La Western States 100 se court le 27 juin 2026 entre Olympic Valley et Auburn, en Californie. 369 coureurs sur 162 km et 5 700 m de dénivelé positif, avec l’un des plateaux les plus relevés de l’histoire de la course. Jim Walmsley reste l’homme à battre, mais derrière lui, tout reste ouvert.
Sommaire
La Western States, une course à part dans le monde du trail

Difficile de résumer en quelques mots ce que représente la Western States Endurance Run pour la communauté trail mondiale. Fondée dans les années 1970, c’est la doyenne des 100 miles. Le parcours traverse la Sierra Nevada californienne, en passant par des canyons brûlants, des rivières glacées et des crêtes qui usent les jambes bien avant le finish.
Ce n’est pas seulement une course longue. C’est une course qui exige une gestion thermique parfaite, une connaissance fine du tracé et une expérience que peu de traileurs possèdent vraiment. Les Européens le découvrent souvent à leurs dépens dès leur première participation.
Le duel au sommet chez les hommes
Jim Walmsley
Quadruple vainqueur et détenteur du record du parcours en 14 h 09 min 28 s, Jim Walmsley connaît ce trail comme sa poche. Chaque virage, chaque portion roulante, chaque heure critique où les jambes flanchent. Son palmarès parle seul. Depuis plusieurs mois, ses problèmes de genou ont alimenté les interrogations sur son état physique réel, mais Walmsley a une fâcheuse habitude : faire taire les sceptiques le jour J.
Cette année, les conditions météo annoncées sont plus fraîches qu’à l’accoutumée. La chaleur extrême constituait souvent une arme supplémentaire dans son arsenal. Moins de canicule pourrait donc rééquilibrer les chances entre les prétendants.
Adam Peterman et Hans Troyer, les vrais rivaux
Adam Peterman, vainqueur en 2022, a retrouvé ses jambes lors de la Canyons 100K. Sa victoire sur cette épreuve a rappelé au peloton qu’il n’avait rien perdu de son potentiel. À 24 ans, Hans Troyer intrigue tout autant. Sa victoire sur la Black Canyon 100K et sa 8e place en 2025 font de lui un profil idéal pour ce type de parcours : rapide, régulier, redoutable sur les longues sections roulantes.
Kilian Jornet
Blessé au genou après Zegama, Kilian Jornet arrive avec une préparation tronquée. Il l’a lui-même reconnu publiquement. Pourtant, enterrer Jornet est une erreur que beaucoup ont payé cher. Champion en 2011, il incarne l’anomalie permanente du trail mondial. La victoire semble difficile cette fois. Un top 5, en revanche, ne serait pas surprenant.
Les Français : ambitions réelles ou coup de bluff ?

Vincent Bouillard, le Français qui croit à son étoile
Forfait frustrant en 2025, Vincent Bouillard est revenu en Californie plusieurs semaines à l’avance pour préparer spécifiquement ce parcours. Il maîtrise désormais bien mieux les spécificités de la course, les exigences du format américain et la gestion thermique propre au circuit californien. Parmi les Européens engagés, c’est clairement lui le mieux armé pour créer la surprise.
Thomas Cardin : le pari de la découverte
Thomas Cardin aborde la Western States pour la première fois. Le Grenoblois possède les qualités physiques et la régularité pour performer sur 100 miles, mais l’inconnue d’une première participation sur ce type de format reste entière. Aucun plan ne résiste intégralement à la réalité du terrain entre Olympic Valley et Auburn.
| Coureur | Nationalité | Atout principal | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Jim Walmsley | 🇺🇸 USA | Record du parcours, 4 victoires | Genou, manque de compétitions récentes |
| Adam Peterman | 🇺🇸 USA | Vainqueur 2022, retour en forme | Régularité sur la durée |
| Hans Troyer | 🇺🇸 USA | Jeunesse, profil roulant idéal | Manque d’expérience sur 100 miles |
| Kilian Jornet | 🇪🇸 ESP | Champion 2011, mental d’acier | Blessure au genou, prépa incomplète |
| Vincent Bouillard | 🇫🇷 FRA | Prépa spécifique, ambition affichée | Premier podium à confirmer |
La course féminine, aussi ouverte que passionnante

Marianne Hogan, enfin au sommet ?
Marianne Hogan est citée par la quasi-totalité des observateurs comme grande favorite. Deux podiums à l’UTMB, deux troisièmes places sur la Western States : la Québécoise tourne autour de la victoire depuis des années. Sa préparation a été entièrement construite autour de cet objectif précis. L’impression qu’elle dégage en ce moment suggère qu’elle n’est plus là pour finir sur le podium, elle est là pour gagner.
Abby Hall veut confirmer son titre
Tenante du titre, Abby Hall a bouclé l’édition 2025 en 16 h 37 min, quatrième meilleur temps de l’histoire féminine. Son retour à la compétition après une grave blessure reste l’une des histoires les plus inspirantes du trail récent. Défendre un titre sur la Western States reste un défi redoutable, surtout face à un plateau aussi dense.
- Marianne Hogan (Canada) : favorite logique, prépa 100% Western States
- Abby Hall (USA) : tenante du titre, quatrième meilleur chrono de l’histoire
- Fuzhao Xiang (Chine) : régularité sur les grandes échéances
- Jennifer Lichter (USA) : détentrice du record de la Leadville 100
- Martyna Mlynarczyk (Pologne) : outsider à surveiller de très près
Pourquoi cette édition 2026 est historique
La 53e édition de la Western States réunit trois vainqueurs de l’UTMB au départ : Jornet, Walmsley et Bouillard. Ce n’est jamais arrivé auparavant. L’organisation parle du plateau le plus profond en cinquante éditions, avec 370 coureurs sélectionnés sur un niveau global jamais atteint.
La course prend le départ à 14h (heure française) depuis Olympic Valley, avec un finish attendu sur la piste du Placer High School à Auburn. Pour les fans de trail en Europe, il faudra prévoir une nuit blanche pour suivre les premières positions s’affronter dans les canyons californiens.
Une Western States aussi ouverte dans les deux pelotons, ça ne se refuse pas. Walmsley est favori sur le papier, mais 162 km ne se gagnent pas sur le papier.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.



