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Favoris français UTMB 2026 : Bouillard, Chassagne et L’Hirondel en première ligne

À l’UTMB 2026, la France aligne plusieurs cartes très sérieuses, mais un nom s’impose d’emblée : Vincent Bouillard. Vainqueur à Chamonix en 2024 puis auteur d’une Western States historique en 2026, le Français ne court plus dans l’ombre. Baptiste Chassagne, Théo Détienne et Blandine L’Hirondel complètent une sélection tricolore capable de peser très lourd sur les 174 km et 9 900 mètres de dénivelé positif du tour du Mont Blanc.

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Vincent Bouillard est désormais un favori, plus une surprise

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Il y a deux ans, Vincent Bouillard avait retourné tous les pronostics en s’imposant sur l’UTMB. Son nom était familier aux initiés, beaucoup moins au grand public, et sa victoire avait vite été rangée dans la catégorie des grandes surprises de Chamonix.

En 2026, ce scénario est définitivement derrière lui. Bouillard revient avec le statut d’un homme que Kilian Jornet, Jim Walmsley, Ben Dhiman ou Hannes Namberger ne peuvent plus traiter en simple outsider sympathique.

Sa saison a rebattu les cartes. Fin juin, le Français a remporté la Western States 100 en 13 h 46 min 15 s, devenant le premier coureur à passer sous les quatorze heures sur cette référence américaine du 100 miles. Une performance qui confirme ce que son UTMB 2024 avait déjà suggéré : Bouillard allie une endurance hors norme et une vitesse capable de faire très mal sur les portions roulantes.

Ce double registre sera décisif à Chamonix. L’UTMB moderne ne se gagne plus seulement en survivant mieux que les autres pendant la deuxième nuit. Les meilleurs imposent désormais des rythmes extrêmement élevés bien avant Courmayeur.

Bouillard possède exactement cette aptitude à courir vite sans perdre sa lucidité dans la gestion. À mes yeux, il représente aujourd’hui la meilleure chance française de victoire.

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Une victoire à la Western States qui change toute la lecture

Gagner la Western States et l’UTMB demande deux registres distincts. La première course est plus rapide, plus chaude et davantage courable. Chamonix ajoute près de 10 000 mètres de dénivelé positif, une technicité supérieure et de longues descentes qui finissent par transformer les quadriceps en matériau décoratif.

Briller sur les deux terrains est donc un excellent indicateur de polyvalence. Bouillard a déjà prouvé qu’il savait gérer l’UTMB puisqu’il l’a gagné. Sa Western States lui apporte maintenant une référence supplémentaire sur la vitesse pure en ultra.

La seule interrogation porte sur la récupération. Deux mois séparent les deux courses. Pour un athlète de ce niveau, le délai est parfaitement envisageable, mais une Western courue à une intensité record laisse forcément des traces.

Le vendredi 28 août, il faudra donc surveiller moins son classement dans les premières heures que sa manière de courir. Si Bouillard reste détendu, s’alimente bien et arrive vers Courmayeur sans avoir surjoué la première partie, il deviendra extrêmement dangereux.

Baptiste Chassagne peut viser beaucoup plus qu’un top 10

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Baptiste Chassagne fait partie de ces coureurs pour lesquels le mot outsider commence presque à devenir réducteur. Deuxième de l’UTMB en 2024 derrière Bouillard, il connaît déjà parfaitement la pression et le rythme d’une course disputée pour le podium.

Depuis, le Français a renforcé son CV avec une victoire sur la Diagonale des Fous 2025. Peu d’épreuves permettent mieux de tester la résistance physique et mentale d’un ultra traileur. La Réunion impose des heures de terrain technique, une chaleur parfois pesante et une gestion de course où les emballements se paient comptant.

Son début d’été 2026 fournit également un repère intéressant. Sur le 90 km du Mont Blanc, Chassagne a terminé quatrième en 10 h 02 min 39 s, derrière Louison Coiffet, Ben Dhiman et Cristian Minoggio. Ce n’était pas une victoire, mais le résultat confirme qu’il évolue toujours au contact des meilleurs sur un terrain alpin exigeant.

Son style peut parfaitement convenir à l’UTMB. Chassagne ne donne pas forcément l’impression de vouloir dynamiter la course dans les premières montées. Il possède davantage un profil de diesel extrêmement efficace, capable de préserver son rythme lorsque les autres commencent à perdre plusieurs minutes par heure.

Bouillard et Chassagne ont déjà montré qu’ils pouvaient dominer Chamonix

Le principal avantage du duo français tient dans ce vécu récent. Bouillard sait gagner l’UTMB. Chassagne sait terminer deuxième. Aucun des deux ne va découvrir ce que signifie courir au milieu des favoris sur la grande boucle.

Cette expérience peut paraître secondaire tant que tout va bien. Elle devient essentielle vers Champex Lac, La Giète ou Vallorcine, lorsque la course a déjà duré une quinzaine d’heures et que les décisions doivent être prises avec un cerveau légèrement moins enthousiaste qu’au départ.

Ils connaissent aussi la façon dont le rythme se construit. Les premières heures produisent souvent une impression trompeuse de facilité. Les routes et chemins relativement roulants poussent certains athlètes à courir plus vite que nécessaire avant même la véritable entrée dans les Alpes.

La paire française possède désormais suffisamment d’expérience pour ne pas se laisser entraîner dans une guerre de chronos trop précoce. Sur 174 kilomètres, cette patience pourrait être leur meilleure arme.

Théo Détienne reste l’inconnue française la plus excitante

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Théo Détienne représente un profil différent. Plus jeune, plus explosif et davantage habitué à courir très vite sur des distances légèrement inférieures, il possède probablement l’une des plus grandes marges de progression parmi les Français engagés.

Son UTMB 2025 s’était terminé par un abandon après une chute. L’édition 2026 devient donc un test très intéressant : il ne suffit plus de montrer qu’il peut suivre les meilleurs pendant plusieurs heures, il faut désormais transformer cette vitesse en résultat sur 100 miles.

Sa saison apporte néanmoins des signaux encourageants. Détienne a notamment terminé deuxième du 100 km de la MaXi Race au printemps. Il possède aussi de solides références autour du Mont Blanc et connaît très bien les exigences des courses longues en terrain alpin.

Son principal danger sera probablement sa plus grande qualité : la vitesse. Lorsque l’on possède les jambes pour suivre un groupe très rapide, il faut parfois davantage de discipline pour accepter de le laisser partir.

L’UTMB adore punir les athlètes qui courent la première moitié comme s’ils devaient rentrer à Chamonix avant le petit déjeuner. Pour Détienne, la réussite passera donc peut être davantage par la retenue que par l’audace.

AthlèteStatutAtout principalPoint à surveiller
Vincent BouillardFavori pour la victoireVainqueur UTMB 2024 et Western States 2026Récupération après sa Western record
Baptiste ChassagneCandidat au podiumDeuxième UTMB 2024 et immense enduranceRester au contact si la course part très vite
Théo DétienneOutsiderVitesse et potentiel sur terrain alpinGestion de son premier UTMB abouti au plus haut niveau
Blandine L’HirondelCandidate au podium fémininExpérience, régularité et polyvalenceCourse féminine extrêmement dense

Blandine L’Hirondel peut encore viser le podium féminin

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Chez les femmes, la France dispose d’un véritable atout avec Blandine L’Hirondel. Double championne du monde de trail long, ancienne gagnante de la CCC et déjà troisième de l’UTMB, elle connaît presque toutes les nuances du terrain qui l’attend.

Sa saison 2026 confirme qu’elle n’arrive pas à Chamonix uniquement grâce à son palmarès. Sa victoire à la Transvulcania a montré qu’elle possède toujours la capacité de dominer une course internationale exigeante.

La concurrence sera pourtant énorme. Courtney Dauwalter veut reprendre une course qu’elle a déjà gagnée trois fois. Ruth Croft arrive avec le statut de tenante du titre. Riley Brady, Fuzhao Xiang ou Katharina Hartmuth apportent encore davantage de profondeur au plateau.

L’Hirondel n’a donc aucun intérêt à courir contre les noms imprimés sur les dossards. Sa meilleure stratégie devrait consister à rester dans son effort, éviter les dépenses inutiles avant l’Italie puis utiliser sa connaissance des ultras très longs lorsque les écarts commenceront à se former.

Sur ce type de course, une cinquième place à mi parcours peut devenir un podium sans aucune attaque spectaculaire. Il suffit parfois de continuer à courir pendant que les autres commencent à marcher.

L’absence de Camille Bruyas réduit la profondeur française

Le plateau féminin français aurait pu être encore plus impressionnant avec Camille Bruyas. Deuxième de l’UTMB 2025 derrière Ruth Croft, elle aurait naturellement fait partie des principales candidates au podium cette année.

Elle ne sera toutefois pas au départ. Son absence laisse Blandine L’Hirondel comme principale représentante française dans la bataille pour les toutes premières places.

Cela change légèrement la dynamique. Une course avec deux Françaises capables de jouer le podium permet plusieurs scénarios. Avec une seule candidate évidente, la pression médiatique et populaire se concentre davantage.

L’Hirondel possède suffisamment d’expérience pour vivre avec cela. Reste qu’un résultat dans le top 5 serait déjà énorme compte tenu de la densité internationale annoncée.

Mathieu Blanchard, le grand absent français de l’UTMB 2026

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Le nom le plus visible parmi les absents tricolores est évidemment Mathieu Blanchard. Le Franco Canadien a renoncé à l’UTMB en raison d’une douleur au talon.

Son forfait enlève au plateau français un coureur déjà monté sur le podium à Chamonix et capable d’attirer énormément d’attention autour de la course.

Sportivement, la perte est réelle. Blanchard possède une expérience exceptionnelle du 100 miles et sait parfaitement gérer les courses où la météo ou les conditions rendent la progression difficile.

Médiatiquement, son absence modifie aussi la répartition des regards. Bouillard, Chassagne et Détienne deviennent encore davantage les visages masculins français de cette édition.

Comment peut se dérouler l’UTMB 2026 ?

Le plateau international pourrait presque servir les Tricolores. Kilian Jornet revient chercher une cinquième victoire. Jim Walmsley veut retrouver le sommet après son succès de 2023. Ben Dhiman, deuxième en 2025, possède lui aussi des ambitions évidentes.

Tous ces noms attireront énormément d’attention dans les premières heures. Pour Bouillard et Chassagne, ce contexte permet peut être de courir légèrement plus discrètement malgré leur niveau.

Personne ne laissera évidemment Vincent Bouillard prendre trente minutes tranquillement. Mais il ne sera pas forcément obligé de répondre à chaque accélération spectaculaire lancée devant les caméras.

C’est là que l’UTMB devient passionnant. Le classement après trois heures ne prédit presque rien. Une avance de cinq minutes au col du Bonhomme peut disparaître totalement en Suisse.

Vincent Bouillard possède le meilleur profil français pour gagner

S’il fallait désigner un seul Français, le choix me paraît aujourd’hui assez clair. Vincent Bouillard possède le meilleur compromis entre résultats récents, connaissance du parcours et capacité de vitesse.

Son succès de 2024 élimine la question de l’expérience. Sa Western States 2026 élimine celle de la vitesse. Il lui reste essentiellement à prouver qu’il peut enchaîner ces deux performances majeures dans la même saison.

Le défi est considérable, car Kilian Jornet et Jim Walmsley n’ont besoin d’aucune présentation. Hannes Namberger possède une extraordinaire stabilité en montagne. Ben Dhiman connaît déjà la deuxième marche du podium.

Mais il serait désormais étrange de présenter Bouillard derrière ces hommes uniquement parce que son nom possède moins d’années de notoriété. Les résultats récents parlent pour lui.

Chassagne peut profiter d’une course qui explose

Baptiste Chassagne pourrait de son côté devenir particulièrement dangereux si les principaux favoris se livrent une bataille trop agressive dans la première moitié.

Son profil favorise une course où la régularité prend progressivement le dessus sur la vitesse. Plus les premières heures sont rapides, plus les conséquences peuvent devenir importantes après Champex.

Sa deuxième place de 2024 a déjà démontré qu’il savait profiter de ce type de scénario. Il ne serait donc absolument pas surprenant de le voir revenir progressivement dans le classement pendant la deuxième moitié.

Pour gagner, il faudra probablement produire davantage qu’une simple course régulière. Pour monter une nouvelle fois sur le podium, cette régularité peut en revanche suffire si plusieurs favoris se mettent dans le rouge.

Détienne doit encore franchir le dernier étage

Théo Détienne possède une situation presque inverse. Son potentiel de vitesse ne fait guère de doute. Sa capacité à courir très fort sur les formats 100 km est également établie.

Le véritable test sera la durée. Un 100 miles alpin ajoute plusieurs heures à l’effort et transforme complètement certaines qualités nécessaires. Bien descendre après dix heures n’est pas la même chose qu’après dix huit.

Une place dans le top 10 représenterait déjà une confirmation majeure. Un top 5 changerait immédiatement son statut international. Quant au podium, il paraît ambitieux mais pas absurde si la course produit beaucoup d’abandons parmi les grands favoris.

Il possède au moins l’avantage d’aborder cet UTMB avec moins de pression que Bouillard. Personne n’attend obligatoirement Détienne sur le podium. Cette liberté peut parfois permettre de courir beaucoup plus juste.

La France peut elle gagner chez les hommes et chez les femmes ?

Techniquement, oui. Probablement ? C’est une autre question.

Chez les hommes, Bouillard possède un dossier suffisamment solide pour envisager la victoire sans jouer au supporter chauvin. Chassagne offre une deuxième possibilité crédible de podium, tandis que Détienne ajoute une carte plus imprévisible.

Chez les femmes, Blandine L’Hirondel peut viser très haut, mais Courtney Dauwalter et Ruth Croft constituent une opposition colossale. Derrière elles, plusieurs coureuses ont également les moyens de terminer dans les trois premières.

La France dispose donc surtout d’une belle profondeur chez les hommes et d’une représentante très expérimentée chez les femmes.

Les Français à suivre sur l’UTMB 2026

  • Vincent Bouillard : le Français qui possède aujourd’hui le dossier le plus solide pour gagner.
  • Baptiste Chassagne : un candidat évident au podium si sa gestion reste aussi propre qu’en 2024.
  • Théo Détienne : l’outsider capable de changer de dimension en bouclant enfin une grande performance sur 100 miles.
  • Blandine L’Hirondel : la meilleure chance féminine française, avec un podium clairement accessible dans une bonne journée.

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