Alexandre Boucheix, dit Casquette Verte, a terminé le mois de janvier 2026 avec la cheville dans le plâtre après une chute brutale lors de l’Arc of Attrition, cet ultra-trail de 160 km en Cornouailles. Une blessure grave, une convalescence difficile, et un 10 km en béquilles qui a fait le tour du web. Retour sur un épisode aussi douloureux qu’humain.
Une chute au kilomètre 27 dans la tempête Ingrid
Sommaire
- 1 Une chute au kilomètre 27 dans la tempête Ingrid
- 2 Le diagnostic : fracture spirale de la fibula
- 3 Des fragilités physiques qui s’accumulent depuis des années
- 4 La vague de moqueries sur les réseaux : une réaction indécente
- 5 Plâtré mais pas résigné : le 10 km en béquilles
- 6 Une maturité nouvelle face à la blessure
- 7 Les sujets tendances
Le 23 janvier 2026, Casquette Verte s’aligne sur l’Arc of Attrition, une course organisée par UTMB et parmi les plus exigeantes d’Europe en plein hiver. Le programme : 160 km sur la côte cornouaillaise, des sentiers boueux, des falaises battues par les vents, et cette année-là, la tempête Ingrid qui s’abat sur la région avec une intensité peu commune.
Au kilomètre 27, sur une descente détrempée, sa cheville droite cède. Une chute violente, un craquement sourd, et l’impossibilité totale de reprendre appui. Les images captées par Distances+ ne laissent aucun doute : le terrain était fuyant, l’appui instable, et la vitesse conjuguée à la boue a fait le reste. À ce moment précis, il occupait la deuxième position au classement général, à quelques secondes du leader.
Le diagnostic : fracture spirale de la fibula

Le passage aux urgences confirme le pire. Il ne s’agit pas d’une simple entorse : fracture spiroïde de la fibula, soit une fracture en spirale de l’os péroné, résultant d’un mouvement de torsion brutal à vitesse élevée. Le verdict tombe : six semaines de plâtre, sans appui possible. Tout le mois de février 2026 sera passé sur le canapé, loin des sentiers.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Course | Arc of Attrition 2026 (160 km, Cornouailles) |
| Kilomètre de la chute | Km 27, en descente, terrain détrempé |
| Conditions météo | Tempête Ingrid, boue, appuis instables |
| Diagnostic | Fracture spiroïde de la fibula (cheville droite) |
| Durée d’immobilisation | 6 semaines minimum en plâtre |
| Position au moment de l’abandon | 2e place, à quelques secondes du leader |
Des fragilités physiques qui s’accumulent depuis des années
Cette blessure ne tombe pas du ciel. Ceux qui suivent Casquette Verte depuis quelques saisons savent que sa cheville gauche est un sujet récurrent. Au Kullamannen 2023, il avait déjà couru plusieurs dizaines de kilomètres avec une entorse. En 2024, les douleurs s’étaient enchaînées. Cette fois, c’est la cheville droite qui a craqué, comme si le corps compensait les fragilités de l’autre côté.
Un corps soumis à une charge de travail hors norme
Alexandre Boucheix est connu pour ses volumes d’entraînement stratosphériques : plus de 10 000 km parcourus en une seule année. Ce chiffre fascine autant qu’il inquiète dans la communauté trail. Les années de charge accumulée finissent par user les tendons, réduire la capacité de récupération et fragiliser les appuis. Ce n’est pas une certitude scientifique, mais clairement un facteur aggravant difficile à ignorer.
Le terrain et la météo comme déclencheurs
Il serait pourtant réducteur d’accuser uniquement la charge kilométrique. La tempête Ingrid a transformé les sentiers cornouaillais en véritables pièges. Boue, pierres luisantes, dévers mouillés : dans ces conditions, même le coureur le mieux préparé du monde peut tomber. La chute de Casquette Verte résulte d’un concours de circonstances, pas uniquement d’une fragilité personnelle.
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- Tempête active au moment de la chute
- Cheville droite sollicitée pour compenser les faiblesses chroniques de la gauche
- Rythme soutenu dès le départ (2e position au moment de l’abandon)
- Micro-traumatismes accumulés lors des saisons précédentes
- Récupération insuffisante avant le départ, après le Kullamannen en janvier
La vague de moqueries sur les réseaux : une réaction indécente
Dès l’annonce de l’abandon, les réseaux sociaux se sont enflammés. Entre les « il court trop », les « on l’avait prévu » et les commentaires franchement méprisants, une partie du public a transformé sa blessure en procès public. C’est non seulement injuste, mais profondément révélateur d’une tendance toxique dans la communauté outdoor : critiquer ceux qui tombent plutôt que de saluer ceux qui osent.
Se blesser ne distingue ni les fous ni les imprudents. Les fractures sur course arrivent aux élites comme aux amateurs, aux ultra-entraînés comme aux prudents. La blessure de Casquette Verte, dans une tempête, sur un terrain objectivement dangereux, n’a rien d’une faute professionnelle. Et la honte n’est définitivement pas de son côté.
Plâtré mais pas résigné : le 10 km en béquilles

Ce que peu auraient imaginé faire avec un plâtre au pied, Casquette Verte l’a quand même tenté. Début mars 2026, encore immobilisé, il réalise un 10 km en béquilles au bois de Vincennes, en plein air, filmé en direct sur Twitch. Une sortie aussi symbolique qu’éprouvante physiquement : butte aux canons, bords de Marne, les 100 marches de Champigny. Pas de running, mais la même détermination.
« Je ne le recommande à personne »
Lui-même l’admet sans détour : cette performance en béquilles n’est pas un modèle à suivre. « Je ne recommande à personne », a-t-il déclaré, conscient que geste symbolique ne rime pas nécessairement avec geste raisonnable. Mais ceux qui le suivent depuis des années savent que c’est précisément cette manière d’être, ce refus de rester immobile, qui fait de lui un personnage à part dans l’univers du trail français.
Une maturité nouvelle face à la blessure
Ce qui change cette fois par rapport aux précédents épisodes, c’est l’attitude. Là où Casquette Verte avait parfois couru sur entorse ou ignoré les signaux d’alerte, il joue désormais le jeu médical jusqu’au bout. Six semaines de plâtre respectées, rééducation prévue, reprise progressive envisagée. Une sagesse nouvelle, forcée par la gravité de la fracture, mais réelle.
Cela ne signe pas pour autant la fin d’une aventure. Son objectif reste une qualification pour l’UTMB 2027, et il l’a répété : il reviendra à l’Arc of Attrition. Cette blessure, aussi douloureuse qu’elle soit, pourrait bien marquer un tournant dans la façon dont il gère son corps et son calendrier.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.



