La nuit californienne du 27 juin 2026 restera dans les mémoires comme la plus imprévisible de l’histoire de la Western States 100. Quelques heures après l’abandon de Kilian Jornet au mile 38, c’est au tour de Jim Walmsley, quadruple vainqueur et détenteur du record de l’épreuve, de quitter la course à Foresthill (mile 62, environ 100 km). En l’espace de quelques heures, les deux hommes les plus attendus de la planète trail ont disparu du classement. Ce que personne n’avait prévu vient de tout relancer.
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Walmsley « Dropped » à Foresthill, les raisons encore floues
Contrairement à Jornet dont la blessure au ménisque était connue et documentée depuis Zegama Aizkorri, l’abandon de Walmsley surprend davantage. L’Américain avait démarré dans le groupe de tête, semblait tenir le rythme imposé et avait même pris les commandes de la course à un moment de la course. Puis, progressivement, son allure a chuté. Il s’est laissé distancer poste après poste, avant que son abandon soit officialisé par le suivi live sous la mention froide et définitive : « Dropped at Foresthill ».
Les raisons précises n’ont pas été communiquées dans l’immédiat. Mais un contexte existe : Walmsley traîne depuis l’UTMB 2024 une douleur au genou qui l’avait forcé à l’abandon à Courmayeur. Sa victoire sur la Western States 2024, puis son absence sur l’édition 2025 (forfait pour blessure au genou), dessinaient déjà une fragilité chronique sur ce secteur. Sur 161 km dans les canyons avec 40°C à l’approche de Foresthill, un genou capricieux ne pardonne pas.
Deux abandons, une course à réinventer
L’abandon simultané de Jornet (mile 38) et Walmsley (mile 62) redistribue la Western States 2026 de fond en comble. La course prévue comme un duel entre deux titans devient subitement une bataille ouverte entre des coureurs qui n’étaient pas venus pour être en tête aussi tôt. Hans Troyer, le phénomène américain de 26 ans qui avait imposé un rythme de 4’23/km en tête dès les premiers kilomètres, se retrouve parmi les prétendants à la victoire. Francesco Puppi, l’Italien discret mais redoutable sur les longs formats, prend lui aussi une position de force. Et derrière, Vincent Bouillard remonte, kilomètre après kilomètre, depuis une 3e place inconfortable au km 89.
C’est précisément ce scénario chaotique que le Français va transformer en opportunité. Là où d’autres auraient subi le mental game de devoir remonter après deux géants sortis de la route, Bouillard a géré sa course comme s’il ne l’avait jamais quitté. À l’abri de la tempête émotionnelle générée par les deux abandons, il construit sa victoire dans l’ombre de Puppi, attendant son heure avec une patience qui s’avérera payante dans les derniers 25 kilomètres.
La chronologie des deux abandons
| Athlète | Poste d’abandon | Distance | Raison |
|---|---|---|---|
| Kilian Jornet | Dusty Corners | Mile 38 (~61 km) | Douleurs au genou (ménisque) |
| Jim Walmsley | Foresthill | Mile 62 (~100 km) | Raisons non communiquées officiellement |
Walmsley : un genou qui ne pardonne pas depuis deux ans
Pour comprendre ce que représente cet abandon pour Walmsley, il faut remonter à l’été 2024. Vainqueur de la Western States en juin, il s’aligne deux mois plus tard sur l’UTMB. Au kilomètre 83, à Courmayeur, il s’arrête : le genou, blessé lors de l’effort de juin, ne suit plus. Forfait sur l’édition 2025 de la Western States pour la même raison, il revient en 2026 avec l’envie de s’expliquer face à Jornet et de signer peut-être sa cinquième victoire.
La machine a tenu jusqu’à 100 km, soit plus que lors de ses épisodes précédents. Mais sur 161 km dans les canyons californiens par forte chaleur, tenir jusqu’à l’arrivée avec un genou fragilisé relevait d’une gageure. L’abandon à Foresthill, le poste le plus médiatisé du parcours avec son accueil de foule légendaire, sonnera longtemps comme une blessure d’amour-propre pour un coureur qui a fait de cette course sa maison depuis 2018.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


