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Le rêve s’effrite : Aurélien Sanchez en grande difficulté sur le Pacific Crest Trail

Parti le 7 juin 2026 depuis la frontière mexicaine avec une forme étincelante, le Français Aurélien Sanchez semblait tenir le bon rythme pour battre le FKT (Fastest Known Time) en mode assisté du Pacific Crest Trail. Mais au 10e jour de sa tentative, le constat est cinglant : l’avance de 40 kilomètres accumulée en début de parcours a fondu comme neige au soleil, et il accuse désormais près de 2 heures de retard sur le record de Karel Sabbe.

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Un départ canon, des espoirs immenses

Dès les premières 48 heures, Aurélien avait mis tout le monde d’accord. Après seulement deux jours d’effort, il affichait déjà 37 kilomètres d’avance sur le chrono de référence du Belge Karel Sabbe, soit 13 heures de bonus. À son rythme, la communauté trail se prenait à rêver : et si le premier Français finisher de la Barkley allait aussi faire tomber l’un des records les plus dantesques de la planète running ?

Pour rappel, l’objectif était colossal : 4 265 kilomètres à travers la Californie, l’Oregon et l’État de Washington, avec 150 000 mètres de dénivelé positif, du Mexique jusqu’au Canada. Le tout en moins de 46 jours, 12 heures et 50 minutes, soit la marque établie par Karel Sabbe en août 2023. La cadence imposée ? Plus de 90 kilomètres par jour, sans exception, du premier au dernier.

La mécanique qui se grippe au jour 10

Tout paraissait sous contrôle jusqu’au jour 6, où Aurélien pointait encore avec 44 kilomètres d’avance. Puis est venu le tournant. En l’espace de 48 heures à peine, la totalité du matelas durement constitué a disparu. Ce n’est pas une simple journée creuse, c’est une accumulation de signaux négatifs qui racontent l’histoire d’un corps poussé dans ses derniers retranchements.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

JourAvance / Retard% du parcours
Jour 2+37 km d’avance (~13h)4,9 %
Jour 6+44 km d’avance (~14h)13,1 %
Jour 7+41 km d’avance (~14h)~15 %
Jour 9+9 km d’avance (~8h)~19 %
Jour 102h de retard (~8 km)21,3 %

Au 10e jour, Aurélien a couvert 910 kilomètres. Sur le papier, ça semble encore correct. Mais rapporté à la cadence que le record exige, c’est insuffisant. Et les jambes, elles, ont clairement envoyé un message difficile à ignorer.

Pourquoi le record de 2023 résiste autant

Karel Sabbe n’est pas juste un nom sur une liste. Le Belge, dentiste de formation et ultra-traileur d’exception, avait réalisé en 2023 une traversée quasi parfaite, battant lui-même le chrono de Timothy Olson de plus de cinq jours. Son FKT de 46 jours, 12 heures et 50 minutes est une référence absolue, fruit d’une préparation chirurgicale et d’une machine physique taillée pour ce type d’effort.

Aurélien avait pourtant identifié des marges : dormir moins au début, aller plus vite dans la Sierra Nevada et réduire le poids de l’équipement. Trois leviers pertinents sur le papier. Mais le PCT se joue aussi dans les 80 % restants, là où le corps commence à présenter la facture. Et à peine 21 % du tracé derrière lui, la facture est déjà salée.

Ce que ce défi dit de lui, au-delà du chrono

Rappelons qui est vraiment Aurélien Sanchez. En 2023, il est devenu le premier et unique Français finisher de la Barkley Marathons, l’une des épreuves les plus impitoyables et les plus énigmatiques du monde du trail. Un exploit qui avait sidéré la planète running, et qui lui avait offert un crédit immense. Se lancer ensuite sur le PCT avec un objectif de record, c’est dans la continuité parfaite d’un personnage qui n’a jamais cherché la facilité.

Même si le record semble aujourd’hui hors de portée, il reste engagé sur un projet que la grande majorité des coureurs d’élite n’oserait jamais envisager. Tenir plus de 90 km par jour pendant 46 jours sur ce terrain, avec les imprévus, les feux de forêt croisés en Californie, la chaleur, l’altitude et la fatigue mentale accumulée : c’est une aventure humaine qui dépasse largement la simple question du chrono.

Ce qu’il lui reste à avaler

  • Environ 3 370 km restants sur les 4 265 km totaux du PCT
  • Des portions d’Oregon et de Washington encore entières, réputées pour leur technicité
  • Un retard de 2 heures à combler pour espérer revenir dans la course au record
  • La gestion mentale, clé absolue sur les longues distances, déjà mise à rude épreuve
  • Un terrain qui change de visage chaque jour, entre forêts denses, cols et cols enneigés

La suite : tout reste ouvert, rien n’est joué

Sa compagne Lucille l’avait annoncé : les 48 heures à venir seraient décisives. Elles l’ont été, dans le mauvais sens. Pourtant, comme X (anciennement Twitter) le rappelle via le compte U-Trail : « C’est peu probable, mais pas impossible. » À ce stade du parcours, avec plus des trois quarts du trail encore devant lui, une inversion de tendance reste théoriquement jouable. Il suffit de quelques bonnes nuits, d’une récupération musculaire inattendue et d’une météo favorable pour relancer la machine.

Ce que l’on sait avec certitude, c’est qu’Aurélien Sanchez ne lâchera pas facilement. Ce n’est pas dans son ADN. Et même si le record de Karel Sabbe tient bon cette année encore, la tentative française aura au moins prouvé une chose : le PCT, dans ses 4 265 kilomètres de démesure, ne se laisse dompter par personne sans une lutte totale.

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Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.

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