Antoine Charvolin, c’est le genre de coureur qui avance sans faire de bruit et qui finit par tout écraser. À 27 ans, ce natif des Alpes, ancien fondeur devenu traileur pro, s’est imposé en 2025 comme l’une des révélations majeures du circuit UTMB avec une victoire retentissante sur la TDS. Portrait d’un athlète discret, rigoureux, et redoutablement efficace.
Sommaire
- 1 Des skis aux baskets : une trajectoire hors norme
- 2 Ingénieur chez On Running, athlète par vocation
- 3 Le saut dans le vide : quitter son poste pour courir à plein temps
- 4 Une montée en puissance qui ne laisse plus de doute
- 5 La TDS 2025 : le sacre d’une pépite
- 6 L’entraînement d’Antoine Charvolin : la méthode derrière les victoires
- 7 L’homme derrière le coureur : ingénieur, bricoleur, observateur critique
- 8 Sa vision de l’ultra : une école de résilience
- 9 Antoine Charvolin et la sensibilité environnementale
- 10 Les sujets tendances
Des skis aux baskets : une trajectoire hors norme

Tout commence dans une famille de skieurs. Antoine chausse ses premières lattes à trois ans, débute les compétitions à onze. Le ski de fond devient son terrain d’expression pendant des années, avec des résultats régulièrement dans le top 15 national de sa catégorie et une victoire au semi-marathon de fond d’Urle toutes catégories confondues.
L’été, les skis laissent place aux baskets. En 2017, il remporte la Youth Trail Challenge, un circuit de quatre courses internationales de trail, puis gagne la Young Race du Marathon du Mont-Blanc. Un premier dossard trail, une première victoire. Le décor était planté, et personne n’avait encore vraiment compris ce qui arrivait.
Ingénieur chez On Running, athlète par vocation
Antoine ne choisit pas de sauter dans le grand bain immédiatement. Étudiant à Grenoble INP – Ense3, il finalise un cursus d’ingénieur avec un stage chez Raidlight, entreprise spécialisée dans le matériel de montagne. Une passerelle logique pour quelqu’un qui a toujours voulu travailler dans la conception de matériel sportif.
Il rejoint ensuite On Running à Zurich comme ingénieur produit, où il participe notamment au développement de la Cloudultra Pro, une chaussure qu’il porte encore aujourd’hui en compétition. Ce double projet sport-études, puis sport-travail, forge une intelligence rare : celle d’un coureur capable de lire une course aussi bien qu’une fiche technique produit.
Le saut dans le vide : quitter son poste pour courir à plein temps
En décembre 2024, Antoine Charvolin fait un choix fort. Il quitte son poste d’ingénieur pour se consacrer entièrement à la course. Un pari risqué que beaucoup n’osent pas faire, mais que la dynamique de ses résultats rendait presque inévitable. Il s’installe à Annecy, partage sa vie avec Louise Serban-Penhoat, traileuse elle aussi, et construit une saison 2025 taillée pour performer.
Ce tournant, il le décrit avec une clarté désarmante : « Quand j’ai quitté mon job en décembre, j’ai compris que ça allait tout changer. » Et il avait raison.
Voir les favoris des championnats de France de Trail 2026 là où Antoine est présent cette année !
Une montée en puissance qui ne laisse plus de doute
Les résultats d’Antoine Charvolin sur les dernières saisons racontent une progression méthodique et impressionnante. Pas de coup d’éclat isolé, mais une accumulation de performances qui dessinent un profil d’athlète capable de jouer les premiers rôles sur toutes les distances.
| Course | Année | Résultat |
|---|---|---|
| Young Race – Marathon du Mont-Blanc | 2017 | 1er |
| SaintéLyon 82 km | 2023 | 2e |
| CCC – UTMB Mont-Blanc (101 km) | 2024 | 13e |
| SaintéLyon 82 km | 2024 | 5e |
| Trail d’Annecy – Le Baret (33 km) | 2025 | 1er |
| Grand Raid Ventoux 50K | 2025 | 2e |
| Maxi-Race Shokz 60K | 2025 | 1er |
| Lavaredo Ultra Trail 120K | 2025 | 5e |
| TDS – UTMB Mont-Blanc (153 km) | 2025 | 1er 🏆 |
Palmarès sélectif d’Antoine Charvolin entre 2017 et 2025
La TDS 2025 : le sacre d’une pépite

Le 25 août 2025, Antoine Charvolin franchit la ligne d’arrivée de la TDS (153 km / 9000 m D+) en 18h22’17, en tête d’un peloton de plus de 1200 coureurs. Une victoire nette, sans discussion. Sur l’une des courses les plus exigeantes du circuit UTMB, avec presque 10 000 mètres de dénivelé positif dans les jambes, il signe le résultat de sa carrière et s’installe définitivement dans la cour des grands.
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⚡ Voir les nouveautés i-RunCe n’est pas un coup de chance. C’est l’aboutissement d’années de construction patiente, d’un double projet qui a forgé un caractère, et d’une rigueur d’entraînement qui ne dit jamais son nom mais qui se voit dans chaque course.
L’entraînement d’Antoine Charvolin : la méthode derrière les victoires
Derrière les podiums se cache une approche qui tranche avec le tout-trail habituel. Antoine consacre environ 50 % de son volume annuel à la course à pied, le reste étant partagé entre ski de randonnée et vélo. Un mix cross-training qui préserve les articulations, développe le cardio et maintient le plaisir de bouger.
Un entraîneur de confiance depuis 6 ans
Sa collaboration avec Jérôme Mermillod, son entraîneur depuis six ans, repose sur l’échange plutôt que sur la prescription froide. Antoine lit ses plans, les adapte selon ses ressentis, et évalue sa forme avec des outils simples : un carnet Foster, les sensations du jour, et du bon sens. Rien d’obsessionnel, tout de pragmatique.
Les principes de son approche sportive
- Priorité au volume en endurance fondamentale, souvent au feeling
- Intensités ciblées uniquement en phase de préparation spécifique
- Cross-training dominant en hiver (ski de rando, vélo)
- Travail au seuil régulier pour maintenir une base solide
- Écoute du corps avant tout, sans sacrifier le plaisir
- Partenariat étroit avec son entraîneur dans une logique de co-construction
L’homme derrière le coureur : ingénieur, bricoleur, observateur critique

Antoine Charvolin ne se résume pas à ses chronos. C’est aussi un concepteur curieux, passionné par les matériaux et les équipements. Il conçoit certaines pièces de son matos à la main, partage ses réflexions sur Instagram avec une sincérité rafraîchissante, et maintient une exigence de cohérence sur ses choix de partenaires et de nutrition.
Son passage chez On Running n’est pas anodin. Avoir participé au développement de chaussures qu’il utilise lui-même en course, c’est une forme d’intégrité rare dans un milieu où le sponsoring peut parfois rimer avec compromis. Cette vision d’ensemble, technique et humaine à la fois, fait d’Antoine un athlète vraiment différent de ses contemporains.
Sa vision de l’ultra : une école de résilience
Pour Antoine, l’ultra ne se réduit pas à une question de distance. C’est un processus. Après une explosion à la CCC 2023, il est revenu en 2024 plus lucide, mieux préparé, et a décroché une 13e place dans la douleur mais avec la tête. L’apprentissage, pour lui, passe autant par les échecs que par les victoires.
Il le dit avec franchise : « Sur l’ultra, j’ai appris à faire le dos rond. Quand t’as mal partout, que t’avances plus, c’est là que tu vois ce que t’as dans le ventre. » Une philosophie simple, ancrée dans le réel, loin des discours formatés. C’est peut-être ça, la vraie marque des grands coureurs : la lucidité sur soi-même.
Antoine Charvolin et la sensibilité environnementale
Courir en montagne génère chez lui quelque chose de plus profond qu’une simple addiction à l’effort. Antoine porte une sensibilité environnementale sincère, qui transparaît dans ses choix d’équipement, son rapport aux marques partenaires, et sa façon d’habiter les espaces naturels qu’il fréquente. Pas d’esbroufe, pas de greenwashing. Juste une cohérence de fond.
Cette dimension lui confère une profondeur qui va bien au-delà du trail. À l’heure où les questions d’éco-responsabilité traversent le monde du sport outdoor, Antoine incarne une nouvelle génération d’athlètes qui pensent leurs pratiques autrement, et qui en font un terrain de réflexion quotidien.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.



