À 51 ans (dans onze jours), Ludovic Pommeret continue d’écrire l’une des plus belles histoires de l’ultra-trail moderne, en s’appuyant sur une connaissance intime du terrain, une gestion de course d’une rare intelligence et une capacité à durer que peu d’athlètes plus jeunes parviennent à égaler. Preuve ultime de cette longévité hors norme : il vient de remporter la Hardrock 100 pour la troisième année consécutive, tout en battant son propre record du parcours.
Retour sur les ingrédients qui permettent à ce coureur savoyard de continuer à dominer l’une des courses les plus exigeantes du monde, alors que la plupart des athlètes de haut niveau auraient déjà entamé leur déclin sportif à cet âge.
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Sommaire
- 1 Battre son propre record, la preuve ultime qu’il progresse encore
- 2 Une gestion de course sans faille, l’atout numéro un de l’âge
- 3 Le vrai secret : connaître la montagne mieux que n’importe qui
- 4 Une place déjà réservée parmi les légendes de la discipline
- 5 Continuer à progresser malgré les années, la vraie leçon de cette victoire
- 6 Les sujets tendances
Battre son propre record, la preuve ultime qu’il progresse encore

Le premier indice de cette forme insolente se trouve dans le chrono lui-même. Gagner une fois la Hardrock 100 relève déjà de l’exception. S’imposer trois années de suite est rarissime. Mais réussir à battre son propre record sur une course aussi imprévisible est sans doute encore plus impressionnant.
Sur un parcours où les conditions changent radicalement d’une édition à l’autre, cette régularité prend une valeur particulière. Sur les 164 kilomètres et plus de 10 000 mètres de dénivelé positif de cette épreuve mythique, chaque édition est différente. La météo, les sentiers, la chaleur, l’altitude ou encore l’état de fatigue rendent toute comparaison délicate. Pourtant, Ludovic Pommeret est parvenu à faire encore mieux qu’en 2024.
Le chiffre parle de lui-même. Alors qu’il avait établi le record du parcours dans le sens horaire en 21 h 33 min 06 s, il signe cette année un chrono exceptionnel de 21 h 11 min 36 s. Il améliore ainsi sa propre référence de 21 minutes et 30 secondes, un écart considérable sur une course aussi exigeante.
Une gestion de course sans faille, l’atout numéro un de l’âge
Si le physique reste évidemment indispensable, c’est surtout la lecture de course qui distingue Pommeret de la concurrence plus jeune. Dès les premiers kilomètres, le Savoyard s’est installé aux avant-postes. Son principal rival annoncé, le Britannique Tom Evans, est resté au contact pendant plusieurs heures avant de céder progressivement puis d’abandonner au cœur de la nuit américaine.
Une fois seul en tête, loin de se contenter de gérer son avance, il a continué à repousser ses propres limites. À partir de ce moment-là, Pommeret s’est retrouvé seul en tête. Loin de gérer son avance, il a continué à maintenir un rythme exceptionnel.
Cette constance s’est confirmée tout au long de la course. À plusieurs points de contrôle, il comptait déjà plus de vingt minutes d’avance sur son record de 2024. À l’approche de Silverton, cette avance dépassait même la demi-heure, preuve que son allure n’a pratiquement jamais faibli malgré près d’une journée entière passée au-dessus des 3 000 mètres d’altitude.
| Année | Temps réalisé | Statut |
|---|---|---|
| 2024 | 21 h 33 min 06 s | Victoire et premier record du parcours |
| 2025 | Victoire | Deuxième succès consécutif |
| 2026 | 21 h 11 min 36 s | Troisième victoire, record amélioré de 21 min 30 s |
Le vrai secret : connaître la montagne mieux que n’importe qui
Au delà de la performance physique, c’est peut-être dans la préparation que se cache le véritable secret de cette longévité. Cette victoire confirme une nouvelle fois l’importance de la connaissance du terrain sur la Hardrock. Contrairement à certains concurrents misant principalement sur des protocoles scientifiques ou des simulations d’altitude, Ludovic Pommeret avait multiplié les séjours dans le Colorado pour reconnaître le parcours et retrouver les sensations propres à cette montagne très particulière.
Cette approche, construite patiemment au fil des saisons plutôt que par la technologie, semble porter ses fruits année après année. Cette expérience, acquise au fil des années, lui a permis d’aborder les passages les plus techniques avec une sérénité impressionnante, notamment durant la longue nuit américaine où il a encore creusé l’écart.
- Des séjours répétés dans le Colorado pour connaître chaque recoin du parcours
- Une gestion de l’effort qui privilégie la régularité sur la vitesse pure au départ
- Une capacité à accélérer plutôt qu’à simplement gérer son avance en tête de course
- Une expérience de la nuit et de l’altitude accumulée sur plusieurs éditions
- Une préparation fondée sur la connaissance du terrain plutôt que sur la seule performance physique brute
Une place déjà réservée parmi les légendes de la discipline
Ce que réalise Pommeret dépasse désormais le simple exploit sportif ponctuel. Trois victoires consécutives, un nouveau record personnel et une domination totale : Ludovic Pommeret confirme qu’il est devenu l’un des plus grands spécialistes de l’histoire de la Hardrock 100.
Le contexte historique de cette épreuve rend la comparaison d’autant plus flatteuse. Cette course, considérée comme l’un des quatre monuments de l’ultra-trail mondial avec la Western States, l’UTMB et le Grand Raid de La Réunion, a vu triompher des légendes comme Kilian Jornet, François D’Haene ou Karl Meltzer.
Continuer à progresser malgré les années, la vraie leçon de cette victoire
Au final, ce qui restera peut-être le plus marquant de cette performance n’est pas la victoire elle-même, mais ce qu’elle révèle sur la possibilité de continuer à s’améliorer avec l’âge. Le Français ajoute aujourd’hui une nouvelle ligne à son immense palmarès. Et au delà de cette victoire, c’est peut-être ce nouveau record qui marquera le plus les esprits : battre son propre chrono sur une épreuve aussi exigeante, à 51 ans, illustre une capacité exceptionnelle à continuer de progresser malgré les années.
Une leçon précieuse pour tous les passionnés de trail qui pensent que la performance décline nécessairement avec l’âge. Chez Ludovic Pommeret, c’est plutôt l’inverse qui semble se produire, année après année, sur les sentiers les plus exigeants de la planète.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


