Courtney Dauwalter a remporté la course féminine de la Hardrock 100 samedi matin à Silverton, dans le Colorado, en battant son propre record du parcours dans le sens horaire, malgré une fin de course particulièrement difficile marquée par des problèmes d’estomac pendant toute la nuit.
L’Américaine de 41 ans a bouclé cette édition en 26 heures, 3 minutes et 10 secondes, terminant cinquième au classement général toutes catégories confondues. Un exploit obtenu au prix d’une immense souffrance physique sur les trente derniers miles du parcours.
Sommaire
- 1 Une course parmi les plus dures du monde
- 2 Un chrono qui manque de peu le record absolu
- 3 Une arrivée triomphale malgré la souffrance
- 4 Une préparation marquée par une saison 2025 compliquée
- 5 Une domination sans précédent sur cette épreuve
- 6 Une course lancée rapidement et jamais inquiétée
- 7 Une progression spectaculaire au classement général
- 8 Le tournant de la nuit, entre souffrance et détermination
- 9 Un mal récurrent qu’elle connaît déjà bien
- 10 La course féminine toujours en cours au moment de la publication
- 11 Les sujets tendances
Une course parmi les plus dures du monde
Pour mesurer l’ampleur de cette performance, il faut rappeler la nature du terrain sur lequel elle a été réalisée. La Hardrock 100 miles est considérée comme la course de trail sur longue distance la plus difficile d’Amérique du Nord et l’une des plus dures au monde. Elle envoie les coureurs sur une immense boucle à travers les montagnes San Juan, avec environ 33 000 pieds de dénivelé positif et négatif cumulé.
Le parcours comprend notamment une ascension majeure jusqu’au sommet du Handies Peak, à 14 048 pieds d’altitude, l’un des 58 sommets du Colorado dépassant les 14 000 pieds. Un profil extrême qui explique pourquoi si peu de coureurs dans le monde parviennent à en venir à bout dans des temps aussi rapides.
Un chrono qui manque de peu le record absolu

Sur le plan chronométrique, cette victoire vient s’inscrire dans une série déjà impressionnante pour la championne américaine. Dauwalter a remporté la course féminine pour la quatrième fois en cinq participations, terminant à la cinquième place du classement général en 26 heures, 3 minutes et 10 secondes. Son temps dépasse le précédent record féminin dans le sens horaire, qu’elle avait elle-même établi en 2024 en 26h11min49s, mais reste légèrement en retrait par rapport au record féminin absolu de 25h50min23s, établi par Katie Schide l’année précédente dans le sens antihoraire.
Une arrivée triomphale malgré la souffrance
L’Américaine originaire de Buena Vista, dans le Colorado, a franchi la ligne d’arrivée à 8h03 samedi matin, embrassant l’imposant rocher qui symbolise la victoire, entourée de plusieurs centaines de supporters venus l’acclamer. Mais derrière cette image de triomphe se cachait une réalité beaucoup plus dure vécue pendant la nuit.
La coureuse a elle-même livré un témoignage sans détour sur la difficulté de cette fin de course : « Handies était magnifique, mais c’était en quelque sorte le début de la fin pour moi. » Elle a ajouté avec humour que la descente du sommet avait déclenché des troubles digestifs qui l’ont accompagnée durant toute la nuit, concluant que ces trente derniers miles avaient été particulièrement difficiles, tout en se disant heureuse d’être arrivée au bout.
Une préparation marquée par une saison 2025 compliquée
Ce succès prend une saveur particulière au regard du parcours récent de la championne américaine. Dauwalter a connu une année 2025 exceptionnellement compliquée pour ses standards habituels, marquée par des problèmes d’estomac qui l’ont forcée à abandonner le Cocodona 250, avant de passer d’une position de leader sur l’UTMB à une lointaine dixième place finale.
Mais l’année 2026 a montré des signes clairs de rebond. Elle est revenue forte en 2026, se classant deuxième chez les femmes et sixième au classement général du Cocodona 250 le 6 mai à Sedona, en Arizona. Fait notable, la Hardrock s’est déroulée seulement 65 jours après son arrivée sur cette même course, sans que cela ne semble affecter sa performance.
Une domination sans précédent sur cette épreuve
Le palmarès de Courtney Dauwalter sur la Hardrock 100 dépasse désormais tout ce qui a été réalisé auparavant dans la course féminine. Aucune femme n’a jamais remporté la Hardrock plus de fois que Dauwalter. La seule fois où elle n’a pas gagné reste sa première tentative en 2021, lorsque des problèmes d’estomac l’avaient contrainte à abandonner au 62e mile.
Sa préparation pour cette édition avait pris une tournure volontairement épurée. Elle a couru cette année dans un style qu’elle a elle-même qualifié de pur et minimaliste, sans pacer pour la première fois, avec pour seul soutien logistique son mari Kevin.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Temps final | 26h 03min 10s |
| Classement général | 5e place toutes catégories |
| Ancien record (sens horaire) | 26h 11min 49s (Dauwalter, 2024) |
| Record absolu féminin | 25h 50min 23s (Katie Schide, sens antihoraire) |
| Victoires sur la Hardrock | 4 sur 5 participations |
Une course lancée rapidement et jamais inquiétée
Malgré des adversaires de taille annoncées avant le départ, la championne américaine n’a jamais laissé planer le doute sur l’issue de la course féminine. Dauwalter était considérée comme la favorite avant la course grâce à ses précédents succès sur la Hardrock, mais les coureuses du Colorado Careth Arnold, victorieuse de la course de 90 miles TDS à Chamonix l’été dernier, et Tara Dower, sixième de la Western States 100 deux semaines plus tôt, représentaient des concurrentes sérieuses.
Sur le terrain, l’écart s’est pourtant rapidement installé en sa faveur. Dauwalter a donné le ton dès le début de la course et n’a jamais été inquiétée pour la couronne féminine. Elle s’est montrée solide sur les premières sections d’ascension et a été la première femme à franchir le Grant-Swamp Pass. Elle possédait une marge de 15 minutes sur Arnold au poste de ravitaillement de Chapman, un écart qui n’a fait que croître par la suite.
Une progression spectaculaire au classement général
Au delà de la seule course féminine, la performance de Dauwalter impressionne aussi par sa position au classement toutes catégories confondues. Elle a atteint le poste de ravitaillement d’Ouray (mile 44) en avance sur le rythme du record du parcours, avec 42 minutes d’avance sur Arnold et 1h40 sur Dower. À ce stade, elle occupait déjà la septième place générale, derrière six hommes, et continuait de progresser dans le classement.
Sa progression s’est poursuivie sur les sections suivantes du parcours. Elle a dépassé Ryan Smith, coureur écossais basé à Boulder, ainsi que Tom Evans de Grande-Bretagne, en direction du col d’Engineer, avant de rattraper et dépasser Jason Schlarb au début de la longue ascension vers les 3 020 mètres du sommet d’American Grouse Pass, pour se hisser à la troisième place générale, juste derrière le Français Ludo Pommeret, vainqueur final de la course en 21h11min36s, et le coureur de l’Utah Jimmy Elam, qui terminerait deuxième en 23h48min56s.
Le tournant de la nuit, entre souffrance et détermination
C’est au sommet même de sa progression que la course a commencé à basculer pour la championne américaine. Le sourire qu’elle affichait en début de course avait été remplacé par une grimace sévère alors qu’elle progressait péniblement vers le point le plus élevé du parcours.
La situation s’est encore compliquée après le passage au sommet. Dauwalter a atteint le sommet de Handies au coucher du soleil, toujours à la troisième place générale, mais les choses ont ensuite mal tourné pour elle. Après avoir vomi de manière répétée avant et après le poste de ravitaillement de Sherman au mile 72, elle s’est un peu reprise et a continué à avancer lentement.
Bien qu’elle ait été rattrapée par David Ayala, de Bozeman dans le Montana, et par Smith dans les heures précédant l’aube samedi, et qu’elle ait ralenti sur les vingt derniers miles, elle a tout de même réussi à continuer d’avancer et à dépasser son propre record du parcours dans le sens horaire.
Un mal récurrent qu’elle connaît déjà bien
Ce qui frappe dans le témoignage de la coureuse, c’est la répétition de ce scénario sur cette même épreuve. « Je me sentais bien en début de course et je grimpais bien, » a expliqué Dauwalter. Elle a précisé que ce problème d’estomac survenait systématiquement lors de ses trois participations dans le sens horaire, généralement avant d’atteindre le poste de ravitaillement de Sherman, malgré une préparation et une nutrition spécifiquement adaptées pour tenter d’éviter ce scénario.
Elle a même confié avoir traversé des moments où l’envie de s’allonger sur le sentier et d’y rester devenait presque irrésistible, avant de finalement trouver la force de continuer jusqu’à la ligne d’arrivée.
La course féminine toujours en cours au moment de la publication
À 9 heures du matin, heure des Rocheuses, la situation derrière la vainqueuse restait encore à définir. Careth Arnold occupait alors la deuxième place de la course féminine, mais se trouvait encore à plusieurs heures de la ligne d’arrivée, confirmant l’ampleur de l’écart créé par Dauwalter dès les premières heures de course.
Cette nouvelle victoire, obtenue dans une souffrance assumée et racontée sans détour par la championne elle-même, confirme une fois de plus le statut particulier de Courtney Dauwalter dans l’histoire de cette épreuve mythique du Colorado, où la douleur et la détermination semblent aller de pair pour construire, année après année, l’une des plus belles légendes vivantes de l’ultra-trail féminin.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


