Le départ de la Hardrock 100 2026 est donné ce vendredi 10 juillet à 6 heures à Silverton, dans le Colorado, soit 14 heures en France. Les meilleurs coureurs sont attendus un peu plus de 24 heures plus tard, au terme de 165 kilomètres et plus de 10 000 mètres de dénivelé positif à travers les montagnes San Juan. Cette édition s’annonce particulièrement relevée, entre Ludovic Pommeret qui défend son titre, Tom Evans qui découvre l’épreuve, et Courtney Dauwalter en position de grande favorite chez les femmes.
Retour complet sur ce rendez-vous mythique de l’ultra-trail mondial, ses enjeux, ses favoris et les conditions attendues sur ce parcours réputé parmi les plus exigeants de la planète.

Sommaire
- 1 Un parcours d’altitude unique dans le paysage du trail
- 2 Un dossard presque plus difficile à obtenir qu’à courir
- 3 Chez les hommes, Pommeret attendu face à Evans
- 4 Chez les femmes, Dauwalter en position de force
- 5 Une météo globalement favorable, sous surveillance
- 6 Comment suivre la progression des coureurs
- 7 Les sujets tendances
Un parcours d’altitude unique dans le paysage du trail
Ce qui rend la Hardrock si particulière tient avant tout à son terrain. Créée en 1992, la Hardrock 100 traverse les montagnes San Juan, dans le Colorado, sur un parcours de 102,5 miles, soit 165 kilomètres, et plus de 10 000 mètres de dénivelé positif, avec un départ et une arrivée à Silverton, petite ville minière perchée à plus de 2 800 mètres.
L’altitude constitue le véritable juge de paix de cette course. Les coureurs franchiront treize sommets à plus de 3 700 mètres, avec un point culminant à Handies Peak, au-dessus de 4 200 mètres. L’altitude moyenne de la course avoisine les 3 400 mètres, un niveau quasiment unique parmi les grandes classiques de l’ultra-trail.
Pour mesurer l’ampleur de cette singularité, la comparaison avec une autre référence mondiale s’impose. À titre de comparaison, l’UTMB évolue entre 770 et 2 560 mètres, pour une altitude moyenne d’environ 1 740 mètres. Un écart considérable qui explique pourquoi la préparation en altitude devient presque incontournable pour viser le haut du classement.
Un sens de course qui change la donne tous les deux ans
Autre particularité de cette course : son sens de parcours alterne d’une année sur l’autre. Comme une année sur deux, cette édition se disputera dans le sens horaire, résumé par les habitués d’une formule bien connue, « up the walls and down the ramps ». Des montées plus courtes, mais plus raides, avant de longues descentes plus roulantes. Un profil qui demande une gestion de course très différente selon l’année.
Voir la startlist de la Hardrock ici !
Un dossard presque plus difficile à obtenir qu’à courir
Avant même de parler de course, il faut évoquer la rareté du privilège de s’aligner sur cette ligne de départ. Cette année, 147 coureurs prendront le départ, tirés au sort parmi 2 747 candidats. Un chiffre qui dit aussi la difficulté d’obtenir un dossard sur la Hardrock.
Les conditions d’accès à la loterie ne laissent d’ailleurs que peu de place à l’improvisation. Avant même d’entrer dans la loterie, il faut avoir terminé un ultra particulièrement exigeant, UTMB, Tor des Géants, Diagonale des Fous, Swiss Alps 160, Ultra Tour Monte Rosa, Ultra-Trail Cape Town, et justifier d’au moins huit heures de bénévolat sur une course.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Distance | 165 km (102,5 miles) |
| Dénivelé positif | Plus de 10 000 mètres |
| Altitude moyenne | Environ 3 400 mètres |
| Point culminant | Handies Peak, plus de 4 200 mètres |
| Départ / Arrivée | Silverton, Colorado |
| Nombre de dossards | 147 coureurs, tirés au sort parmi 2 747 candidats |
Chez les hommes, Pommeret attendu face à Evans

Sur la ligne de départ masculine, un nom s’impose naturellement au centre des discussions. Chez les hommes, tous les regards seront tournés vers Ludovic Pommeret. À 50 ans, le Français revient défendre son titre après avoir remporté l’édition 2025 et l’édition 2024, là où il avait fait tomber le record de Kilian Jornet.
Sa préparation n’a rien laissé au hasard. Installé depuis un mois dans le Colorado afin de reconnaître le parcours et de s’acclimater à l’altitude, il mise une nouvelle fois sur son immense expérience des longues courses alpines et tentera de battre son propre record, établi en 21 heures 33 minutes.
Face à lui, un adversaire de poids découvre pourtant ce terrain pour la première fois. Tom Evans disputera sa première Hardrock. Le Britannique n’en reste pas moins l’un des hommes les plus redoutables du circuit, avec des victoires sur la Western States en 2023 et l’UTMB en 2025, une deuxième place au Lavaredo Ultra Trail en 2024 et une troisième à la Transvulcania la même année.
L’enjeu dépasse la simple victoire du jour pour le Britannique. En cas de succès, il ne lui manquerait plus que la Diagonale des Fous pour rejoindre le cercle très fermé des coureurs ayant remporté les quatre monuments de l’ultra-trail, aux côtés notamment de Kilian Jornet, Courtney Dauwalter et Katie Schide.
Les autres noms à surveiller côté masculin
- Jimmy Elam, auteur de six victoires consécutives sur des ultras de montagne américains
- David Ayala, quatrième de l’édition précédente
- Jason Schlarb, co-vainqueur de l’épreuve en 2016
- Mathieu Blanchard, dont la participation reste entourée de mystère après un simple message énigmatique sur les réseaux sociaux
Derrière le duo de tête, ces coureurs pourraient parfaitement venir perturber les plans des favoris annoncés, sur un parcours où l’expérience de l’altitude compte souvent autant que la vitesse pure.
Chez les femmes, Dauwalter en position de force

Côté féminin, l’absence d’une grande championne change sensiblement la physionomie de la course. L’absence de Katie Schide, blessée au pied, change considérablement la donne. L’Américaine avait remporté l’édition 2025 en 25 h 50, établissant au passage le record absolu de la Hardrock dans le sens antihoraire.
Dans ce contexte, une autre habituée du podium prend logiquement la position de favorite. Triple vainqueure de l’épreuve en 2022, 2023 et 2024, Courtney Dauwalter revient avec un objectif de victoire et pour améliorer son record du parcours dans le sens horaire, établi en 26 h 11 lors de son succès en 2024.
Après une saison 2025 plus délicate, marquée par un abandon au Cocodona 250 puis une dixième place à l’UTMB, l’Américaine semble avoir retrouvé son meilleur niveau. Elle a d’ailleurs enchaîné une victoire sur le Chianti 120K puis une deuxième place au Cocodona 250. Installée dans le Colorado, elle connaît parfaitement le terrain, et a choisi cette année de courir sans pacer, pour simplifier sa gestion de course.
Une concurrence discrète mais bien réelle
Malgré l’absence de tête d’affiche équivalente à Dauwalter, plusieurs concurrentes pourraient créer la surprise. Careth Arnold, victorieuse de la TDS en 2025, vit elle aussi en altitude et a même renoncé à un Golden Ticket pour la Western States afin de se consacrer entièrement à la Hardrock.
Tara Dower, de son côté, tentera l’enchaînement particulièrement ambitieux Western States-Hardrock en moins de deux semaines, un doublé que seule Dauwalter est parvenue à réussir lors de son mythique triplé Western States, Hardrock et UTMB en 2023. Kaci Lickteig et Aliza Lapierre complètent la liste des prétendantes à surveiller de près.
Une météo globalement favorable, sous surveillance
Sur le plan des conditions extérieures, cette édition se présente sous un jour plutôt clément, avec toutefois un point de vigilance. Contrairement à certaines éditions, la neige sera quasiment absente du parcours cette année. En revanche, les organisateurs surveillent de près plusieurs incendies autour d’Ouray et de Silverton.
À ce stade, aucun secteur de la course n’est menacé, mais la qualité de l’air pourrait évoluer selon les fumées transportées dans les vallées. Les prévisions annoncent enfin une journée chaude et sèche, avec peu de vent et un risque orageux limité, des conditions a priori favorables à condition que la fumée reste à distance.
Comment suivre la progression des coureurs
Pour tous les passionnés qui souhaitent suivre l’évolution de la course heure par heure, le suivi se découpe en plusieurs temps forts répartis sur les deux jours de course :
- Jour 1, du départ jusqu’au début d’après-midi
- Jour 1, du début d’après-midi jusqu’au coucher de soleil
- Nuit 1, du coucher de soleil au petit matin
- Jour 2, du lever de soleil au début d’après-midi
- Jour 2, du début d’après-midi au coucher du soleil
Ce découpage permet de suivre les positions clés de la course, les passages aux ravitaillements et les éventuels retournements de situation qui font souvent la particularité de ce type d’épreuve sur plus de 24 heures d’effort. Entre l’expérience de Pommeret, la polyvalence d’Evans et la solidité de Dauwalter, cette édition 2026 s’annonce comme l’une des plus disputées de l’histoire récente de la Hardrock, un rendez-vous que la communauté de l’ultra-trail ne voudra manquer sous aucun prétexte.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


