C’est officiel : toutes les courses du Marathon du Mont-Blanc 2026 sont maintenues, malgré une canicule qui frappe fort la vallée de Chamonix en cette fin juin. Jusqu’à 32°C annoncés dans la vallée, un jury de course mobilisé dès le jeudi matin, et un matériel obligatoire qui devient plus que jamais votre meilleur allié en montagne. Voici tout ce qu’il faut savoir avant de chausser les baskets.
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Le verdict est tombé : les courses sont maintenues
Après des jours de spéculations et dans un contexte national tendu (l’Ultra Marin 100 km avait été annulé par la préfecture du Morbihan pour cause de températures frôlant les 40°C), l’organisation du Marathon du Mont-Blanc a levé le doute ce jeudi matin. Le jury de course, réunissant l’ensemble des organismes de secours, a tranché : toutes les épreuves du week-end se dérouleront comme prévu.
Frédéric Comte, directeur du Club des sports de Chamonix, avait déjà posé les bases de cette décision la veille : « On ne se trouve pas en alerte rouge. L’an dernier, il faisait 34°C à Chamonix, là on sera autour de 31°C pour le 90 km, une vingtaine de degrés à 2 000 mètres d’altitude. » La Haute-Savoie reste en vigilance jaune chaleur, un niveau bien en dessous des zones orange et rouge qui ont justifié les annulations ailleurs en France.
Ce que les conditions météo changent réellement
La décision de maintien ne signifie pas pour autant que tout se passe comme d’habitude. L’organisation adapte son dispositif en temps réel selon les derniers bulletins météo. Des points d’eau supplémentaires peuvent être déployés en cours de route, l’équipe médicale renforcée, et des horaires de départ ajustés pour éviter les pics de chaleur. Sur le 90 km, le départ à 04h45 vendredi matin est précisément calibré pour faire grimper les coureurs en altitude avant que la chaleur de la vallée ne soit à son maximum.
Le programme complet de l’édition 2026
| Course | Date | Départ | Distance / D+ | Statut |
|---|---|---|---|---|
| 90 km du Mont-Blanc | Vendredi 26 juin | 04h45 | 90 km / 6 000 m D+ | ✅ Maintenu |
| KM Vertical | Vendredi 26 juin | 16h00 | ~6 km / 1 000 m D+ | ✅ Maintenu |
| Duo étoilé | Samedi 27 juin | 19h30 | 21 km / 1 450 m D+ | ✅ Maintenu |
| 42 km du Mont-Blanc | Dimanche 28 juin | 06h45 | 42 km / 2 540 m D+ | ✅ Maintenu |
| 23 km du Mont-Blanc | Dimanche 28 juin | 07h00 | 23 km / ~1 500 m D+ | ✅ Maintenu |
Matériel obligatoire : ce que vous devez avoir sur vous

En montagne, et encore plus par forte chaleur, partir sans le bon équipement peut vite tourner au cauchemar. L’organisation du Marathon du Mont-Blanc est intransigeante sur ce point : tout coureur qui se présente au retrait de dossard sans son matériel complet repart sans dossard. Pas de négociation possible. Et cette année, avec une météo aussi imprévisible (canicule en vallée, risque d’orages en altitude), la liste n’est pas qu’une formalité administrative.
La liste complète du matériel obligatoire
- Téléphone portable chargé et en état de fonctionnement
- Réserve d’eau minimum : 1 litre au départ pour les courses 23 km, 10 km et formats courts (mesure renforcée pour 2026 en raison des fortes chaleurs), 0,5 litre pour le Duo étoilé et 1 litre 5 pour le 90km.
- Veste imperméable avec capuche de type gore-tex, adaptée à sa taille
- Lampe frontale ou pectorale fonctionnelle avec piles de rechange
- Couverture de survie (140 cm x 200 cm minimum)
- Sifflet
- Gobelet (les ravitaillements ne fournissent pas de gobelets jetables)
Un détail qui change tout cette année : le minimum d’eau au départ a été relevé à 1 litre pour plusieurs courses en raison des fortes chaleurs annoncées. Une décision prise en dernière minute par l’organisation, à prendre très au sérieux. En montagne, les sources ne sont pas toujours accessibles, et entre deux ravitaillements, la distance peut paraître longue quand le mercure dépasse les 30°C en vallée.
Le matériel recommandé à ne pas négliger
Au-delà de l’obligatoire, certains équipements font toute la différence par conditions extrêmes. Un bonnet et des gants peuvent sembler incongrus quand il fait 32°C au départ, mais à 2 500 mètres d’altitude après un orage, la température peut chuter de 15 à 20°C en quelques minutes. Les collants, un bol et une cuillère pour les formats longs, et une protection solaire haute indice (que le règlement ne mentionne pas mais que l’expérience impose absolument) complètent le kit idéal pour cette édition 2026.
Courir par 31°C en montagne : les règles d’or
Un trail en montagne par forte chaleur, ça ne se gère pas comme une sortie classique. L’altitude joue sur la perception thermique, mais elle ne protège pas de la déshydratation. Dès les premières montées, l’organisme perd de l’eau à un rythme bien supérieur à celui d’une journée froide, sans que la sensation de soif soit toujours au rendez-vous. C’est précisément là que les accidents arrivent.
Frédéric Comte le dit avec lucidité depuis 2019 : « On n’est jamais à l’abri d’un coup de chaud, ça peut même arriver quand il fait 25°. » La bonne gestion de la chaleur passe avant tout par l’anticipation, bien avant le départ. S’hydrater massivement la veille, dormir dans un endroit frais, éviter l’alcool et les repas trop lourds le soir précédant la course : autant de détails que les traileurs expérimentés intègrent naturellement, mais que les primo-participants oublient souvent dans l’excitation du grand jour.
Profiter des ressources naturelles du massif
C’est l’un des atouts méconnus du Marathon du Mont-Blanc par rapport à d’autres courses : les torrents et zones enneigées jalonnent naturellement le parcours. Se tremper la nuque dans un torrent de montagne, glisser un peu de neige sous la casquette, mouiller ses manchons de bras : ces gestes simples font baisser la température corporelle de manière significative et prolongent la capacité d’effort. L’organisation encourage explicitement ces pratiques depuis plusieurs éditions caniculaires.
Pourquoi ce maintien est une bonne nouvelle pour tout le monde
Dans un contexte où les annulations s’enchaînent en France, le maintien de toutes les courses du Marathon du Mont-Blanc envoie un signal fort : la montagne offre des marges de manœuvre que la plaine ou le bord de mer n’ont pas. L’altitude atténue les effets de la canicule dès 1 500 mètres, les parcours boisés offrent de l’ombre, et le dispositif de sécurité développé depuis des années par le Club des sports de Chamonix est l’un des plus rodés de France.
Pour les milliers de coureurs qui ont préparé cette épreuve pendant des mois, souvent depuis l’autre bout du monde (toutes les épreuves affichent complet depuis des semaines), ce maintien représente bien plus qu’une simple validation administrative. C’est la confirmation que le trail de montagne, pratiqué avec sérieux et équipement adapté, peut continuer à exister même quand le thermomètre s’emballe. À condition, bien sûr, de respecter les règles
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


