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Record du Pacific Crest Trail : l’exploit hors norme d’Aurélien Sanchez en 45 jours

Aurélien Sanchez est devenu le nouveau détenteur du record du Pacific Crest Trail ce jeudi 23 juillet 2026, en avalant les 4 200 km du mythique sentier américain en 45 jours, 20 heures et 15 minutes. Le Toulousain de 35 ans efface ainsi des tablettes le Belge Karel Sabbe, qui détenait la référence depuis août 2023, avec une marge de 16 heures et 35 minutes. Un accomplissement colossal, réalisé sans équipementier derrière lui, quelques mois seulement après son divorce avec Kiprun. Et c’est peut-être là que l’histoire devient vraiment savoureuse.

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Un record du Pacific Crest Trail qui force le respect

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Parti le 8 juin depuis la frontière mexicaine, le Français a remonté tout l’ouest américain jusqu’au Canada. Sur sa route, les fournaises désertiques de Californie du Sud, l’implacable Sierra Nevada, les forêts interminables de l’Oregon puis les crêtes escarpées de l’État de Washington. Au total, un dénivelé positif de 135 776 mètres, soit l’équivalent de plus de quinze ascensions de l’Everest depuis le niveau de la mer.

Le verdict est tombé à 14h15 heure locale, 23h15 en France. Le chrono reste en attente de validation officielle, une formalité classique dans l’univers des FKT (Fastest Known Time), mais personne ne doute sérieusement de l’issue. Pour tenir ce tempo, il fallait boucler environ 100 kilomètres quotidiens pendant plus d’un mois et demi. Écrivez ce chiffre sur un papier, relisez-le, et mesurez l’ampleur du truc.

La chute d’une référence signée Karel Sabbe

Battre Karel Sabbe n’a rien d’anodin. Le dentiste belge, véritable métronome des traversées au long cours, avait établi en août 2023 un temps de 46 jours, 12 heures et 50 minutes qui semblait taillé pour durer. Sanchez lui reprend finalement plus de seize heures, une éternité ramenée à l’échelle d’un effort aussi dantesque. Entre spécialistes de l’ultra-distance extrême, la passe d’armes a de l’allure.

Qui est Aurélien Sanchez, l’aventurier de l’extrême

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Le grand public l’a découvert en mars 2023, lorsqu’il devenait le premier Français finisher de la Barkley, cette course démente du Tennessee que seule une poignée d’élus a domptée en quarante ans d’existence. Mais les initiés savaient déjà de quel bois il se chauffe. Dès 2018, il s’était offert le record du John Muir Trail, 338 km engloutis en 3 jours, 3 heures et 55 minutes au cœur de cette même Sierra Nevada qu’il vient de retraverser.

C’est d’ailleurs à cette époque que l’idée du Pacific Crest Trail a germé dans son esprit. Huit ans de maturation pour un rêve un peu fou, freiné longtemps par un obstacle très concret : la durée du projet et sa logistique tentaculaire. Avant son départ, il confiait avoir toujours fantasmé sur ce type de sentiers, qualifiant l’entreprise d’aventure d’une vie. Le rêve est désormais gravé dans l’histoire de la discipline.

Lucille et Martin, les héros de l’ombre

Aucune traversée record ne se gagne en solitaire, et celle-ci ne déroge pas à la règle. Sa compagne Lucille et Martin, l’un de ses plus proches amis, ont orchestré l’assistance pendant ces 45 jours de folie. Ravitaillements perdus au milieu de nulle part, sections soudainement interdites d’accès, imprévus en cascade, gestion de la fatigue et des inévitables passages à vide : le duo a tenu la baraque avec une maestria qui mérite autant d’éloges que la performance elle-même.

  • Ravitaillements : des points de rencontre parfois inaccessibles en véhicule, nécessitant des trésors d’anticipation
  • Gestion mentale : accompagner l’athlète dans les moments d’euphorie comme dans les crises de doute
  • Adaptation permanente : recalculer les plans face aux fermetures de sentiers et aux aléas météo
  • Récupération : optimiser chaque pause pour préserver un corps soumis à un stress hors norme

Le record en chiffres

DonnéeValeur
Distance totale4 200 km
Dénivelé positif135 776 m
Temps final45 jours, 20 heures et 15 minutes
Ancien record (Karel Sabbe, 2023)46 jours, 12 heures et 50 minutes
Écart16 heures et 35 minutes
Moyenne quotidienneEnviron 100 km par jour

Un exploit réalisé sans sponsor, le pied de nez à Kiprun

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Voilà le détail qui pimente magnifiquement cette histoire. En novembre 2025, Sanchez officialisait la fin de sa collaboration avec Kiprun, la marque running de Decathlon qui l’avait pourtant accompagné sur la SwissPeaks 700 en 2024 et sur la Barkley en 2025. Le Toulousain avait alors évoqué, avec une élégance certaine, son besoin de rester fidèle à ses valeurs. Huit mois plus tard, le voilà recordman d’un des sentiers les plus prestigieux de la planète, en électron libre.

Difficile de ne pas y voir un symbole. Pendant que l’équipementier nordiste bâtit une armada taillée pour les podiums de championnats, avec des pointures comme Blandine L’Hirondel, Thomas Cardin ou Clémentine Geoffray, l’aventurier qu’il a laissé filer vient d’écrire une page majeure de l’ultra-endurance mondiale. Mon avis de passionné ? Les deux mondes peuvent coexister, mais l’âme du trail long se niche davantage dans ces traversées sauvages que dans les plans de communication millimétrés.

Deux visions du trail qui s’opposent

Le contraste interpelle forcément. D’un côté, une stratégie de marque assumée, portée par des figures ultra-médiatisées dont Mathieu Blanchard, désormais engagé dans une reconversion en interne et ouvertement en année de transition sportive. De l’autre, un athlète sans contrat majeur qui s’enfonce pendant 46 jours dans les montagnes américaines, loin des projecteurs, pour aller chercher un record que peu d’humains sont capables ne serait-ce que d’envisager. Chacun jugera où se trouve la véritable légende en construction.

Le Pacific Crest Trail, un monument de l’ultra-endurance

Pour saisir la dimension du sentier, quelques repères s’imposent. Le PCT relie la frontière mexicaine à la frontière canadienne en longeant les grandes chaînes de l’ouest américain. Les randonneurs classiques, les fameux thru-hikers, y consacrent généralement entre quatre et six mois. Sanchez a compressé cette odyssée en un mois et demi, en courant et marchant sur des terrains d’une variété redoutable, du désert brûlant aux passages encore enneigés de haute montagne.

La difficulté ne se résume pas au physique. L’isolement de certaines sections, les portions sans ravitaillement possible sur des dizaines de kilomètres et la gestion du sommeil transforment ce FKT en épreuve totale, où le mental pèse au moins autant que les jambes. C’est précisément sur ce terrain que le finisher de la Barkley excelle, lui qui a fait de la résistance psychologique sa signature.

Et maintenant, quelle suite pour Sanchez ?

À 35 ans, le Français s’installe définitivement parmi les plus grands noms de l’ultra-distance mondiale, aux côtés des Sabbe, Jornet et autres monstres sacrés du genre. La validation officielle du chrono devrait tomber dans les prochaines semaines, simple formalité au vu du suivi en direct dont a bénéficié sa tentative. Reste une question délicieuse : quel défi peut bien succéder à une telle traversée ? L’Appalachian Trail, autre monument américain détenu par Sabbe, ferait un candidat naturel. Les marques, elles, seraient bien inspirées de décrocher leur téléphone rapidement. Certaines erreurs ne se commettent qu’une fois.

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Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.

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