La réponse tient en une phrase : selon Théo Detienne, révélation de l’UTMB 2025, la moitié des favoris de l’UTMB 2026 pourrait avoir jeté l’éponge avant même d’atteindre Courmayeur, à 80 kilomètres de course. Une prédiction forte, livrée dans le podcast Course Epique, qui relance le débat sur la gestion d’effort face à un plateau qui s’annonce parmi les plus denses de l’histoire de la course.
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Sommaire
Un plateau exceptionnel pour l’édition 2026

Le rendez-vous est fixé : le 28 août 2026, les concurrents s’élanceront de Chamonix pour affronter le tour complet du massif du Mont-Blanc, entre la France, l’Italie et la Suisse. La course reine du HOKA UTMB Mont-Blanc s’étend sur près de 174 kilomètres, ponctués d’un dénivelé qui dépasse les 9 900 mètres.
Ce qui frappe surtout, avant même le coup de feu, c’est la densité du plateau annoncé. Le retour tant attendu de Kilian Jornet, associé à la présence de coureurs comme Tom Evans, Ben Dhiman ou encore Jon Albon, promet une bataille d’entrée de jeu peu commune sur ce type de format.
Pourquoi ce niveau change tout
Sur un ultra-trail de cette ampleur, plus il y a de coureurs capables de viser la victoire, plus la tentation de rester au contact est grande dès les premiers kilomètres. C’est précisément ce phénomène que pointe Théo Detienne : un rythme d’entame trop soutenu, dicté par la peur de laisser filer un rival, qui finit par user les organismes avant l’heure.
La prédiction de Théo Detienne sur les favoris

Dans son intervention, le jeune Français a livré une analyse tranchée sur ce qui pourrait se jouer dans la première partie de course. Il imagine un scénario nerveux, presque explosif, jusqu’à l’arrivée en Italie, où selon lui « la moitié des favoris abandonnera à Courmayeur ».
Il va plus loin en évoquant un précédent connu de tous les suiveurs de la discipline : celui de l’édition remportée par un outsider alors que plusieurs grands noms avaient disparu très tôt de la course pour la victoire. Un scénario qu’il juge tout à fait reproductible cette année, tant le début de parcours pourrait être disputé à haute intensité.
Une analyse forgée par l’expérience
Cette prise de position n’est pas anodine venant de lui. L’an dernier, à seulement 23 ans, Théo Detienne avait mené l’UTMB pendant près de 100 kilomètres avant de devoir renoncer. Son abandon n’était pas lié à une gestion hasardeuse de l’effort, mais à deux chutes survenues dès les premiers cols enneigés, qui lui avaient occasionné une blessure à la hanche progressivement irréversible pour la suite de la course.
Cette expérience personnelle, vécue de l’intérieur en tête de course, lui donne aujourd’hui une lecture très concrète de ce qu’un rythme d’ouverture trop rapide peut provoquer sur l’ensemble d’un peloton d’élite.
Qui sont les grands favoris de l’UTMB 2026
Le plateau 2026 réunit plusieurs profils capables de viser le podium, avec des statuts et des points d’interrogation bien différents selon les parcours de chacun.
- Kilian Jornet : quadruple vainqueur de l’épreuve, il fait un retour très attendu après plusieurs années d’absence sur cette course précise.
- Tom Evans : tenant du titre, reconnu pour sa gestion d’effort maîtrisée sur la distance.
- Jim Walmsley : ancien vainqueur et recordman de l’épreuve, sa présence reste toutefois à confirmer.
- Ben Dhiman : deuxième de la dernière édition, en pleine progression sur le circuit international.
- Jon Albon : profil complet, mais avec moins de références directes sur ce format précis.
- Mathieu Blanchard : grande expérience des ultra-distances, ancien podium de l’épreuve.
- Théo Detienne : révélation de la dernière édition, qui doit désormais prouver sa capacité à conclure une course de ce niveau.
| Coureur | Atout principal | Principale incertitude |
|---|---|---|
| Kilian Jornet | Expérience et palmarès sur la course | Longue absence sur ce format précis |
| Tom Evans | Tenant du titre, gestion d’effort solide | Plateau encore plus relevé qu’en 2025 |
| Ben Dhiman | Dynamique de progression continue | Confirmer sur un niveau supérieur |
| Jon Albon | Polyvalence sur les terrains techniques | Peu de références directes sur ce format |
| Théo Detienne | Capacité à tenir un rythme de tête | Aller au bout d’un 176 km au plus haut niveau |
Le cas particulier de Théo Detienne lui-même
La question mérite d’être posée directement à celui qui l’a soulevée : appliquera-t-il à lui-même l’analyse qu’il formule aujourd’hui ? Depuis son abandon de l’an dernier, sa saison entière a été construite autour d’un seul objectif, revenir à Chamonix dans les meilleures dispositions possibles.
Sa préparation semble avoir suivi une trajectoire cohérente. Une place dans le top 10 lors d’un ultra en mai, sans viser un pic de forme à ce moment précis de la saison, puis une victoire maîtrisée sur une course de référence dans le massif quelques semaines plus tard, confirment une montée en puissance progressive vers l’échéance du mois d’août.
Reste à savoir, une fois sur la ligne de départ, s’il choisira de temporiser dans les premiers kilomètres pour laisser le rythme de tête se réguler seul, ou s’il se laissera à nouveau porter par l’intensité du début de course. Son expérience de 2025 pourrait justement le pousser vers plus de prudence dans la gestion des premières heures.
Un scénario à surveiller de près
Difficile de dire aujourd’hui si cette prédiction se vérifiera sur le terrain. Les ultra-trails de très haut niveau réservent souvent leur lot de surprises, et la frontière entre audace tactique et imprudence reste mince sur un parcours aussi exigeant que celui du Mont-Blanc.
Ce qui est certain, c’est que la première portion de course, jusqu’à Courmayeur, sera scrutée avec une attention particulière cette année. Les passionnés de trail auront de quoi suivre les écarts de rythme en direct, entre les prétendants annoncés et les outsiders qui pourraient, une fois encore, tirer profit d’une bataille d’ego trop précoce entre favoris.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


