C’est officiel : Kilian Jornet sera au départ de l’UTMB Mont-Blanc le 28 août 2026. Après avoir appelé au boycott de la course en 2023, le Catalan de 38 ans a annoncé le 23 février 2026 un calendrier de rêve : Western States, Sierre-Zinal, puis Chamonix en point d’orgue. Un retour sportif majeur, mais surtout un acte qui soulève des questions bien au-delà du trail.
Sommaire
- 1 Le contexte : trois ans de rupture avec l’UTMB
- 2 Janvier 2024 : quand le boycott prend une dimension nationale
- 3 La chronologie du retour : de mars 2025 à février 2026
- 4 Les raisons sportives : un retour logique et calibré
- 5 La contradiction que personne ne peut ignorer
- 6 Trois lectures possibles de ce retour
- 7 Ce que son retour change pour l’UTMB 2026
- 8 FAQ
- 9 Les sujets tendances
Le contexte : trois ans de rupture avec l’UTMB

Pour comprendre ce retour, il faut rembobiner jusqu’à l’été 2023. L’UTMB annonce officiellement son partenariat avec Dacia. La réaction ne tarde pas : une grande partie de la communauté trail s’interroge sur la cohérence entre une course ancrée dans la montagne et une marque automobile. Les accusations de greenwashing par le sponsoring circulent immédiatement. Et dans ce climat, Kilian Jornet prend position publiquement. Il n’émet pas une simple réserve ou une nuance prudente — il appelle au boycott.
Pour un athlète de son statut, un tel geste pèse. Sa parole dépasse le simple commentaire : elle installe une ligne, elle engage une posture. Elle offre aussi un point d’appui à toute la frange de la communauté trail qui s’interrogeait déjà sur la trajectoire commerciale du circuit mondial.
Janvier 2024 : quand le boycott prend une dimension nationale
En début d’année 2024, la tension monte encore d’un cran. Protect Our Winters publie une prise de position très relayée appelant explicitement à boycotter l’UTMB et l’ensemble de la World Series. Le sujet n’est plus circonscrit à un partenaire automobile. Il touche au modèle dans sa globalité : croissance, branding international, Ironman derrière, logique de rareté via les Running Stones, place des coureurs non-élites, coûts croissants d’inscription.
L’UTMB répond en défendant sa stratégie RSE et en affirmant ouvrir un dialogue avec certains acteurs. La polémique entre dans la presse généraliste. Ce n’est plus seulement un débat entre trailers : c’est une question de société sur l’industrialisation d’un sport qui se définissait autrefois par sa liberté et sa sobriété.
La chronologie du retour : de mars 2025 à février 2026

Mars 2025 : des discussions en coulisses
La bascule ne s’est pas faite brutalement. En mars 2025, plusieurs sources indiquent que Kilian Jornet échange en off avec l’organisation de l’UTMB depuis plusieurs mois. Pas d’annonce officielle, pas d’engagement formel, mais le simple fait que ces discussions existent signifie que le dialogue n’a jamais été totalement rompu. La fracture était publique, mais les ponts n’avaient pas disparu.
Novembre 2025 : « on verra… » suffit à relancer tout le débat
Dans un entretien accordé à L’Équipe le 19 novembre 2025, Jornet évoque son calendrier 2026. Il explique vouloir se recentrer sur des compétitions européennes, pour des raisons familiales notamment — organiser la saison en tenant compte de la vie avec Emelie Forsberg est une priorité explicitement mentionnée. Puis il glisse une information déterminante : il dispose de la qualification pour l’UTMB grâce à son résultat à la Western States 100. Et cette phrase, prudente mais lourde : « Donc on verra… ». En quelques mots, le retour à Chamonix cesse d’être une hypothèse lointaine.
23 février 2026 : le triptyque qui dit tout
La confirmation tombe officiellement le 23 février 2026. Le calendrier est clair : Western States fin juin → Sierre-Zinal le 8 août → UTMB le 28 août. Trois courses en deux mois, une montée en puissance progressive, et Chamonix comme point d’orgue. Le retour est acté.
| Date clé | Événement |
|---|---|
| Été 2023 | Partenariat Dacia — Kilian Jornet appelle au boycott de l’UTMB |
| Janvier 2024 | Protect Our Winters relance l’appel au boycott — débat dans la presse généraliste |
| Mars 2025 | Discussions en coulisses entre Jornet et l’organisation UTMB révélées par uTrail |
| Novembre 2025 | Entretien L’Équipe — « on verra » relance le débat public |
| 23 février 2026 | Confirmation officielle : Western States + Sierre-Zinal + UTMB 2026 |
Chronologie du retour de Kilian Jornet sur l’UTMB 2026
Les raisons sportives : un retour logique et calibré

Un palmarès UTMB hors norme
Kilian Jornet n’est pas un outsider qui tente sa chance à Chamonix. Il y a remporté l’UTMB quatre fois : en 2008 à 20 ans (20h56), 2009, 2011, et 2022 en signant un record de la course en 19h49. Ce dernier succès, obtenu face à une génération entièrement renouvelée, avait confirmé qu’il restait une référence absolue sur 100 miles alpins. La connaissance du terrain, la gestion des nuits en montagne, l’expérience des cols du Mont-Blanc : tout ça ne se perd pas.
Un calendrier qui fait sens
L’enchaînement Western States — Sierre-Zinal — UTMB n’est pas une accumulation de courses au hasard. C’est une construction. La Western States, le 27 juin en Californie, lui permettra de retrouver le format 100 miles avec de la compétition dans les jambes — il y a terminé 3e en 2025. Sierre-Zinal, son jardin (10 victoires au compteur), lui donnera la vivacité alpine à trois semaines de Chamonix. À 38 ans, Jornet aborde la compétition avec plus de stratégie que jamais.
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⚡ Voir les nouveautés i-RunDes raisons familiales et géographiques assumées
Depuis plusieurs saisons, Kilian Jornet a recentré son activité sur des projets plus compatibles avec sa vie de famille en Europe. Les expéditions longues à l’autre bout du monde laissent place à un calendrier plus structuré. L’UTMB, accessible géographiquement depuis la Scandinavie où il réside, s’inscrit naturellement dans cette logique de carrière équilibrée, qu’il évoque publiquement depuis fin 2025.
La contradiction que personne ne peut ignorer
Rien n’a changé à l’UTMB depuis 2023
C’est le nÅ“ud du problème. Depuis l’appel au boycott, l’UTMB n’a pas modifié en profondeur sa trajectoire. Le groupe Ironman est toujours à la tête de l’événement. Le système des Running Stones structure toujours l’accès aux dossards. Le partenariat automobile est toujours présent. La logique internationale et commerciale s’est même consolidée. Jornet revient donc dans un cadre structurellement identique à celui qu’il contribuait à questionner. Ce décalage est difficile à évacuer d’un revers de main.
Un appel au boycott engage symboliquement
On peut changer d’avis. On peut évoluer. Mais lorsqu’une voix aussi puissante que celle de Jornet s’inscrit dans une logique de boycott — un mot qui ne relève pas de la nuance — elle crée une attente de cohérence dans la durée. En 2023, sa prise de position participait à un débat plus large sur l’identité du trail, l’empreinte écologique des grands événements, la place de l’argent. Sa parole donnait du poids à ceux qui s’interrogeaient déjà . Revenir sans clarification explicite sur ce qui aurait changé dans son analyse expose mécaniquement à une lecture critique.
Son retour neutralise en partie la contestation qu’il avait contribué à lancer
C’est peut-être le point le plus délicat. En 2023, Jornet offrait un point d’appui symbolique majeur à toute la communauté critique du modèle UTMB. Son statut, son histoire, sa parole publique donnaient une légitimité particulière à ce questionnement. Aujourd’hui, en retournant au départ de Chamonix, l’UTMB peut poursuivre sa trajectoire sans avoir eu à effectuer de changements structurels visibles. Le symbole contestataire le plus puissant se retrouve réintégré au cÅ“ur du dispositif qu’il questionnait. Ce n’est pas un jugement moral — c’est un constat d’effet.
Trois lectures possibles de ce retour
Devant un acte aussi ambigu, la communauté trail se divise naturellement en plusieurs camps :
- Le pragmatisme sportif — Jornet est un compétiteur, l’UTMB est la plus grande scène mondiale du trail, revenir à 38 ans pour tenter une 5e victoire est une fin en soi que nul ne peut lui reprocher
- La contradiction assumée — les convictions environnementales et les réalités d’une carrière internationale ne s’alignent pas toujours, et sa position de 2023 était peut-être plus contextualisée qu’un engagement absolu
- Le repositionnement stratégique — rester au centre du récit médiatique du trail mondial au moment où l’UTMB concentre toute l’attention internationale est aussi, objectivement, un choix d’image et de visibilité pour lui et ses partenaires
Ce que son retour change pour l’UTMB 2026

Sur le plan purement sportif, l’équation de la course bascule. L’UTMB 2026 était déjà dense avec une génération de coureurs capables de performances proches des records. La présence de Jornet y ajoute une dimension de légende vivante que les organisateurs ne pouvaient pas espérer mieux. À 38 ans, avec quatre victoires et un record de la course au compteur, il ne court pas pour le symbole. Il court pour gagner.
Et pour la discipline dans son ensemble, son retour va rouvrir tous les débats de fond sur la direction que prend le trail mondial. Parce que lorsque Kilian Jornet court l’UTMB, ce n’est jamais juste une course. C’est un récit, une image, un acte qui porte une signification bien au-delà de la ligne d’arrivée de Chamonix.
FAQ
Pourquoi Kilian Jornet n’avait-il plus couru l’UTMB depuis 2022 ?
Après sa victoire en 2022, Jornet s’était progressivement éloigné du circuit classique des grandes courses, privilégiant des projets d’alpinisme et de traversées XXL. Il avait aussi publiquement critiqué la trajectoire commerciale de l’UTMB, notamment le partenariat Dacia annoncé en 2023, allant jusqu’à appeler au boycott de la course.
Combien de fois Kilian Jornet a-t-il gagné l’UTMB ?
Kilian Jornet a remporté l’UTMB quatre fois : en 2008, 2009, 2011 et 2022. Sa victoire de 2022 en 19h49 constitue le record de la course et lui a permis d’égaler puis de dépasser d’autres légendes de l’épreuve.
Quel est le calendrier de Kilian Jornet en 2026 ?
Annoncé le 23 février 2026, son programme inclut la Western States 100 fin juin en Californie, Sierre-Zinal le 8 août en Suisse, et l’UTMB Mont-Blanc le 28 août 2026 à Chamonix.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.



