Après avoir parcouru plus de 150 kilomètres avec la Hoka Speedgoat 7 sur des terrains variés, je peux enfin vous livrer mon retour d’expérience détaillé. Cette septième itération de la chaussure iconique de Hoka promet protection, accroche et confort sur longue distance. Mais tient-elle vraiment ses promesses sur les sentiers techniques et les ultras ? Voici mon avis franc et complet sur cette nouvelle mouture, avec ses qualités indéniables mais aussi ses limites à connaître avant l’achat.
Sommaire
- 1 Première impression au déballage
- 2 Les évolutions techniques de cette version 7
- 3 Mon test terrain détaillé
- 4 Les points forts qui m’ont convaincu
- 5 Les limites à connaître avant d’acheter
- 6 Speedgoat 7 vs Speedgoat 6 : faut-il changer ?
- 7 Comparaison avec la concurrence
- 8 Pour quel profil de coureur ?
- 9 Fiche technique complète
- 10 Mon verdict final après 150 km
- 11 Les sujets tendances
Première impression au déballage
En ouvrant la boîte, la Speedgoat 7 affiche clairement son identité visuelle Hoka. Le volume généreux de la semelle intermédiaire saute immédiatement aux yeux, tout comme la plateforme large qui caractérise la gamme. Avec ses 275 grammes en taille 42, elle ne cherche pas à se faire passer pour une chaussure légère.
La tige en mesh technique respire la robustesse sans paraître lourde ou rigide. Les renforts sont placés stratégiquement au niveau du médio-pied et du talon, promettant un bon maintien sans compression excessive. Les crampons Vibram de 5 mm inspirent confiance dès le premier coup d’œil.
En main, la chaussure dégage une impression de solidité rassurante. On sent qu’elle a été pensée pour encaisser les kilomètres et les terrains difficiles, pas pour battre des records de légèreté.
Les évolutions techniques de cette version 7

La mousse supercritique, vraie révolution
Le changement majeur de cette Speedgoat 7 réside dans sa nouvelle semelle intermédiaire en mousse supercritique (SCF EVA). Cette technologie remplace la mousse EVA classique par un procédé qui injecte du gaz sous haute pression, créant une structure cellulaire plus légère et plus réactive.
Sur le terrain, la différence avec la version 6 est perceptible. Le retour d’énergie est nettement amélioré, surtout après 20-30 kilomètres où l’ancienne mousse avait tendance à s’affaisser légèrement. L’amorti reste généreux avec 37 mm au talon, mais il paraît plus vivant, moins passif.
Cette mousse tient remarquablement la route au fil des kilomètres. Après 150 km, je ne constate aucun tassement notable, ce qui était un reproche parfois formulé sur les versions antérieures.
Drop de 4 mm : adaptation nécessaire
Le drop de 4 mm reste inchangé par rapport à la Speedgoat 6. Pour les habitués de la gamme, aucun souci. En revanche, si vous venez de chaussures routières avec des drops de 8 à 10 mm, prévoyez une phase d’adaptation progressive.
Personnellement, j’ai senti mes mollets travailler davantage lors des trois premières sorties, particulièrement en montée soutenue. Après une dizaine de sessions, la transition était complète et le drop de 4 mm favorise naturellement une attaque médio-pied plus efficace sur sentiers.
Crampons réorientés pour plus d’efficacité
Hoka a modifié l’orientation des crampons Vibram Megagrip sur cette version 7. Leur hauteur reste à 5 mm, mais leur disposition multidirectionnelle a été retravaillée pour améliorer la motricité en montée et le freinage en descente.
Le résultat est probant. En montée technique sur terrain sec, l’accroche est franchement excellente. Les mini-crampons latéraux de la technologie Traction Lug multiplient les points de contact avec le sol. Sur roches humides, la confiance reste intacte, ce qui change vraiment la donne dans les passages exposés.
En descente rapide, le freinage est précis et sécurisant. La chaussure mord le terrain sans glisser, permettant d’attaquer les pentes avec assurance. J’ai testé sur terre compacte, cailloux, racines mouillées et passages boueux : partout, le Vibram Megagrip fait le job.
Mon test terrain détaillé
Sur sentiers techniques et caillouteux
C’est sur ce type de terrain que la Speedgoat 7 révèle tout son potentiel. La protection contre les chocs est remarquable grâce à l’épaisseur de semelle généreuse. Même sur les pierriers les plus agressifs, les pieds restent protégés sans perte de sensations.
La plateforme large apporte une stabilité rassurante sur les appuis instables. Le pied reste bien centré dans la chaussure, même sur traversées en dévers prononcé. Le système Active Foot Frame combiné au J-Frame offre un maintien latéral excellent sans rigidité gênante.
Après une sortie de 25 km avec 1200 m de dénivelé positif sur sentiers très techniques, mes pieds étaient encore frais. Aucun point de pression, aucune ampoule, juste une sensation de confort global.
En montée soutenue
La géométrie Meta-Rocker facilite réellement la propulsion vers l’avant malgré l’épaisseur de semelle. Sur les montées régulières, le déroulé du pied reste fluide et économe en énergie. Les crampons mordent efficacement le terrain, permettant de rester dynamique.
Sur montées très raides et techniques, le poids de 275 grammes se fait légèrement sentir comparé à des chaussures plus légères. La Speedgoat 7 n’est clairement pas conçue pour la course en côte explosive, mais plutôt pour les montées longues et régulières où le confort prime.
En descente rapide
C’est probablement là où j’ai pris le plus de plaisir avec cette chaussure. La combinaison amorti généreux + accroche Vibram + plateforme stable inspire une confiance totale. On peut attaquer les descentes techniques sans retenue, le freinage est précis, le pied ne glisse pas dans la chaussure.
Le col de talon retravaillé sur cette version 7 améliore nettement le maintien à l’arrière. Fini les petits mouvements parasites qui créaient des irritations sur les longues descentes. Le bracelet modifié fait vraiment la différence.
Sur longue distance et ultra
J’ai effectué une sortie de 42 km avec 2000 m de dénivelé pour tester la Speedgoat 7 en conditions ultra. Verdict : elle excelle dans cet exercice. Le confort reste constant du premier au dernier kilomètre.
La mousse supercritique ne s’affaisse pas, l’amorti reste efficace même après 4 heures d’effort. Les pieds ne gonflent pas excessivement grâce à la toe box au volume correct. Aucune ampoule, aucun point de frottement, aucune douleur plantaire.
C’est vraiment sur ce type de sortie que la Speedgoat 7 justifie pleinement son positionnement. Elle a été pensée pour ça : encaisser les kilomètres et les heures sans faillir. Mission accomplie.
Sur sentiers roulants et rapides
Par honnêteté, c’est le seul terrain où la Speedgoat 7 m’a semblé moins à l’aise. Sur chemins forestiers roulants ou portions moins techniques, son poids se fait sentir et elle manque de dynamisme comparée à des modèles plus légers.
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Les points forts qui m’ont convaincu

L’amorti exceptionnel sans mollesse
C’est probablement la plus grande qualité de cette chaussure. L’amorti est généreux sans être mou ou instable. Même après 30 kilomètres sur terrain très caillouteux, mes pieds restaient frais et protégés. La mousse supercritique fait vraiment la différence sur la durée.
La confiance inspirée sur tous les terrains
Grâce à la combinaison semelle Vibram + plateforme stable + maintien latéral, on peut se concentrer sur sa course sans se préoccuper des appuis. La chaussure inspire confiance, particulièrement dans les passages techniques ou exposés.
Le confort immédiat dès le premier kilomètre
Contrairement à certaines chaussures nécessitant une période de rodage, la Speedgoat 7 est confortable dès la première sortie. La tige souple épouse bien le pied sans points de compression. Le col de talon rembourré évite les irritations du tendon d’Achille.
La durabilité qui se confirme
Après 150 km sur terrains variés et souvent agressifs, la chaussure ne montre aucun signe de faiblesse. Les crampons Vibram sont intacts, la mousse ne s’est pas tassée, la tige reste impeccable. On sent qu’elle tiendra facilement les 600-800 km annoncés.
Les limites à connaître avant d’acheter

Le poids qui se ressent
Avec 275 grammes, la Speedgoat 7 n’est pas une plume. Sur trails courts ou formats rapides, ce poids devient un handicap face à des concurrentes plus légères. Les coureurs habitués à des modèles autour de 230-240 grammes ressentiront la différence.
La largeur à l’avant-pied discutable
La toe box offre un volume correct, mais certains pieds larges pourraient la trouver un peu juste en largeur. À l’inverse, les pieds fins peuvent manquer légèrement de maintien latéral dans cette zone. Hoka propose une version large pour ceux qui en ont besoin.
Le prix élevé pour débuter en trail
À 165€, la Speedgoat 7 représente un investissement conséquent, particulièrement pour les débutants en trail. Des alternatives plus abordables existent chez d’autres marques pour découvrir la discipline sans se ruiner.
Pas adaptée aux trails courts et nerveux
Son orientation longue distance et terrain technique la rend peu pertinente pour des formats courts de moins de 20 km sur sentiers roulants. Elle manque de dynamisme et de légèreté pour ce type d’usage.
Speedgoat 7 vs Speedgoat 6 : faut-il changer ?
Si vous possédez déjà la Speedgoat 6, le passage à la version 7 n’est pas indispensable sauf si votre paire actuelle arrive en fin de vie. Les évolutions sont réelles mais pas révolutionnaires.
Les améliorations notables concernent la mousse supercritique qui offre un meilleur retour d’énergie, le col de talon retravaillé qui améliore le maintien, l’orientation des crampons optimisée pour montées et descentes, et l’ajout de l’espace pour guêtre si vous faites de l’ultra en conditions sèches.
Pour les nouveaux acheteurs, prenez directement la version 7 qui corrige les quelques points faibles de la génération précédente.
Comparaison avec la concurrence

Face à la Salomon S/Lab Ultra
La Salomon mise davantage sur la précision et le dynamisme avec un drop plus élevé et une plateforme moins volumineuse. La Speedgoat 7 privilégie le confort et la protection sur la durée. Deux philosophies différentes pour des usages qui se recoupent partiellement.
Face à la Nike Ultrafly Trail
La Nike joue la carte de la modernité avec plus de réactivité et moins de poids. La Speedgoat 7 reste plus rassurante sur terrain très technique grâce à sa plateforme stable et son amorti généreux.
Face à la La Sportiva Akasha
Les deux chaussures se situent sur le même segment longue distance et terrain technique. L’Akasha est légèrement plus légère et précise, la Speedgoat 7 plus confortable et protectrice. Le choix dépend de vos priorités personnelles.
Pour quel profil de coureur ?
Vous allez adorer si…
Vous recherchez une chaussure polyvalente pour encaisser de gros volumes kilométriques sur terrains variés. Vous êtes ultra-trailer privilégiant le confort et la protection sur les formats longs. Vous avez un gabarit moyen à lourd appréciant un amorti généreux. Vous courez régulièrement sur sentiers techniques avec dénivelé. Vous avez une légère pronation et cherchez une stabilité rassurante.
Passez votre chemin si…
Vous recherchez une chaussure de compétition légère pour trails courts et rapides. Vous avez les pieds particulièrement larges sans possibilité d’essayer la version wide. Vous privilégiez le dynamisme et la réactivité au confort sur longue distance. Vous débutez en trail avec un budget limité. Vous courez principalement sur sentiers roulants peu techniques.
Fiche technique complète
Mon verdict final après 150 km
La Hoka Speedgoat 7 mérite amplement son statut de référence en trail polyvalent. Elle excelle particulièrement sur les terrains techniques et les longues distances grâce à son amorti généreux, sa stabilité rassurante et son accroche Vibram redoutable.
Les améliorations apportées par cette version 7 sont pertinentes et perceptibles sur le terrain. La mousse supercritique transforme réellement l’expérience, le col de talon retravaillé élimine les irritations, et les crampons réorientés améliorent sensiblement la motricité.
Ma note globale : 4,5/5
Points forts : amorti exceptionnel sur longue distance (5/5), accroche Vibram impressionnante (5/5), stabilité rassurante (5/5), confort immédiat (5/5), durabilité confirmée (5/5).
Points faibles : poids légèrement élevé (3/5), largeur discutable pour certains pieds (3,5/5), prix élevé pour débuter (3/5), manque de dynamisme sur trails rapides (3/5).
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.



