aurelien sanchez pacific crest trail (2)

Record du Pacific Crest Trail : Aurélien Sanchez touche au but malgré un bug GPS inquiétant

Disons-le d’emblée pour ceux qui cherchent une réponse rapide : oui, Aurélien Sanchez est bel et bien en passe de battre le record du Pacific Crest Trail détenu par Karel Sabbe, et non, le dysfonctionnement de son suivi GPS ne devrait pas compromettre l’homologation de son futur FKT. Le Français, vainqueur de la mythique Barkley en 2023, aborde les ultimes kilomètres d’une traversée titanesque de 4 265 kilomètres entre le Mexique et le Canada. Une arrivée est attendue jeudi soir heure locale, soit vendredi matin pour nous autres en France. Mais un curieux décalage entre sa position réelle et le compteur affiché au public a fait naître quelques sueurs froides chez les suiveurs. Décryptage d’un final aussi grandiose qu’haletant.

i-Run
🔥 OFFRES LIMITÉES
Jusqu'à -50% sur l'équipement trail.
Chaussures, textile, nutrition : Les meilleures promotions ici sur I-Run au meilleur prix pour le Running & Trail !
⚡ Voir les offres

Un final haletant sur le Pacific Crest Trail

4 265 kilomètres entre deux frontières

Le Pacific Crest Trail ne pardonne rien. Cette colonne vertébrale de l’Ouest américain aligne 150 000 mètres de dénivelé positif, des déserts brûlants de Californie du Sud aux crêtes sauvages de l’État de Washington. Depuis plus de six semaines, l’ingénieur toulousain de 35 ans avale ce monstre jour après jour, avec une régularité qui laisse pantois même les observateurs les plus blasés de l’ultra-distance.

Le compteur affiche désormais environ 95 % du parcours accompli. Autant dire que chaque foulée le rapproche un peu plus du fameux monument frontalier qui marque la fin du sentier, côté canadien.

Le phoenix, un surnom qui prend tout son sens

Sur le PCT, on l’appelle « phoenix ». Rarement un pseudonyme aura collé aussi parfaitement à la peau d’un athlète. Un pied infecté qui l’envoie aux urgences ? Il repart. Une pénurie d’eau en plein désert ? Il serre les dents. Un passage à vide monumental dans l’Oregon, au point de songer sérieusement à tout arrêter ? Il baisse la tête et remet un pied devant l’autre. Cette capacité à renaître de chaque galère force l’admiration, et honnêtement, c’est ce qui rend cette tentative si captivante à suivre.

Le visage émacié, la barbe de six semaines, le regard transformé : l’homme qui s’apprête à toucher la frontière canadienne n’a plus grand-chose à voir avec celui qui s’élançait du Mexique début juin.

Le duel à distance avec Karel Sabbe

aurelien sanchez pacific crest trail (1)

Des journées à près de 100 kilomètres

La référence à abattre appartient au Belge Karel Sabbe, auteur en 2023 d’une traversée en 46 jours, 12 heures et 50 minutes dans la catégorie masculine avec assistance. Pendant des semaines, le suivi en direct offrait un spectacle fascinant : un duel virtuel au kilomètre près entre le Français et le fantôme chronométrique du dentiste flamand.

La bascule s’est produite récemment. Après avoir longtemps couru derrière, Sanchez a fini par grignoter puis dépasser le temps de passage de son rival, s’offrant une avance d’une dizaine de kilomètres sur la trace de référence. Une marge mince sur le papier, mais précieuse psychologiquement. Ses dernières journées donnent le vertige :

JournéeDistance parcourueDénivelé positif
Jour 4395,5 km3 672 m D+
Jour 4486,3 km3 604 m D+

Enchaîner de telles distances avec un tel relief, après un mois et demi d’effort continu et un déficit de sommeil abyssal, relève tout simplement du domaine de l’irrationnel. Et pourtant, il le fait.

YouTube video

Un bug GPS qui sème le trouble chez les suiveurs

Près de 80 kilomètres d’écart entre la réalité et l’écran

Voilà le grain de sable qui a fait frémir la communauté trail française. L’équipe du coureur annonçait un passage au kilomètre 4 112, avec environ 150 bornes restantes. Au même instant, le suivi public affichait péniblement 4 039 kilomètres parcourus et près de 230 à couvrir. Un gouffre de 70 à 80 kilomètres séparait donc les deux sources.

De quoi imaginer le pire : une balise défaillante, des données perdues, un dossier de record fragilisé. La réalité s’avère heureusement bien moins dramatique. D’après l’entourage du Français, la position transmise reste parfaitement exacte. C’est le calcul automatique de la distance cumulée par la plateforme qui accuse un retard. Le point sur la carte dit vrai, le compteur ment.

Pourquoi les zones sauvages compliquent tout

Le nord de l’État de Washington cumule les handicaps techniques : relief massif, forêts denses, vallées encaissées et réseau quasi inexistant. Les règles officielles du FKT reconnaissent d’ailleurs explicitement que ces environnements peuvent perturber ponctuellement la transmission satellitaire. Rien d’anormal, donc, à observer quelques caprices électroniques dans ce secteur.

Le record peut-il vraiment être invalidé ?

Ce que demande réellement la plateforme fastest known time

Contrairement à une idée répandue, un FKT ne dépend d’aucune fédération internationale. C’est la plateforme Fastest Known Time qui examine les dossiers et publie les records. Et bonne nouvelle : le suivi en direct y est considéré comme facultatif, même s’il reste fortement recommandé pour les tentatives majeures. Un compteur public capricieux ne suffit donc absolument pas à faire capoter une homologation.

Pour valider sa traversée, le Toulousain devra fournir un faisceau de preuves concordantes :

  • Les fichiers GPS originaux enregistrés par ses appareils, aux formats GPX, FIT, TCX ou KML, avec possibilité d’un fichier par journée pour les efforts de plusieurs jours ;
  • Un lien vers les activités publiées sur une plateforme du type Strava ou Garmin Connect ;
  • Un compte rendu détaillé de l’aventure, du départ mexicain à l’arrivée canadienne ;
  • Des photographies originales, dont les métadonnées viennent renforcer la crédibilité du dossier ;
  • Les éléments permettant de vérifier les horaires exacts de départ et d’arrivée ainsi que l’itinéraire réellement emprunté.

La trace complète prime sur le compteur public

Les vérificateurs se moquent éperdument du chiffre affiché sur une carte grand public. Leur travail consiste à éplucher les coordonnées originales, les horodatages et la continuité de la progression. Ils s’assurent que l’athlète a suivi le tracé officiel, respecté les déviations imposées par d’éventuels incendies et n’a jamais eu recours à un quelconque moyen de transport.

Le chronomètre, lui, tourne sans interruption du premier au dernier mètre. Sommeil, ravitaillements, soins : tout est compris dans le temps final. Un seul scénario pourrait poser problème : une longue portion absente de tous les fichiers GPS sans aucune preuve alternative. Rien dans les données disponibles ne laisse entrevoir une telle situation. Le dossier de Sanchez, entre montre, balise de sécurité, photos et témoignages de son assistance, s’annonce solide comme un roc.

Quand franchira-t-il la frontière canadienne ?

Le principal intéressé visait initialement une arrivée dès jeudi, une projection qui trahissait surtout son état de fatigue et sa focalisation totale sur l’objectif. Son entourage évoque désormais une arrivée jeudi soir heure locale. L’État de Washington comptant neuf heures de retard sur la France métropolitaine, les passionnés de l’Hexagone devront donc se lever tôt vendredi matin pour vibrer devant le suivi en direct.

Prudence tout de même : après plus de 4 000 kilomètres dans les jambes, aucune prévision n’est gravée dans le marbre. Une défaillance physique, un souci logistique ou un terrain plus retors que prévu peuvent encore décaler l’échéance de quelques heures.

ÉlémentDétail
Parcours4 265 km et 150 000 m D+ du Mexique au Canada
Record à battre46 jours, 12 heures et 50 minutes (Karel Sabbe, 2023)
CatégorieMasculine avec assistance (« supported »)
Bug GPSRetard d’affichage du kilométrage, position exacte
Arrivée estiméeJeudi soir heure locale, vendredi matin en France

Mon regard sur cet exploit hors norme

Permettez-moi une confidence : suivre cette tentative depuis six semaines aura été un ascenseur émotionnel permanent. Entre l’épisode du pied infecté, la traversée du désert et ce moment de bascule mentale dans l’Oregon, ce feuilleton dépasse largement le cadre d’une simple performance chronométrique. On tient là, sans exagération aucune, l’un des plus grands accomplissements du trail français sur la scène internationale.

Quant à la polémique naissante autour du GPS, elle illustre surtout notre rapport moderne au suivi en direct. Le public confond volontiers la carte publique avec la preuve officielle, alors que les deux répondent à des logiques totalement différentes. La technologie peut flancher, les jambes du phoenix, elles, continuent de tourner. Et dans quelques heures, sauf cataclysme, un Français inscrira son nom au sommet de l’histoire du Pacific Crest Trail. Réveil aux aurores vendredi, promis, ça vaudra le coup.

moi cartoon
Plus de publications

Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.

Shopping
Les 5 meilleurs bons plans du moment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut