Ben Dhiman vient de faire tomber une barrière que personne n’avait encore franchie sur l’UTMB : l’Américain remporte l’édition 2026 en 18 h 16 min 29 s et devient le premier homme à terminer la course en moins de 19 heures. Un chrono spectaculaire qui améliore de plus d’une heure son propre temps de 2025. Attention toutefois au terme de « record » : le parcours 2026 ayant été raccourci par rapport au tracé historique de référence, ce temps n’est pas présenté comme le nouveau record officiel absolu de l’épreuve. Il reste néanmoins le chrono le plus rapide jamais réalisé sur cette configuration. Voir le classement officiel ici !
Ben Dhiman remporte l’UTMB 2026 en 18 h 16 min 29 s
La question était encore posée samedi matin : Ben Dhiman pouvait-il passer sous les 19 heures ?
Quelques heures plus tard, la réponse est spectaculaire.
L’Américain remporte l’UTMB 2026 en 18 h 16 min 29 s et devient le premier coureur à franchir la ligne d’arrivée d’une édition de l’épreuve en moins de dix-neuf heures.
Il ne gratte pas quelques secondes à cette frontière symbolique. Il termine avec plus de quarante-trois minutes de marge.
Une performance d’autant plus impressionnante que Dhiman a passé une immense partie de sa course seul en tête.
Peut-on vraiment parler d’un nouveau record de l’UTMB ?

C’est ici qu’une précision est indispensable.
Le chrono de Ben Dhiman est exceptionnel, mais il ne doit pas être présenté sans nuance comme le nouveau record absolu officiel du parcours historique de l’UTMB.
Le tracé emprunté en 2026 était raccourci par rapport au parcours ayant servi à établir certaines des grandes références historiques de l’épreuve.
Le temps de Dhiman constitue donc bien une première sous les 19 heures et le chrono le plus rapide réalisé sur cette configuration, mais comparer directement son 18 h 16 min 29 s avec toutes les anciennes éditions demande de tenir compte des différences de parcours.
En trail, quelques kilomètres ou quelques centaines de mètres de dénivelé peuvent représenter des dizaines de minutes.
Le chrono historique de Ben Dhiman
| Information | Donnée |
|---|---|
| Classement | 1er |
| Temps | 18 h 16 min 29 s |
| Barrière franchie | Premier homme sous les 19 heures |
| Résultat 2025 | 2e |
| Temps 2025 | 19 h 51 min 37 s |
| Progression chronométrique | Plus de 1 h 35 |
Plus d’une heure et demie gagnée en un an
C’est probablement la comparaison la plus pertinente puisqu’elle concerne directement le même coureur.
En 2025, Ben Dhiman avait terminé deuxième de l’UTMB en 19 h 51 min 37 s.
Cette performance l’avait déjà installé parmi les meilleurs spécialistes mondiaux du 100 miles.
En 2026, il passe à 18 h 16 min 29 s.
La différence dépasse donc une heure et demie.
À ce niveau de performance, il ne s’agit plus de gagner quelques minutes grâce à de meilleurs ravitaillements. Dhiman a couru une course d’une tout autre dimension.
Une démonstration commencée après Les Contamines
Le plus impressionnant est peut-être que l’Américain n’a pas démarré comme un homme cherchant désespérément un chrono.
Dans les premiers kilomètres, le groupe de tête reste relativement compact.
Baptiste Chassagne prend notamment ses responsabilités et plusieurs favoris évoluent encore ensemble.
Puis Dhiman accélère à la sortie du secteur des Contamines.
À partir de là , la course change complètement de physionomie.
Dhiman prend la tête et ne la rend pratiquement plus
L’Américain commence à construire son avance pendant la première nuit.
Au fil des kilomètres, les secondes deviennent des minutes. Puis les minutes deviennent une marge suffisamment importante pour obliger tous ses poursuivants à prendre des risques.
Au Grand Col Ferret puis à La Fouly, l’écart est déjà conséquent.
À Champex-Lac, après environ 127 kilomètres, Dhiman possède près d’une demi-heure d’avance sur Baptiste Chassagne.
La question n’est alors plus seulement de savoir s’il va gagner.
Son chrono commence lui aussi à devenir un sujet.
La barrière des 19 heures devient progressivement réaliste
Avant le départ, annoncer un UTMB en moins de 19 heures aurait ressemblé à une projection extrêmement agressive.
Pendant la nuit, la situation change.
Dhiman continue de courir vite sans montrer de véritable effondrement. Ses passages aux ravitaillements restent courts et sa progression demeure régulière.
Au petit matin, les estimations commencent donc à placer son arrivée avant la barre symbolique des dix-neuf heures.
Il reste pourtant toute la difficulté de la deuxième moitié.
Un UTMB peut se perdre après 130 kilomètres
C’est précisément ce qui rend le résultat final aussi impressionnant.
Sur un 100 miles, être rapide pendant dix ou douze heures ne suffit pas.
Les dernières grandes ascensions arrivent avec des quadriceps déjà profondément sollicités. L’alimentation devient plus compliquée et chaque descente peut transformer une petite douleur en véritable problème.
Une avance de trente minutes peut alors disparaître beaucoup plus vite qu’on ne l’imagine.
Dhiman n’a jamais connu cette défaillance.
Même une chute ne stoppe pas sa progression
La course de l’Américain n’a pourtant pas été totalement dépourvue d’incidents.
Il casse notamment un bâton pendant la nuit.
Plus tard, il connaît également une chute après avoir heurté une pierre dans une descente.
À ce stade de fatigue, un incident de ce type peut suffire à modifier complètement une course.
Dhiman se relève et poursuit.
Son avance lui offre une certaine sécurité au classement, mais le chrono historique nécessite toujours de courir.
Une météo finalement favorable après les orages
L’édition avait pourtant commencé sous une menace météorologique suffisamment sérieuse pour repousser le départ.
Initialement prévu à 17 h 45 vendredi, le coup d’envoi est décalé à 19 h 45 en raison d’un épisode orageux.
Une fois la perturbation passée, les conditions deviennent finalement beaucoup plus favorables pendant la nuit, avec des températures relativement douces et peu de vent.
Les sentiers restent néanmoins marqués par l’humidité des heures précédentes.
Dhiman a su profiter de cette fenêtre sans perdre de temps.
Une première sous les 19 heures

C’est la donnée historique incontestable de cette journée.
Jamais un homme n’avait terminé une édition de l’UTMB en moins de 19 heures.
Ben Dhiman devient donc le premier à inscrire un chrono commençant par 18 sur la ligne d’arrivée de Chamonix.
La nuance sur le parcours empêche d’utiliser trop rapidement le terme de record absolu, mais elle n’enlève rien à cette première.
18 h 16 min 29 s reste un temps qui semblait encore difficilement imaginable il y a quelques années.
Pourquoi les records en trail sont difficiles à comparer
Contrairement à un marathon sur route certifié ou à une épreuve sur piste, une course de trail n’évolue pas dans un environnement parfaitement standardisé.
Les parcours peuvent être modifiés pour des raisons météorologiques ou de sécurité.
La distance et le dénivelé peuvent légèrement évoluer. L’état des sentiers change énormément d’une année à l’autre.
La température, la pluie, le vent ou la neige en altitude peuvent également représenter plusieurs dizaines de minutes de différence.
C’est pourquoi la notion de record doit toujours être accompagnée du contexte du tracé utilisé.
Le record historique de Kilian Jornet reste une référence différente
Le chrono de Kilian Jornet en 2022, 19 h 49 min 30 s, reste une référence majeure de l’histoire de l’épreuve.
Dhiman court évidemment beaucoup plus vite en valeur brute en 2026.
Mais les deux performances n’ont pas été réalisées sur une configuration strictement identique.
Dire que l’Américain a simplement « retiré 1 h 33 au record de Jornet » serait donc trompeur.
La formulation la plus juste consiste à retenir deux faits : Jornet possède une référence historique sur le parcours correspondant à son édition, tandis que Dhiman devient en 2026 le premier homme à terminer l’UTMB sous les 19 heures.
2025 et 2026 offrent une comparaison plus intéressante
Une autre comparaison permet de mesurer plus proprement la performance.
Le parcours 2025 avait lui aussi été raccourci et se rapproche davantage de la configuration utilisée cette année.
Tom Evans avait remporté cette édition en 19 h 18 min 58 s, dans des conditions particulièrement difficiles.
Dhiman termine en 18 h 16 min 29 s en 2026.
La différence dépasse donc une heure.
| Année | Coureur | Temps |
|---|---|---|
| 2022 | Kilian Jornet | 19 h 49 min 30 s |
| 2025 | Tom Evans | 19 h 18 min 58 s |
| 2026 | Ben Dhiman | 18 h 16 min 29 s |
Ben Dhiman n’est plus l’outsider de Chamonix
Cette victoire termine également une évolution commencée depuis plusieurs saisons.
L’Américain, installé dans les Pyrénées françaises, a longtemps progressé loin de l’exposition accordée aux plus grandes stars de l’ultra.
Ses résultats ont progressivement changé la situation.
Vainqueur de la Lavaredo 120K, performant sur les grandes courses européennes puis deuxième de l’UTMB 2025, il avait déjà démontré qu’il possédait le niveau nécessaire.
En 2026, il ne laisse plus vraiment de place au débat.
Une victoire malgré une édition pleine de forfaits
Le plateau avait perdu plusieurs immenses noms avant le départ.
Kilian Jornet, Jim Walmsley, Tom Evans et Mathieu Blanchard ne participaient pas à la course.
Pendant la nuit, Vincent Bouillard, vainqueur 2024 et récent lauréat de la Western States, a lui aussi abandonné.
Ces absences ont naturellement modifié la hiérarchie.
Mais elles ne permettent pas d’expliquer 18 h 16 min 29 s.
Dhiman a dû parcourir la montagne lui-même et a passé une grande partie de sa journée sans personne pour l’aider à imposer son rythme.
Un chrono de folie et une première place
Le résultat possède donc deux dimensions.
La première est sportive : Ben Dhiman remporte enfin l’UTMB après sa deuxième place de 2025.
La seconde est chronométrique : il devient le premier homme sous les 19 heures.
Les deux réunies transforment cette édition en un moment majeur de sa carrière.
Un an auparavant, Dhiman savait qu’il pouvait monter sur le podium à Chamonix.
Désormais, il sait qu’il peut dominer la course.
UTMB 2026 : 18 h 16 min 29 s pour Ben Dhiman
Ben Dhiman remporte donc l’UTMB 2026 en 18 h 16 min 29 s et devient le premier homme à terminer l’épreuve en moins de 19 heures.
Son chrono est exceptionnel, mais il convient de parler de « performance historique » ou de « meilleur temps sur cette configuration » plutôt que de nouveau record absolu sans nuance : le parcours 2026 était raccourci par rapport au tracé historique de référence.
Le Parisien et Eurosport font d’ailleurs tous deux cette distinction : le chrono est inédit sous les 19 heures, mais n’est pas homologué comme un record directement comparable aux anciennes configurations.
La performance n’a pas vraiment besoin qu’on l’exagère. Dhiman avait terminé deuxième en 19 h 51 min 37 s en 2025. Douze mois plus tard, il gagne à Chamonix en 18 h 16 min 29 s.
Le « record » peut donc faire débat selon le parcours retenu. Une chose, elle, ne fait absolument aucun doute : avant Ben Dhiman, personne n’avait vu 18 heures s’afficher au chronomètre d’arrivée de l’UTMB.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


