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Ben Dhinam peut-il battre le Record de l’UTMB : Analyse

Ben Dhiman peut-il battre le record de l’UTMB ? Oui, son rythme actuel lui permet au minimum d’envisager un chrono historique, mais le record reste très loin d’être acquis. La référence masculine appartient à Kilian Jornet avec 19 h 49 min 30 s, réalisée en 2022 sur le parcours de référence. Dhiman, deuxième en 19 h 51 min 37 s en 2025, possède déjà le niveau pour approcher cette marque. Sa première moitié d’UTMB 2026 est tellement rapide que la question d’un passage sous les 19 heures se pose désormais, à condition de ne pas exploser dans la deuxième partie.

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Quel est le record actuel de l’UTMB ?

Pour comprendre ce que Ben Dhiman est en train de tenter, il faut commencer par fixer la référence.

Le chrono masculin de référence sur l’UTMB est de 19 h 49 min 30 s, réalisé par Kilian Jornet en 2022.

Ce temps avait déjà fait entrer la course dans une nouvelle dimension. Passer sous les vingt heures sur un tour complet du Mont-Blanc représente une moyenne impressionnante lorsque l’on considère les quelque 10 000 mètres de dénivelé positif, les descentes, les ravitaillements et une nuit entière dehors.

Descendre sous les 19 heures constituerait un pas supplémentaire. Il faudrait retrancher plus de cinquante minutes à la référence de Jornet.

Ben Dhiman était déjà tout près du record en 2025

ben dhiman (2)

Ce qui rend l’hypothèse crédible est que l’Américain n’a pas besoin de découvrir comment courir un UTMB en moins de vingt heures.

Il l’a pratiquement déjà fait au niveau du record.

En 2025, Ben Dhiman termine deuxième en 19 h 51 min 37 s. Il échoue donc à seulement 2 min 07 s du chrono établi par Kilian Jornet trois ans auparavant.

Cette différence est dérisoire sur une course aussi longue.

Une transition légèrement plus rapide, un ravitaillement raccourci ou quelques kilomètres mieux négociés auraient théoriquement suffi à combler cet écart.

Les chronos à connaître avant de parler de record

CoureurAnnéeTempsRepère
Kilian Jornet202219 h 49 min 30 sRecord de référence
Mathieu Blanchard202219 h 54 min 50 s2e
Vincent Bouillard202419 h 54 min 23 sVainqueur
Ben Dhiman202519 h 51 min 37 s2e

Ces chronos montrent à quel point la zone située autour de 19 h 50 constitue déjà un territoire réservé à une poignée de performances exceptionnelles.

Passer à 18 h 59 demanderait encore un changement d’échelle.

Pourquoi parle-t-on désormais de moins de 19 heures ?

resume utmb 2026

La question ne vient pas uniquement de l’enthousiasme provoqué par sa première place.

Dhiman évolue actuellement à un rythme supérieur à son pacing prévu. Sa première nuit a été extrêmement rapide, avec des ravitaillements courts et une progression régulière.

L’Américain a commencé prudemment pendant une trentaine de kilomètres avant d’accélérer après Les Contamines.

Il prend les commandes à La Balme puis commence à creuser.

Au col de la Seigne, il possède déjà plus de treize minutes d’avance sur Baptiste Chassagne. À Maison Vieille, son avantage atteint 16 min 25 s.

Il ne s’agit donc pas d’un départ suicidaire de vingt kilomètres. Dhiman a commencé à construire sa marge après plusieurs heures d’effort.

Passer sous les 19 heures demanderait une arrivée avant 14 h 45

Le calcul est particulièrement simple cette année.

Le départ réel de l’UTMB a été donné vendredi soir autour de 19 h 45, après un report de deux heures lié aux conditions météorologiques.

Pour terminer en exactement 19 heures, Ben Dhiman devrait donc franchir l’arrivée samedi autour de 14 h 45.

Pour battre symboliquement cette barrière, il faudrait évidemment arriver quelques secondes avant.

Temps finalArrivée approximative avec un départ à 19 h 45
18 h 59Vers 14 h 44
19 h 30Vers 15 h 15
19 h 49 min 30 sVers 15 h 34
20 hVers 15 h 45

Battre Jornet et passer sous les 19 heures sont deux défis différents

C’est une distinction importante.

Ben Dhiman pourrait réaliser une performance historique sans nécessairement devenir le premier homme sous les 19 heures.

Pour battre la marque de Kilian Jornet, il lui suffit théoriquement de terminer en moins de 19 h 49 min 30 s.

Passer sous les 19 heures lui demande près de cinquante minutes supplémentaires.

À ce niveau, cinquante minutes représentent un gouffre. On ne les récupère pas avec deux ravitaillements légèrement plus rapides.

Il faut courir une course globalement plus vite.

Son UTMB 2025 constitue le meilleur point de comparaison

Le chrono de l’année dernière est particulièrement intéressant pour analyser sa progression.

Dhiman connaît désormais parfaitement ce que représente un UTMB couru autour de 19 h 50.

Il sait quelle intensité conserver dans la première moitié, comment son organisme réagit après Courmayeur et à quel point les dernières ascensions peuvent coûter cher.

Cette expérience vaut probablement davantage que quelques points d’UTMB Index supplémentaires.

En 2026, il ne cherche plus à découvrir jusqu’où il peut aller. Il dispose déjà d’un étalon personnel extrêmement élevé.

Sa stratégie actuelle semble plus agressive

L’impression laissée par cette première partie est celle d’un coureur qui accepte davantage de prendre la course en main.

En 2025, Dhiman avait terminé deuxième derrière Tom Evans. Cette année, il s’est retrouvé seul devant dès la nuit.

Ses ravitaillements restent très courts et son avance sur ses poursuivants s’est construite sans énorme rupture apparente.

C’est plutôt rassurant.

Une accélération violente peut être spectaculaire tout en annonçant une défaillance future. Une succession de petits gains obtenus pendant plusieurs heures traduit généralement une situation plus maîtrisée.

Le principal danger : payer cette avance après Champex

C’est maintenant que l’analyse devient moins confortable.

Un UTMB ne se gagne pas avec le rythme tenu pendant la première moitié. Il se gagne surtout avec la quantité de vitesse qu’un coureur réussit à conserver dans les dernières heures.

Les quadriceps ont déjà encaissé des milliers de mètres de descente. L’alimentation devient plus difficile. La lucidité diminue et les petites douleurs commencent à prendre davantage de place.

Un coureur peut sembler parti pour battre un record puis perdre vingt minutes sur une seule section.

Voilà pourquoi projeter mécaniquement son rythme actuel jusqu’à Chamonix serait trompeur.

Les abandons de Bouillard et Dauwalter rappellent la fragilité des projections

La nuit vient d’ailleurs d’apporter deux rappels assez brutaux.

Vincent Bouillard, vainqueur de l’UTMB 2024 et de la Western States 2026, a abandonné.

Courtney Dauwalter a elle aussi quitté la course chez les femmes.

Quelques heures avant, les deux figuraient parmi les candidats les plus crédibles à la victoire.

L’ultra ne respecte pas toujours les projections. Plus la course avance, plus la capacité à simplement continuer à courir normalement devient déterminante.

Un bâton cassé, premier petit grain de sable

Ben Dhiman a lui-même connu un incident pendant la nuit avec un bâton cassé.

Pris isolément, cela ressemble à un détail.

Sur un parcours cumulant près de 10 000 mètres de montée, courir plusieurs kilomètres avec un seul bâton peut pourtant modifier légèrement la dépense musculaire.

Si le matériel a été rapidement remplacé dans une zone où l’assistance est autorisée, l’impact devrait rester limité.

Mais lorsqu’on cherche cinquante minutes sur le meilleur chrono de l’histoire, les détails commencent justement à compter.

Le parcours 2026 est-il comparable au record de 2022 ?

C’est aussi une question essentielle lorsqu’on parle de « record » en trail.

Contrairement à un 10 000 mètres sur piste, l’UTMB n’est pas un environnement parfaitement standardisé.

Le tracé peut connaître des ajustements, les distances GPS diffèrent légèrement selon les mesures et les conditions météorologiques transforment profondément la vitesse possible.

Comparer deux chronos reste pertinent lorsque les parcours sont proches, mais il faut conserver cette nuance.

Un record sur l’UTMB possède moins de rigidité qu’un record officiel d’athlétisme sur une distance certifiée.

Les conditions 2026 ne sont pas nécessairement idéales

Cette édition a commencé avec une météo suffisamment délicate pour provoquer un report du départ de deux heures.

Les coureurs ont évolué sur des terrains humides pendant la nuit.

Dans les descentes techniques, l’humidité peut obliger à lever légèrement le pied. Elle augmente aussi la dépense énergétique puisqu’il faut davantage contrôler les appuis.

Si Dhiman parvient malgré cela à maintenir un rythme compatible avec un chrono historique, la performance prendrait forcément une dimension supplémentaire.

Les derniers grands points décideront du record

PointCe qu’il faudra observer
Grand Col FerretCapacité à maintenir son rythme après la partie italienne
Champex-LacÉtat physique après plus de 120 km
TrientÉvolution réelle de la vitesse dans le dernier quart
VallorcinePremier point permettant une projection vraiment solide
La FlégèreVerdict presque définitif sur le chrono
ChamonixRecord ou non

Vallorcine sera probablement le juge de paix

Avant Vallorcine, annoncer un temps final avec une précision de quelques minutes relève surtout de la spéculation.

Une fois ce point atteint, la situation devient beaucoup plus lisible.

Le leader aura absorbé l’essentiel de la course et son état physique permettra de savoir s’il est encore capable de courir vite.

Si Dhiman arrive à Vallorcine avec une projection toujours nettement inférieure à 19 h 49, le record de Jornet deviendra réellement menacé.

Si la projection approche encore les 19 heures, alors Chamonix pourra commencer à rêver d’une première historique.

Notre analyse : le record est crédible, les 19 heures beaucoup moins certaines

À ce stade, il faut séparer ce qui paraît réaliste de ce qui serait véritablement exceptionnel.

Battre 19 h 49 min 30 s paraît crédible. Dhiman avait déjà couru en 19 h 51 min 37 s l’année dernière et son début de course 2026 est particulièrement rapide.

Passer sous les 19 heures est une autre affaire.

Il faudrait améliorer son chrono 2025 de plus de cinquante-deux minutes. À ce niveau de performance, c’est considérable.

La possibilité existe parce que son pacing actuel l’autorise encore. Mais elle suppose une deuxième moitié presque parfaite, sans défaillance, sans problème digestif et avec des ravitaillements toujours aussi efficaces.

Ben Dhiman peut-il battre le record de l’UTMB 2026 ?

Oui, Ben Dhiman possède aujourd’hui une vraie chance de battre les 19 h 49 min 30 s de Kilian Jornet. Son chrono de 19 h 51 min 37 s en 2025 prouve qu’il se trouvait déjà à seulement 2 min 07 s de cette référence, et sa première moitié de course 2026 est plus rapide que son pacing prévu.

La perspective d’un premier UTMB masculin sous les 19 heures est plus ambitieuse. Avec un départ autour de 19 h 45, il faudrait rejoindre Chamonix avant environ 14 h 45 samedi.

Son rythme actuel permet encore de poser sérieusement la question. Il ne permet pas d’y répondre.

La deuxième moitié de l’UTMB est précisément celle où les projections s’effondrent. Champex-Lac, Trient et surtout Vallorcine permettront de savoir si Dhiman est simplement en route vers une immense victoire ou vers quelque chose d’encore plus rare.

Le record de Jornet est désormais dans la conversation. La barrière des 19 heures, elle, reste encore une frontière. Si Ben Dhiman arrive à Vallorcine avec cette frontière toujours devant lui, les derniers kilomètres vers Chamonix pourraient devenir historiques.

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