À mi-course du 90 km du Marathon du Mont-Blanc 2026, Louison Coiffet tient la tête et semble tenir la course dans sa poche. Le Français ne suit plus, il dicte. À ce stade de l’effort, sur l’un des terrains les plus brutaux du calendrier mondial, c’est un signal fort.
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Le 90 km du Mont-Blanc, un monstre de montagne
Le 90 km du Marathon du Mont-Blanc n’est pas une simple course longue. Avec ses 86,8 km de parcours et plus de 6 200 mètres de dénivelé positif, l’épreuve tourne autour de la vallée de Chamonix dans toute sa splendeur verticale. Les coureurs avalent successivement le Brévent, Emosson, la Tête aux Vents et Montenvers avant de plonger vers la ligne d’arrivée.
Ce n’est pas la distance seule qui fait mal. Les descentes techniques laminent les quadriceps, le terrain exige une lecture permanente du sol, et la gestion de l’énergie sur la seconde moitié de parcours est souvent celle qui décide du vainqueur. Chaque édition a son lot de retournements de situation.
Un départ dans le noir, une course au scénario haletant
Le coup d’envoi a été donné à 4 h 45 du matin à Chamonix. Dès les premiers kilomètres, la tête de course a été animée par un groupe compact et relevé : Dmitry Mityaev, Vincent Esmiol, Cristian Minoggio se sont relayés aux avant-postes, tandis que Jonathan Albon, Baptiste Chassagne, Ben Dhiman et Louison Coiffet ne lâchaient pas le fil. Pendant près de cinq heures, quelques secondes seulement séparaient les têtes de course.
Coiffet impose son rythme à mi-course
Au passage du Châtelard à 44,5 km, le tableau change. Louison Coiffet s’affirme comme le plus solide du trio de tête aux côtés de Ben Dhiman et Cristian Minoggio. Propre en descente, puissant en montée, il n’accuse aucune faiblesse visible après cinq heures d’effort intense en haute montagne.
Derrière lui, Baptiste Chassagne pointe à un peu plus de deux minutes. Plus significatif encore : Jonathan Albon, pourtant grand favori annoncé de cette édition, accuse désormais plus de cinq minutes de retard. L’écart n’est pas rédhibitoire à ce stade, mais la dynamique parle d’elle-même.
Ce que ces chiffres traduisent vraiment
| Coureur | Position à mi-course | Écart avec Coiffet |
|---|---|---|
| Louison Coiffet | 1er | Leader |
| Baptiste Chassagne | Derrière | +2 min |
| Jonathan Albon | Derrière | +5 min |
Louison Coiffet, une ascension logique vers le sommet
Rien de tout ça n’est le fruit du hasard. Vice-champion du monde de trail long en 2025, Louison Coiffet a progressé avec une cohérence remarquable depuis deux saisons. Kinésithérapeute installé dans les Hautes-Alpes, il a construit son profil de coureur sur les distances verticales avant d’élargir son registre vers l’ultra.
Sa 2e place sur ce même 90 km en 2023 lui avait déjà valu une belle carte de visite sur ce parcours. Depuis, il a pulvérisé le record de l’Ultra Trail di Corsica, remporté le Tour des Fiz, et s’est imposé comme l’un des visages les plus sérieux du trail français de haut niveau. Le connaître sur ce parcours n’est pas un détail : les hommes qui gagnent ici sont souvent ceux qui en maîtrisent les pièges.
Les qualités qui font la différence en haute montagne
Sur un format aussi long et aussi technique, voici ce qui distingue Coiffet du reste du peloton aujourd’hui :
- Solidité en montée : aucun signe de faiblesse sur les ascensions, même après des heures d’effort
- Propreté technique en descente : sur des sentiers cassants, la précision du pied est un avantage décisif
- Gestion du rythme : il ne s’est pas laissé emporter par les premières heures, il a joué la carte de la constance
- Connaissance du parcours : une expérience précieuse sur les sections à venir
- Tête froide : aucune précipitation, une course maîtrisée qui ressemble davantage à une démonstration qu’à une bagarre
Attention, 40 kilomètres de montagne ça ne pardonne pas
Toute la lucidité du monde oblige à rappeler qu’il reste encore plus de 40 kilomètres avant l’arrivée à Chamonix. Les secteurs d’Emosson, de la Tête aux Vents et la montée finale vers Montenvers ont régulièrement redistribué les cartes dans les dernières éditions. Une crampe, un mauvais ravitaillement, un passage glissant mal négocié, et le classement peut basculer.
Jonathan Albon, malgré son retard, reste un compétiteur d’expérience capable de tout relancer si Coiffet venait à fléchir. Baptiste Chassagne, lui, est à portée de fusil. Mais ce qui se passe aujourd’hui à mi-course, c’est que Louison Coiffet n’est plus en train de courir derrière les favoris. Il est le favori. Et ça, sur le 90 km du Mont-Blanc, ça change tout à l’histoire de la course.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


