Quand Kiprun a annoncé la refonte complète de sa gamme début 2026, la Kipstorm Elite a immédiatement attiré l’attention. Une chaussure carbone pensée pour le marathon, affichée à 219,99 euros, avec la promesse de +13 % de dynamisme par rapport au modèle précédent. Sur le papier, ça fait rêver. Mais qu’est-ce que ça donne vraiment une fois aux pieds, kilomètre après kilomètre ? Après plusieurs semaines de test sur des séances variées, du fractionné long aux sorties marathon, voici mon retour honnête et détaillé.
Sommaire
Kiprun Kipstorm Elite : fiche technique complète
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Poids (homme EU 42) | 216 g -10 g vs KD900X LD+ |
| Poids (femme EU 38) | 185 g |
| Drop | 5 mm |
| Stack talon (homme) | 39 mm |
| Stack talon (femme) | 34 mm |
| Plaque carbone | Oui, géométrie en J brevetée avec appendice latéral |
| Semelle intermédiaire | Double densité A-TPU (0,11) + insert PEBA (0,10) |
| Tige | 3D Knit sans couture, languette intégrée |
| Biseau arrière | 64 mm breveté |
| Dynamisme | +13 % vs KD900X LD+ Nouveau |
| Allures cibles | 3’15 à 4’15 /km |
| Durabilité estimée | ~600 km |
| Usage recommandé | Marathon, tempo, fractionné long sur route |
| Prix | 219,99 € -15 à 25 % vs concurrence |
Premières impressions

Quand on sort la Kipstorm Elite de sa boîte, la première chose qui frappe c’est la légèreté. 216 grammes en taille 42 homme, c’est contenu pour une chaussure marathon avec plaque carbone et un stack de 39 mm au talon. On est certes au-dessus des modèles les plus légers du marché comme la Kipstorm Lab à 167 grammes, mais on sent que Kiprun a fait le choix de ne pas sacrifier l’amorti et la durabilité au profit du poids pur. L’enfilage est agréable. La tige en 3D Knit sans couture enveloppe le pied de manière homogène, presque comme une chaussette technique. La languette intégrée évite tout glissement latéral et supprime les zones de frottement potentielles qu’on redoute tant au-delà du trentième kilomètre. Les lacets texturés accrochent bien et ne se desserrent pas en course, un détail qui peut sembler anodin mais qui fait la différence sur un effort de plus de trois heures. Le drop de 5 mm place le pied dans une position naturelle, sans exagérer la bascule vers l’avant comme certaines supershoes très agressives. On se sent stable, posé, prêt à partir.
Sur le terrain : un dynamisme progressif et maîtrisé
C’est évidemment sur route que la Kipstorm Elite révèle son caractère. Dès les premiers hectomètres, on perçoit la signature de la semelle double densité A-TPU/PEBA combinée à la plaque carbone. Ce n’est pas un retour d’énergie brutal et explosif comme on peut le ressentir sur une Nike Alphafly ou une Asics Metaspeed Sky. C’est plus subtil, plus linéaire, plus constant. La propulsion se construit foulée après foulée, sans pic ni creux, ce qui est exactement ce qu’on recherche sur marathon. L’appendice latéral breveté de la plaque carbone limite la flexion des métatarses et c’est un vrai point fort. On ressent cette impression d’être doucement poussé vers l’avant, sans forcer, comme si la chaussure accompagnait le mouvement naturel du pied plutôt que de l’imposer. Le biseau arrière de 64 mm fluidifie la réception au talon et accélère la transition, ce qui contribue à cette sensation de roulement continu. Là où la Kipstorm Elite m’a le plus convaincu, c’est sur les allures comprises entre 3’30 et 4’15 au kilomètre.
C’est sa zone de prédilection. En dessous, elle répond sans problème mais on sent qu’elle n’a pas été optimisée pour les efforts courts et ultra-rapides, c’est le territoire de la Kipstorm Lab. Au-dessus de 4’15/km, le profil compétitif de la chaussure peut sembler un peu ferme pour un usage de sortie longue tranquille. Elle est faite pour courir vite, pas pour trottiner.
Le confort sur la durée : l’épreuve de vérité
Le vrai test d’une chaussure marathon ne se joue pas sur les dix premiers kilomètres. Il se joue après trente bornes, quand les jambes pèsent, quand chaque foulée coûte un peu plus cher, quand le moindre point de friction devient une torture. Sur ce terrain, la Kipstorm Elite s’en sort remarquablement bien. Le stack de 39 mm au talon offre un amorti généreux sans pour autant donner cette sensation de flottement qu’on retrouve sur certaines maximalistes. On reste connecté à la route, on sent le sol sans le subir.
La mousse A-TPU qui constitue la structure principale de la semelle absorbe les chocs avec régularité, tandis que l’insert PEBA situé au-dessus de la plaque carbone se charge de restituer l’énergie. Le duo fonctionne bien ensemble et procure un ressenti équilibré qui ne fatigue pas le pied. La tige 3D Knit sans couture tient toutes ses promesses sur la durée. Aucun point chaud, aucune irritation, même après plus de deux heures de course. Le maintien reste constant malgré le gonflement naturel du pied lié à l’effort prolongé.
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⚡ Voir les nouveautés i-RunC’est un vrai progrès par rapport à la KD900X LD+ qui pouvait montrer quelques faiblesses au niveau du maintien en fin de course. En termes de fatigue musculaire, j’ai noté une différence sensible dans les derniers kilomètres. Les mollets et les fléchisseurs plantaires semblent moins sollicités qu’avec d’autres modèles, probablement grâce à la géométrie en J de la plaque carbone qui réduit le travail des métatarses. C’est subjectif bien sûr, mais le ressenti est là et il est appréciable quand on sait à quel point les derniers kilomètres d’un marathon peuvent être douloureux.
Kipstorm Elite vs Concurrence

Impossible de parler de la Kipstorm Elite sans la replacer dans le paysage des supershoes carbone actuelles. Et c’est peut-être là que Kiprun frappe le plus fort.
| Modèle | Poids (H 42) | Drop | Stack talon | Prix |
| Kipstorm Elite | 216 g | 5 mm | 39 mm | 219,99 € |
| Nike Alphafly 3 | ~240 g | 8 mm | 40 mm | ~300 € |
| Asics Metaspeed Sky Tokyo | ~198 g | 5 mm | 39,5 mm | ~260 € |
| Adidas Adios Pro 4 | ~215 g | 6,5 mm | 39 mm | ~250 € |
| Kipstorm Lab | 167 g | – | – | Prix supérieur |
À 219,99 euros, la Kipstorm Elite se positionne entre 15 et 25 % en dessous des modèles premium de Nike, Asics ou Adidas. Et franchement, sur le terrain, l’écart de performance ne justifie pas l’écart de prix. La propulsion est moins explosive qu’une Alphafly, c’est vrai, mais elle est plus régulière et plus facile à exploiter sur marathon. La stabilité est supérieure à celle de la Metaspeed Sky, qui peut se montrer un peu instable pour les coureurs à foulée large. Et la durabilité annoncée autour de 600 kilomètres est dans la moyenne haute du segment, ce qui améliore encore le coût par kilomètre. C’est clairement sur le rapport qualité-performance que Kiprun marque des points. On sent que la marque a investi sérieusement dans la recherche et le développement, avec trois ans de travail, une collaboration franco-kenyane et des retours d’athlètes élites intégrés au processus de conception. Le résultat est une chaussure qui ne rougit pas face aux références établies, tout en restant financièrement accessible.
Pour quel profil de coureur ?
Soyons clairs : la Kipstorm Elite n’est pas une chaussure pour tout le monde. Elle est conçue pour les coureurs qui visent un marathon sous les 3 heures, voire sous les 3h15 avec une foulée propre et une cadence élevée. Si vous courez votre marathon e 4 heures ou plus, ce n’est probablement pas le modèle qu’il vous faut. Vous ne profiterez pas pleinement du retour d’énergie de la plaque carbone à des allures plus lentes, et le profil compétitif de la chaussure risque de manquer de moelleux sur la durée.
Les coureurs légers, sous les 70 kilos, tireront le meilleur parti du dynamisme de la semelle. Les gabarits plus lourds ne seront pas pénalisés en termes de stabilité grâce à la construction double densité, mais ils devront veiller à adopter une foulée médio-pied ou avant-pied pour exploiter au mieux la plaque. Si vous êtes un attaqueur talon marqué avec un gabarit au-dessus de 80 kilos, la Kipride Max sera probablement un choix plus judicieux et plus protecteur. La Kipstorm Elite fonctionne aussi très bien en chaussure de séance rapide hors compétition. Les séances de fractionné long, les tempo runs à allure spécifique marathon et les sorties progressives sont autant de contextes où elle brille.
Elle a sa place dans une rotation aux côtés d’une chaussure d’entraînement plus amortie pour les sorties faciles.
Quel verdict ?

Après plusieurs semaines de test, la Kipstorm Elite m’a convaincu. Ce n’est pas la supershoe la plus explosive du marché, ce n’est pas la plus légère, ce n’est pas la plus spectaculaire à l’enfilage. Mais c’est une chaussure intelligemment conçue, parfaitement calibrée pour le marathon, qui fait exactement ce qu’on lui demande : maintenir une propulsion constante sur 42 kilomètres tout en préservant les jambes dans les derniers kilomètres. Son prix de 219,99 euros en fait l’une des meilleures portes d’entrée dans le monde des chaussures carbone marathon. Kiprun prouve avec ce modèle qu’il n’est plus nécessaire de dépenser 280 ou 300 euros pour accéder à une technologie de pointe crédible. La marque a gagné en maturité, en savoir-faire, et la Kipstorm Elite en est la meilleure illustration. Si vous préparez un marathon ce printemps et que vous cherchez une chaussure carbone fiable, performante et accessible, mettez-la en haut de votre liste d’essayage. Et pour mon dernier test de la nouvelle Kiprun Kipsummit Max, c’est juste ici mais plus orienté Trail !
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.



