivelé théoriquement plus clément, la traileuse a mis presque une heure et demie de plus qu’à l’étape précédente pour boucler sa journée. La nuit est finalement tombée avant l’arrivée, forçant l’équipe à terminer les derniers kilomètres à la lampe frontale, et l’étape n’a été validée que peu après 3h30 du matin.
Son équipe d’assistance a résumé la situation avec beaucoup de justesse en évoquant une étape nettement plus dure que ce qui était attendu au départ.
Après trois jours, où en est vraiment le chrono du record ?
Voici ce qui compte vraiment pour juger de l’avancée de Nouchka Simic sur ce défi hors norme.
- 250 kilomètres parcourus depuis le départ
- 14 607 mètres de dénivelé positif cumulés
- 2 jours, 21 heures et 23 minutes de temps de course cumulé
- Environ 37 % du capital temps disponible utilisé
- Déjà 41 % de la distance totale bouclée
Un écart favorable qui commence tout de même à s’effriter
Sur le papier, la marge reste positive puisque le pourcentage de distance avalée dépasse encore celui du temps consommé. Mais les vingt heures nécessaires pour venir à bout de cette troisième étape racontent une autre histoire : celle d’un corps qui commence à payer l’addition des efforts répétés. Chaque journée coûte désormais un peu plus cher physiquement, et la marge confortable des débuts se resserre doucement.
La récupération, ce nouvel adversaire qu’on ne voit jamais venir
Depuis le coup d’envoi à Thonon-les-Bains, les journées s’enchaînent entre 17 et 20 heures d’effort, avec seulement quelques heures de sommeil glissées entre deux étapes. C’est précisément à ce stade que les grandes traversées basculent souvent d’un côté ou de l’autre. Les jambes ne sont plus les seules à trinquer : la capacité à récupérer devient tout aussi décisive que la capacité à courir vite.
L’alimentation millimétrée, les soins réguliers, les micro-siestes glissées entre deux ravitaillements et le travail permanent de l’équipe d’assistance prennent alors une importance capitale. Sans cette organisation bien huilée, difficile d’imaginer repartir chaque matin avec l’énergie nécessaire pour tenir un tel rythme sur plusieurs jours consécutifs.
Cap sur Modane pour la quatrième étape
Après une nuit très courte, Nouchka Simic reprend déjà la route en direction de Modane. Cette quatrième journée s’annonce comme un vrai tournant dans cette Grande Traversée des Alpes. Si elle parvient à retrouver des sensations plus proches de celles des deux premiers jours, l’objectif de s’approcher du record féminin reste totalement jouable.
À l’inverse, chaque heure perdue sur ce genre de défi devient de plus en plus compliquée à rattraper à mesure que les kilomètres et la fatigue s’accumulent jusqu’à l’arrivée finale à Nice. La suite de cette aventure promet en tout cas d’être aussi intense côté jambes que côté émotions.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


