La Française Manon Gras a remporté la course féminine du Marathon des Alpes-Maritimes Nice-Cannes ce dimanche 8 novembre 2026 en 2 h 41 min 07 s. La traileuse de l’AMSL Fréjus Athlétisme devance de 6 min 58 s la Britannique Hannah Ottewill, deuxième en 2 h 48 min 05 s. Un an après avoir couru son tout premier marathon à Bruxelles en 2 h 59 min 56 s, la lauréate de l’ÉcoTrail de Paris 2024 abaisse sa référence de près de 19 minutes et offre à la France sa première victoire sur la Croisette depuis Claire Amann en 2021. Les favorites kényanes annoncées, dont Monica Jeptoo, n’apparaissent pas aux deux premières places du classement communiqué à l’arrivée. Les données ci-dessous correspondent aux premiers résultats transmis ; la troisième place et le classement complet seront ajoutés dès leur publication. Voir les résultats Hommes du Marathon Nice Cannes 2026 ici !
Marathon Nice-Cannes 2026 · Résultats femmes
Qui a gagné le Marathon Nice-Cannes 2026 chez les femmes ?
Manon Gras (France, AMSL Fréjus Athlétisme) l’emporte en 2 h 41 min 07 s. Hannah Ottewill (Grande-Bretagne) est deuxième en 2 h 48 min 05 s. Classement provisoire, en attente de la publication du podium complet et de la validation officielle.
Gras 2 h 41 min 07 s · Ottewill à 6 min 58 s
La gagnante a couru à environ 3 min 49 s au kilomètre. Le record de l’épreuve de Zenebu Fikadu (2 h 28 min 15 s, 2022) reste hors d’atteinte de près de 13 minutes.
Épreuve : Marathon des Alpes-Maritimes Nice-Cannes, 42,195 km, 18e édition
Date et départ : dimanche 8 novembre 2026, 8 h, promenade des Anglais à Nice
Arrivée : boulevard de la Croisette, Cannes
Record de l’épreuve : Zenebu Fikadu (Éthiopie), 2 h 28 min 15 s, édition 2022
Participation : 25 000 coureurs annoncés toutes distances, dont 15 000 sur le marathon
Vainqueur hommes : Lemi Gerema (Éthiopie), 2 h 13 min
Manon Gras, une traileuse qui gagne sur la route
Son nom ne figurait pas sur la liste des favorites. À la veille du départ, le plateau féminin devait être animé par plusieurs spécialistes kényanes du marathon, dont Monica Jeptoo, 36 ans, déjà victorieuse du Marathon du Golfe de Saint-Tropez. C’est pourtant Manon Gras, licenciée à l’AMSL Fréjus Athlétisme dans le Var, qui a franchi en tête la ligne d’arrivée sur la Croisette, en 2 h 41 min 07 s.
La performance mérite d’être replacée dans son contexte. Manon Gras ne comptait qu’un seul marathon à son actif avant ce dimanche. Le 2 novembre 2025, elle découvrait la distance au Marathon de Bruxelles et s’imposait en 2 h 59 min 56 s, seule concurrente sous les trois heures sur un parcours vallonné. Un an plus tard, presque jour pour jour, elle court 18 min 49 s plus vite entre Nice et Cannes. Anecdote du calendrier : le vainqueur masculin de ce Marathon de Bruxelles 2025 s’appelait Hillary Mutai, le Kényan attendu ce même dimanche 8 novembre au départ du Marathon de la Côte d’Amour à La Baule.
Avec 2 h 41 min 07 s, la Varoise fait mieux, d’une seconde, que la Kényane Mercy Jebichii Kipkemoi, lauréate de l’édition 2024 en 2 h 41 min 08 s. Elle termine en revanche à 1 min 26 s du chrono d’Irene Korir, gagnante en 2025 (2 h 39 min 41 s), et à près de 13 minutes du record de l’épreuve.
Hannah Ottewill, dauphine à près de sept minutes
La deuxième place revient à la Britannique Hannah Ottewill, en 2 h 48 min 05 s. Peu connue du circuit international, elle est référencée par World Athletics avec un record personnel de 1 h 23 min 41 s sur semi-marathon, réalisé à Barcelone le 15 février 2026. Son chrono de Cannes correspond à peu près au double de cette marque, signe d’une course bien gérée sur un parcours côtier légèrement ondulé.
L’écart de 6 min 58 s entre les deux premières dit à lui seul le scénario de la course : Manon Gras n’a pas eu à batailler dans les derniers kilomètres.
Où étaient les favorites kényanes ?
C’est la question qui accompagne cette victoire. Monica Jeptoo et les autres athlètes africaines annoncées n’apparaissent pas aux deux premières places du classement transmis à l’arrivée. Forfait, abandon ou simple contre-performance : aucune information ne permet, à ce stade, de trancher. Il faudra attendre le classement complet pour savoir si elles ont pris le départ.
Ce point n’enlève rien à la victoire. Manon Gras a parcouru les 42,195 km, réalisé le meilleur temps féminin de la journée et amélioré de près de 19 minutes sa référence personnelle. Mais il est vrai que, depuis 2022, aucune gagnante de Nice-Cannes n’avait dépassé 2 h 41 min, et que le niveau chronométrique de cette édition est en retrait par rapport aux trois précédentes.
Le classement femmes du Marathon Nice-Cannes 2026
| Place | Coureuse | Nationalité | Club | Temps | Écart |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Manon Gras | France | AMSL Fréjus Athlétisme | 2 h 41 min 07 s | — |
| 2 | Hannah Ottewill | Grande-Bretagne | — | 2 h 48 min 05 s | + 6 min 58 s |
| — | — | — | — |
De l’ÉcoTrail de Paris à la Croisette : le palmarès de Manon Gras
Manon Gras s’est d’abord fait un nom sur les sentiers. Le 16 mars 2024, elle remporte les 80 km de l’ÉcoTrail de Paris en 7 h 12 min 28 s, avec arrivée au premier étage de la tour Eiffel, devant Manon Campano (7 h 19 min 28 s) et Quitterie Ribes (7 h 22 min 06 s). Entraînée par Maryline Nakache, double gagnante de l’épreuve et lauréate du Marathon des Sables 2023, elle enchaîne la même année avec une victoire à la Pastourelle en mai, une deuxième place sur le Trail du Saint-Jacques by UTMB (environ 135 km) et une troisième place sur la 6000D à La Plagne en juillet.
Ce carton plein lui vaut de remporter la première édition du Challenge national de trail de la Fédération française d’athlétisme, en août 2024, loin devant Manon Campano et Justine Rouveyrol. En 2025, elle prend la quatrième place féminine de la SaintéLyon sur 78 km, quelques semaines après sa victoire à Bruxelles.
| Date | Épreuve | Distance | Résultat |
|---|---|---|---|
| 2022 | Roc Trail | 42 km | 1re femme |
| 16 mars 2024 | ÉcoTrail de Paris | 80 km | 1re femme, 7 h 12 min 28 s |
| Mai 2024 | La Pastourelle | Trail | 1re femme |
| 2024 | Trail du Saint-Jacques by UTMB | 135 km | 2e femme |
| Juillet 2024 | 6000D, La Plagne | 67 km | 3e femme |
| Août 2024 | Challenge national de trail FFA | — | Vainqueure |
| 2 nov. 2025 | Marathon de Bruxelles | 42,195 km | 1re femme, 2 h 59 min 56 s |
| 2025 | SaintéLyon | 78 km | 4e femme |
| 8 nov. 2026 | Marathon Nice-Cannes | 42,195 km | 1re femme, 2 h 41 min 07 s |
Première gagnante française depuis Claire Amann en 2021
Depuis sa création en 2008, le Marathon Nice-Cannes est presque toujours revenu à des athlètes éthiopiennes ou kényanes chez les femmes. Les exceptions sont rares. La dernière Française à s’être imposée est Claire Amann, en 2021, dans une édition post-Covid au plateau international réduit, en 2 h 56 min 24 s.
Les trois éditions suivantes ont vu la victoire de Zenebu Fikadu (2022, 2 h 28 min 15 s, record de l’épreuve qui effaçait les 2 h 30 min 37 s de Radiya Roba datant de 2010), puis de Mercy Jebichii Kipkemoi (2024, 2 h 41 min 08 s) et d’Irene Korir (2025, 2 h 39 min 41 s, devant Winnie Chebet et la Britannique Lilli Borries Gruber). Manon Gras met donc fin à une série de victoires africaines et s’inscrit, cinq ans après Claire Amann, au palmarès d’une course qui reste la deuxième de France en nombre de participants derrière Paris.
| Année | Gagnante | Nationalité | Temps |
|---|---|---|---|
| 2021 | Claire Amann | France | 2 h 56 min 24 s |
| 2022 | Zenebu Fikadu | Éthiopie | 2 h 28 min 15 s (record) |
| 2024 | Mercy Jebichii Kipkemoi | Kenya | 2 h 41 min 08 s |
| 2025 | Irene Korir | Kenya | 2 h 39 min 41 s |
| 2026 | Manon Gras | France | 2 h 41 min 07 s |
Du trail au marathon : ce que montre cette victoire
Le passage des sentiers à la route n’est jamais automatique. Sur 80 km de trail, la gestion de course repose sur les changements de rythme, les descentes, l’alternance marche-course et l’alimentation sur plusieurs heures. Sur un marathon roulant comme Nice-Cannes, la régularité de l’allure devient déterminante, avec des contraintes musculaires répétitives et peu d’occasions de varier les appuis.
Manon Gras apporte un élément de réponse : une spécialiste de l’ultra, habituée à gérer la fatigue au-delà de la troisième heure d’effort, peut aussi tenir 3 min 49 s au kilomètre pendant 42 km. Son expérience du long constitue sans doute un atout dans la portion la plus difficile d’un marathon, après le 30e kilomètre. Les frontières entre trail, ultra et marathon se révèlent, une fois de plus, moins étanches qu’on ne le dit.
Image : Alice Rysman / France Télévisions
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


