Il n’avait pas le palmarès le plus long du plateau, mais il avait peut-être les jambes les plus affûtées du jour. Louison Coiffet, 26 ans, s’est imposé ce week-end sur le 90 km du Marathon du Mont-Blanc 2026 en 9h37’22, au terme d’une bataille épique qui n’a livré son verdict qu’à moins de dix kilomètres de l’arrivée. Une victoire majuscule, construite dans la douleur, qui envoie un signal fort à toute la scène mondiale du trail long.
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Neuf heures de guerre dans la vallée de Chamonix
Pour comprendre l’ampleur de l’exploit, il faut revenir sur la physionomie de la course. Dès les premières ascensions, le groupe de tête ne ressemblait pas à un simple peloton : c’était un plateau de champions. Jonathan Albon, Xavier Thévenard, Baptiste Chassagne, Dmitry Mityaev, Vincent Esmiol… autant de références mondiales qui ont donné à cette édition une densité rarement atteinte sur un 90 km.
Rapidement, cinq hommes se sont disputé la tête : Mityaev, Esmiol, Cristian Minoggio, Ben Dhiman et Coiffet. Les écarts restaient infimes, les positions s’échangeaient à chaque col. À mi-course, le trio Coiffet-Dhiman-Minoggio avait lâché le reste du groupe sans pour autant parvenir à se départager. Quelques secondes seulement les séparaient. Une lutte de haute altitude, tendue à l’extrême, comme on en voit rarement sur ce format.
Un duel à trois qui a tenu en haleine pendant plus de sept heures
| Position | Athlète | Temps |
|---|---|---|
| 🥇 1er | Louison Coiffet | 9h37’22 |
| 🥈 2e | Ben Dhiman | 9h37’52 (+30 sec) |
| 🥉 3e | Cristian Minoggio | À quelques minutes |
Le Plan de l’Aiguille, le tournant de la course
Alors qu’il pointait encore en troisième position après le passage de Montenvers, à environ quinze kilomètres de l’arrivée, Coiffet a changé de vitesse. Littéralement. Sur des jambes qui avaient déjà absorbé plus de huit heures d’effort intense, le Haut-Savoyard a trouvé des ressources que ses adversaires n’avaient plus. Il reprend d’abord Dhiman, puis Minoggio, avant de prendre définitivement la tête au Plan de l’Aiguille au kilomètre 80,9.
À partir de ce point de bascule, plus personne ne peut le rejoindre. Les derniers kilomètres vers Chamonix, il les avalera en solitaire, sous la pression d’un Dhiman qui ne lâche pas, mais sans jamais vaciller. Trente secondes d’avance à l’arrivée sur un coureur de ce calibre, après plus de neuf heures de course partagées : c’est une victoire au mental autant qu’aux jambes.
Ce qui fait la force de Coiffet dans le final
- Gestion de l’effort exemplaire : longtemps en retrait, jamais dans le rouge, avant d’accélérer au bon moment
- Capacité à relancer sur terrain technique : les descentes et montées finales jouent en sa faveur
- Mental de compétiteur : rester dans le coup pendant sept heures sans céder à la panique ni à la fatigue
- Connaissance du terrain : le Haut-Savoyard évolue dans son jardin, un avantage non négligeable sur un tracé aussi exigeant
Une trajectoire qui ne trompe pas
Ce succès n’est pas sorti de nulle part. Déjà deuxième sur ce même 90 km en 2023, Louison Coiffet avait franchi un cap supplémentaire en décrochant la médaille d’argent aux Mondiaux de trail long en 2025. La progression est linéaire, maîtrisée, sans coup de bluff. À 26 ans, il entre dans la catégorie des coureurs qui ne font plus figure de promesses : ils font désormais partie du paysage au même titre que les plus grands.
Face à un plateau qui réunissait les meilleurs spécialistes mondiaux du format long, battre Dhiman et Minoggio, deux références absolues du circuit, c’est une validation en bonne et due forme. Son nom rejoint celui des vainqueurs historiques du Marathon du Mont-Blanc, l’une des courses les plus mythiques du calendrier de montagne. Pas mal pour un gamin de 26 ans.
Le Marathon du Mont-Blanc, toujours au sommet
Au-delà du résultat, cette édition 2026 restera dans les mémoires pour la qualité du spectacle offert. Le Marathon du Mont-Blanc confirme une fois de plus son statut de rendez-vous incontournable du trail mondial. La combinaison des paysages alpins spectaculaires, de l’altitude et d’un tracé qui ne pardonne rien en fait une épreuve à part, celle où les champions révèlent leur vraie nature.
Chamonix a vibré une nouvelle fois au rythme de ces athlètes hors normes. Et si la victoire de Coiffet marque les esprits par son côté tardif et spectaculaire, elle illustre surtout ce que le trail long a de plus beau : rien n’est joué avant les derniers kilomètres, et les plus forts ne sont pas toujours ceux qu’on attendait en premier.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


