Après avoir couru plus de 80 kilomètres avec les Salomon Ultra Flow, je peux affirmer sans détour qu’elles méritent amplement leur place dans le vestiaire des traileurs recherchant le confort avant tout. Affichées à 91€ au lieu de 130€, ces chaussures d’ultra-distance combinent un amorti généreux, une polyvalence étonnante et une durabilité qui m’a franchement impressionné. Le verdict ? Un excellent choix pour avaler les kilomètres sans souffrir, même si la réactivité n’atteint pas celle des modèles racing.
Sommaire
- 1 Première impression : la Salomon Ultra Flow en quelques mots
- 2 Analyse technique détaillée de la chaussure
- 3 Mon retour d’expérience sur le terrain
- 4 Ce qui m’a vraiment convaincu avec l’Ultra Flow
- 5 Les aspects perfectibles de la chaussure
- 6 Pour quel profil de coureur ?
- 7 Profils à éviter avec ce modèle
- 8 Comment entretenir ses Hoka Ultra Flow ?
- 9 Les sujets tendances
Première impression : la Salomon Ultra Flow en quelques mots

Dès la sortie de la boîte, ces chaussures m’ont surpris par leur légèreté relative pour un modèle orienté confort. Le design reste sobre, presque trop classique diraient certains, mais l’ergonomie saute aux yeux. La tige en 3D Mesh respire immédiatement confiance avec ses renforts bien placés sans pour autant alourdir l’ensemble. On sent déjà à la manipulation que Salomon a voulu créer une vraie machine à kilomètres.
Un positionnement clair sur le marché
L’Ultra Flow se positionne frontalement face aux coureurs d’ultra-distance qui enchaînent 2 à 3 sorties hebdomadaires. Salomon ne cherche pas ici à séduire les compétiteurs affamés de chrono. La marque annoise assume totalement sa volonté de créer une chaussure où le confort domine la performance explosive. Cette honnêteté mérite d’être saluée dans un marché parfois noyé sous les promesses marketing douteuses.
Analyse technique détaillée de la chaussure
Rentrons dans le vif du sujet avec les caractéristiques qui font vraiment la différence sur le terrain. J’ai décortiqué chaque composant durant mes sorties pour comprendre comment cette Ultra Flow se comporte réellement.
La tige
Le 3D Mesh ouvert fait des merveilles niveau ventilation. Même lors de mes sorties estivales à 28°C, mes pieds n’ont jamais connu cette sensation d’étouffement désagréable. La technologie SensiFIT enveloppe latéralement le pied depuis la semelle jusqu’au laçage, créant un chaussant presque sur-mesure. Cette construction m’a bluffé : aucun point de compression inutile, juste un maintien franc qui rassure dans les passages techniques.
Les renforts synthétiques restent minimalistes, concentrés uniquement sur les zones stratégiques. Résultat : un poids maîtrisé sans sacrifier la protection essentielle. La languette reste bien en place durant l’effort, détail qui peut sembler anodin mais qui évite ces irritations frustrantes sur longue distance.
Semelle intermédiaire
Ici réside le cœur de l’expérience Ultra Flow. La mousse optiFOAM développée par Salomon délivre un amorti que je qualifierais de moelleux sans être mou. Chaque foulée encaisse les chocs avec une douceur appréciable, surtout après le 30ème kilomètre quand la fatigue commence à se faire sentir. Le drop de 6mm favorise une attaque médio-pied naturelle sans forcer une transition brutale pour les habitués de drops plus élevés.
Cet amorti maximal montre rapidement ses limites sur terrains ultra-roulants où l’on cherche du dynamisme. La restitution d’énergie reste modeste comparée aux mousses modernes type TPU. Mais rappelons-le : ce n’est clairement pas l’objectif de cette chaussure.
Semelle externe
Salomon équipe l’Ultra Flow de sa gomme All Terrain ContagRIP avec des crampons de 3,5mm. Cette profondeur intermédiaire traduit parfaitement l’ADN polyvalent du modèle. J’ai pu enchaîner sections bitumées et sentiers forestiers sans jamais ressentir d’inadéquation flagrante.
Sur chemins humides, la gomme reste collante et inspire confiance. Les crampons multidirectionnels assurent une motricité correcte même si je déconseille ces chaussures pour des trails vraiment techniques avec passages boueux profonds. Dans ces conditions extrêmes, mieux vaut se tourner vers une Speedcross ou équivalent.
Mon retour d’expérience sur le terrain

J’ai mis ces Ultra Flow à l’épreuve dans des conditions variées : trails forestiers vallonnés, sorties longues mixtes route-sentier, et même une sortie pluvieuse histoire de tester l’adhérence en conditions dégradées.
Confort sur longue distance
Là où ces chaussures excellent véritablement, c’est dans leur capacité à préserver vos pieds kilomètre après kilomètre. Lors d’une sortie de 42km avec 1200m D+, mes pieds sont sortis sans ampoule ni point de friction notable. L’amorti généreux absorbe les chocs répétés avec une constance remarquable, même en fin de course quand la technique se dégrade.
Le chaussant SensiFIT maintient l’arrière-pied sans compression excessive, évitant cette sensation d’étau qui peut apparaître sur certaines chaussures trail après plusieurs heures. L’avant-pied dispose d’un volume standard suffisant pour accommoder un léger gonflement naturel durant l’effort prolongé.
Respirabilité
Par 25°C et plus, la ventilation du mesh 3D fait franchement la différence. Mes pieds restent étonnamment secs même lors des passages en plein soleil. Cette respirabilité évite la macération désagréable qui favorise ampoules et mycoses sur les ultras. Point non négligeable : le séchage post-sortie s’effectue rapidement, pratique lors d’enchaînements d’entraînements rapprochés.
Dynamisme et réactivité
Soyons francs : si vous cherchez à battre votre record sur 10km trail, passez votre chemin. La mousse optiFOAM privilégie l’absorption des chocs au détriment du rebond. Lors de mes tentatives d’accélération sur portions roulantes, j’ai ressenti cette sensation de « courir dans du coton » que procurent les grosses chaussures amortissantes.
Cette caractéristique devient moins problématique sur ultra où la vitesse n’est de toute façon pas l’objectif premier. Le rythme tranquille des longues distances se marie parfaitement avec le profil de cette chaussure. Simplement, ne vous attendez pas à des sensations de réactivité comparables aux modèles racing actuels.
Ce qui m’a vraiment convaincu avec l’Ultra Flow

Au-delà des specs techniques, certains aspects pratiques méritent d’être soulignés car ils impactent directement l’expérience utilisateur au quotidien.
Une durabilité surprenante
Après 80 kilomètres d’utilisation mixte, l’usure reste contenue. La gomme ContagRIP montre une résistance exemplaire à l’abrasion malgré mes passages réguliers sur bitume. Les renforts de la tige tiennent bon, sans signe de délaminage ou d’effilochage prématuré. À ce rythme, je table sur une longévité dépassant les 500 kilomètres sans souci majeur.
Cette solidité rassure financièrement, surtout au tarif promotionnel actuel de 91€. Le rapport durabilité-prix devient alors excellent pour un modèle trail de cette qualité.
Un maintien sécurisant sans être contraignant
L’équilibre entre liberté de mouvement et tenue du pied me semble particulièrement bien dosé. Contrairement à certaines chaussures qui enserrent excessivement ou d’autres qui laissent flotter le pied, l’Ultra Flow trouve un juste milieu appréciable. Dans les descentes techniques, l’arrière-pied reste calé sans glissement dans le chausson.
Les orteils disposent d’espace suffisant pour s’étaler naturellement à chaque impact. Aucune sensation d’écrasement désagréable, même après plusieurs heures de course continue. Ce confort structurel évite beaucoup de désagréments classiques des longues sorties.
Polyvalence route-trail
Pouvoir partir de chez soi en courant sur asphalte puis basculer sur sentiers sans changer de chaussures simplifie considérablement la logistique des sorties. L’Ultra Flow gère ce mix avec une aisance remarquable. Sur route, l’amorti se montre plus que confortable sans paraître excessif. Sur sentiers, l’accroche suffit largement pour la majorité des parcours non-techniques.
Cette polyvalence séduira particulièrement les coureurs vivant en périphérie urbaine qui doivent traverser des portions bitumées avant de rejoindre leurs trails favoris.
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Aucune chaussure n’est parfaite, et l’Ultra Flow présente quelques limites qu’il convient d’évoquer honnêtement.
Un style qui manque d’audace
Autant le dire directement : visuellement, ces Salomon ne révolutionnent rien. Le design reste sage, presque conservateur comparé aux modèles actuels qui rivalisent d’audace esthétique. Les coloris disponibles jouent la carte de la sobriété, ce qui plaira aux minimalistes mais décevra ceux cherchant une chaussure qui attire l’œil.
Personnellement, ce classicisme ne me dérange pas outre mesure. Une chaussure performante dans un habit discret vaut mieux qu’une basket clinquante décevante sur le terrain. Mais je comprends que certains coureurs attachent de l’importance à cet aspect.
Une réactivité en retrait
J’ai déjà évoqué ce point mais il mérite d’être répété : la réponse dynamique de la mousse optiFOAM ne rivalise pas avec les technologies actuelles haut de gamme. Sur portions rapides, ce manque de nervosité se fait sentir. Les relances demandent plus d’effort musculaire qu’avec des chaussures équipées de plaques carbone ou de mousses haute performance.
Cette caractéristique limite l’utilisation des Ultra Flow aux allures modérées à moyennes. Pour du fractionné trail ou des courses courtes rythmées, d’autres modèles seront plus appropriés.
Protection limitée en terrain vraiment technique
La semelle intermédiaire offre une protection correcte mais non exceptionnelle contre les aspérités rocheuses. Lors de passages sur pierriers instables, j’ai parfois ressenti les arrêtes vives sous le pied. Rien d’insupportable, mais la sensation reste présente, contrairement à des modèles équipés de plaques anti-perforation rigides.
Pour les trails alpins très techniques avec portions rocheuses prolongées, cette limite peut devenir gênante. L’Ultra Flow trouve davantage son terrain d’expression sur sentiers forestiers et chemins non-extrêmes. Elle est vraiment géniale, tout comme la Salomon Wattara je dirai.
Pour quel profil de coureur ?
Définissons clairement les utilisateurs qui tireront le meilleur parti de ces chaussures, car la réussite d’un achat dépend largement de l’adéquation entre produit et besoin.
Le trailer amateur qui privilégie le plaisir
Si vous sortez 2 à 3 fois par semaine sans obsession chronométrique, ces Salomon deviendront rapidement vos meilleures alliées. Elles permettent d’enchaîner les kilomètres dans un confort rassurant, sans cette fatigue plantaire excessive que provoquent certaines chaussures minimalistes ou racing.
L’amateur qui part pour le plaisir de courir en nature appréciera particulièrement ce cocon protecteur qui laisse les jambes fraîches même après de longues sorties.
L’ultra-traileur en quête de fiabilité
Les coureurs visant des formats ultras (50km et plus) trouveront dans l’Ultra Flow une option sérieuse. La durabilité, le confort prolongé et la polyvalence correspondent exactement aux attentes de ce type d’épreuves où fiabilité rime avec performance.
La capacité à parcourir 40, 50 ou 60 kilomètres sans développer d’ampoules ni souffrir outre mesure constitue un atout majeur sur ces formats. L’absence de réactivité explosive devient alors secondaire face au confort global.
Le coureur lourd cherchant de l’amorti
Avec un gabarit dépassant 75-80kg, l’amorti maximal de l’optiFOAM prend tout son sens. La mousse absorbe efficacement les impacts répétés, préservant articulations et tendons sur le long terme. Les coureurs plus lourds apprécieront cette protection accrue qui réduit les risques de blessures liées aux micro-traumatismes répétés.
Profils à éviter avec ce modèle
Inversement, certains coureurs devraient s’orienter vers d’autres options plus adaptées à leur pratique.
- Les compétiteurs recherchant la performance pure : l’Ultra Flow manque de nervosité pour viser des chronos agressifs
- Les minimalistes habitués aux drops faibles : les 6mm et l’amorti généreux représentent un changement radical
- Les adeptes de trails ultra-techniques : protection insuffisante face aux terrains vraiment engagés
- Les coureurs légers cherchant des sensations directes : l’amorti filtrera trop les retours de terrain
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Comment entretenir ses Hoka Ultra Flow ?

Quelques recommandations pratiques pour maximiser la longévité et les performances de vos Ultra Flow.
Rodage progressif conseillé
Même si le chaussant semble confortable immédiatement, je recommande un rodage sur 2-3 sorties courtes avant de partir sur un ultra. Cette adaptation permet au pied de s’habituer au maintien spécifique du SensiFIT et à l’amorti de l’optiFOAM. Certaines zones de friction légères peuvent apparaître initialement puis disparaître après quelques utilisations.
Entretien pour préserver la durabilité
Après chaque sortie boueuse, un rinçage à l’eau claire suffit. La tige mesh sèche rapidement, évitant les mauvaises odeurs. Je déconseille formellement le passage en machine qui risque de dégrader prématurément les colles et les renforts. Un brossage doux avec une brosse à poils souples élimine efficacement la terre sèche incrustée.
Pour le séchage, privilégiez un emplacement aéré à température ambiante. Bannissez radiateurs et autres sources de chaleur directe qui fragilisent les matériaux synthétiques et accélèrent le vieillissement de la mousse.
Quand remplacer vos chaussures ?
Surveillez principalement trois indicateurs :
- Usure visible de la gomme : quand les crampons centraux atteignent 50% de leur hauteur initiale
- Affaissement de la mousse : perte notable de rebond et d’amorti, sensation d’aplatissement
- Déformation de la tige : apparition de plis permanents ou décollement des renforts
Au-delà de 500 kilomètres, même sans signes évidents d’usure, les propriétés amortissantes se dégradent progressivement. Continuer avec des chaussures fatiguées augmente les risques de blessures articulaires.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.



