Cassandre Beaugrand est devenue l’une des figures majeures du triathlon mondial. Championne olympique à Paris en 2024, championne du monde la même année puis de nouveau sacrée en 2026 à Pontevedra, la Française a aussi renoué avec ses premières amours en s’attaquant aux records de France du 10 km, du 5000 m et du 3000 m. Portrait d’une athlète qui domine son sport sans jamais avoir vraiment quitté la piste.
Cassandre Beaugrand · Parcours
Cassandre Beaugrand : Ses records
La Française a construit sa carrière entre athlétisme et triathlon. Après l’or olympique à Paris en 2024 et un premier titre mondial dans la foulée, elle a signé une saison 2026 invaincue sur le circuit WTCS, conclue par un deuxième sacre mondial, tout en battant trois records de France de course à pied.
Naissance : 23 mai 1997 à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis)
Discipline principale : triathlon
Autre discipline : athlétisme (demi-fond, route)
Club : AS Monaco
Titre olympique : Paris 2024 (bronze en relais mixte à Tokyo 2020)
Titres mondiaux : 2024 et 2026
Saison 2026 en WTCS : cinq victoires en cinq courses disputées
Records de France 2026 : 10 km route (30’52), 5000 m (14’40 »77) et 3000 m (8’32 »86)
Prochain grand objectif : défendre son titre olympique à Los Angeles en 2028
Qui est Cassandre Beaugrand ?

Cassandre Beaugrand est une triathlète française née le 23 mai 1997 à Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis. À 29 ans, elle s’est installée au sommet de son sport grâce à un profil complet en natation et à vélo, et surtout grâce à une vitesse de course à pied hors norme pour une triathlète.
C’est ce dernier point qui la distingue. Dans le triathlon de haut niveau, beaucoup d’athlètes sont solides dans les trois disciplines. Peu d’entre elles sont capables, après 1,5 km de natation et 40 km de vélo, de courir un 10 km à une allure que les meilleures spécialistes du demi-fond ne renieraient pas.
Cette supériorité sur le dernier segment s’est vue lors de tous ses grands succès. Une fois posée sur ses jambes, Beaugrand impose un rythme que ses adversaires ne parviennent pas à suivre, même lorsqu’elle sort de l’eau avec du retard.
Comment Cassandre Beaugrand a-t-elle commencé le sport ?
La course à pied a été le premier sport de Cassandre Beaugrand. Elle a grandi dans un environnement imprégné d’athlétisme : son père, Ludovic, entraîne des coureurs, et sa mère, Laure Guillevin, était elle-même spécialiste du demi-fond.
Très jeune, elle côtoie les athlètes suivis par son père, les observe et tente de reproduire leurs gestes. Le goût de la course et certaines aptitudes naturelles l’accompagnent donc dès ses premières années.
Les résultats arrivent vite. En 2013, elle remporte le 1500 m du Festival olympique de la jeunesse européenne à Utrecht. Elle est aussi championne de France de cross dans sa catégorie en 2013 et 2014, et établit des records nationaux cadettes sur 1500 m. En 2016, à 19 ans, elle court encore un 5000 m sur piste en 16’07 »85 à Montreuil, un chrono qu’elle pulvérisera dix ans plus tard.
Pourquoi s’est-elle tournée vers le triathlon ?

Le triathlon lui a permis d’exprimer sa polyvalence tout en conservant la course à pied comme principal atout. Dès 2014, encore cadette, elle décroche une médaille d’argent en relais mixte élite aux Mondiaux de Hambourg. Les médias français la présentent alors comme le nouvel espoir du triathlon tricolore.
Le triathlon lui offre un cadre différent de l’athlétisme. La compétition ne repose pas uniquement sur la vitesse pure : il faut gérer les placements dans l’eau, les relances à vélo, les transitions et la fatigue accumulée avant d’enfiler les chaussures.
Elle progresse étape par étape sur le circuit mondial, passe par les Super League Triathlon (troisième du classement 2018) et décroche le bronze olympique en relais mixte à Tokyo en 2021. À partir de là, elle s’installe durablement parmi les candidates aux podiums de la World Triathlon Championship Series.
Quel est le plus grand succès de Cassandre Beaugrand ?
Le plus grand succès de Cassandre Beaugrand reste son titre olympique remporté à Paris le 31 juillet 2024. Devant le public français, avec une natation dans la Seine et une course disputée sous la pluie, elle s’impose en 1h54’55 », six secondes devant la Suissesse Julie Derron et quinze devant la Britannique Beth Potter. Sa compatriote Emma Lombardi termine au pied du podium.
Elle a elle-même expliqué que son installation à Loughborough, en Angleterre, l’avait aidée à s’habituer à courir sous la pluie, une préparation qui s’est révélée précieuse ce jour-là.
Cette victoire change son statut. Beaugrand n’est plus une jeune Française promise aux grands résultats, mais la référence nationale du triathlon et l’une des sportives les plus suivies du pays. Quelques mois plus tard, le 20 octobre 2024, elle remporte la Grande Finale de Torremolinos et le classement général des championnats du monde WTCS. Son premier titre mondial vient confirmer la portée de son été.
La saison 2025 est en revanche plus difficile. Attendue partout, la Française peine à retrouver de la fraîcheur physique et mentale, et son année se termine sur un abandon lors de la finale disputée en Australie.
Comment s’est déroulée sa saison 2026 ?

Cassandre Beaugrand a signé une saison 2026 parfaite sur le circuit mondial. Elle a remporté les cinq courses WTCS auxquelles elle a participé, avant de s’imposer lors de la Grande Finale disputée le 26 septembre à Pontevedra, en Espagne.
Sur le format olympique, une troisième place lui aurait suffi pour assurer le titre. Elle a préféré mettre la manière. Sortie de l’eau en sixième position, à une trentaine de secondes des premières, elle est restée dans le groupe de tête à vélo avant de partir seule dès les premiers hectomètres de course à pied. Elle a franchi la ligne avec 1’05 » d’avance sur Georgia Taylor-Brown et 1’31 » sur Kate Waugh.
| Année | Étape importante |
|---|---|
| 2013 | Victoire sur 1500 m au Festival olympique de la jeunesse européenne |
| 2021 | Bronze olympique en relais mixte à Tokyo |
| 2024 | Titre olympique à Paris et premier titre mondial à Torremolinos |
| 2025 | Saison plus difficile, abandon lors de la finale en Australie |
| 2026 | Cinq victoires en cinq courses WTCS, trois records de France en athlétisme |
| 2026 | Deuxième titre mondial à Pontevedra |
| 2028 | Objectif annoncé : défendre son titre olympique à Los Angeles |
Ce deuxième sacre la fait entrer dans le cercle des triathlètes titrées au moins deux fois au niveau mondial. Elle reste derrière la Bermudienne Flora Duffy, quadruple championne du monde, et l’Australienne Emma Snowsill, sacrée trois fois, mais elle dispose encore de plusieurs saisons pour enrichir son palmarès.
Elle-même a résumé l’année d’une phrase : « 2026 était la meilleure de toutes mes années et ça va être dur de faire mieux l’an prochain ». Après un abandon en finale un an plus tôt, le contraste est saisissant.
Quels records Cassandre Beaugrand a-t-elle battus en athlétisme ?
En 2026, Cassandre Beaugrand a battu trois records de France en trois courses : le 10 km sur route, le 5000 m et le 3000 m. Une série qui a renforcé son image d’athlète complète, capable de rivaliser avec les meilleures spécialistes françaises de la course à pied.
Tout a commencé le 4 avril à l’Urban Trail de Lille. Sur 10 km, elle a couru en 30’52, effaçant de huit secondes la marque d’Alessia Zarbo et devenant la première Française sous les 31 minutes sur la distance. Son précédent record personnel, 33’12, datait de 2016.
Le 20 mai, à Nice, pour son retour sur piste, elle a bouclé le 5000 m en 14’40 »77, trois secondes de mieux que le record de Margaret Maury qui tenait depuis 2004. Encadrée par trois lièvres et guidée par la wavelight, elle a manqué de 77 centièmes les minima de la Fédération pour les championnats d’Europe. Ce record a toutefois été de courte durée : deux semaines plus tard, Sarah Madeleine le reprenait en 14’37 »80 à Rome.
Le 10 juillet, au meeting Herculis de Monaco, elle a ajouté le 3000 m à sa collection en 8’32 »86. Elle détient par ailleurs toujours le record de France du 5 km sur route, établi en 14’53 à Monaco en février 2025.
Pour Beaugrand, ces courses ont aussi été une respiration après une saison 2025 pesante. Elle a parlé d’une « bouffée d’air pur » à propos de cette incursion sur la piste, et estime que ces compétitions l’ont aidée à prendre confiance et à mieux assumer son statut dans le triathlon. Elle considère les deux disciplines comme complémentaires : la course lui apporte de nouvelles sensations, tandis que le triathlon nourrit son endurance.
Cassandre Beaugrand peut-elle viser le marathon ?

La Française n’exclut pas totalement le marathon, mais cette distance n’est pas une priorité. Elle s’intéresse davantage au 3000 m, au 5000 m et au 10 000 m, des formats plus proches de ses qualités actuelles et plus compatibles avec un calendrier de triathlète.
Le marathon demande une préparation spécifique et une adaptation importante du corps. Pour une triathlète de son niveau, l’enjeu serait de trouver le bon équilibre avec la natation, le vélo et les échéances internationales, à commencer par la qualification olympique.
Beaugrand a laissé entendre que le semi-marathon et le marathon pouvaient attendre. Elle n’a toutefois pas fermé la porte à une expérience sur longue distance plus tard dans sa carrière.
Quel est le prochain objectif de Cassandre Beaugrand ?
Son prochain grand objectif est la défense de son titre olympique à Los Angeles en 2028. La Française souhaite conserver une place pour l’athlétisme dans son programme, mais le triathlon reste le fil conducteur des deux prochaines saisons.
Cette double ambition fait la singularité de son parcours. Cassandre Beaugrand n’est pas seulement une championne de triathlon qui court vite. Elle reste une athlète issue de la course à pied, curieuse de tester ses limites sur d’autres formats et dans d’autres stades.
Après avoir conquis Paris et repris son titre mondial à Pontevedra, elle dispose de deux années pour construire la suite. Entre triathlon, piste et route, son histoire continue de s’écrire sur plusieurs terrains.
Cassandre Beaugrand a longtemps été présentée comme une future grande championne. En 2026, elle n’est plus une promesse : elle est devenue la référence française d’un triathlon mondial qu’elle domine, tout en restant fidèle à ses premières foulées.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


