Une actualité tragique. La montagne a perdu l’un de ses hommes. Guy Blanc, fondateur de la Pierra Menta, s’est éteint ces derniers jours. Avec lui disparaît l’une des figures les plus discrètes et les plus essentielles du ski-alpinisme de compétition français. Pas un homme de lumières, pas un homme de podiums médiatiques. Un homme de terrain, de conviction, et d’amour profond pour les sommets.
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La Pierra Menta : son œuvre, sa vie
Ceux qui n’ont jamais entendu parler de la Pierra Menta passent à côté de l’une des courses de ski-alpinisme les plus mythiques au monde. Créée en 1986 par Guy Blanc dans le massif du Beaufortain en Savoie, cette course en binôme de quatre jours s’est imposée au fil des décennies comme la référence mondiale du ski-alpinisme de haute montagne. Avant que la discipline ne devienne olympique, avant que les équipementiers se battent pour habiller les athlètes, avant que les livestreams ne diffusent les courses en temps réel, Guy Blanc traçait des itinéraires dans la neige vierge avec une boussole et une vision simple : mettre la montagne au centre, pas le spectacle.
Un format qui a tout inventé
Le concept de la Pierra Menta était révolutionnaire pour son époque. Quatre étapes, des cols à plus de 3000 mètres, des conditions météo alpines imprévisibles, et des binômes indissociables du départ à l’arrivée. Pas question de couper les équipes, pas question de faire du spectacle facile. La montagne comme juge unique. Ce format, Guy Blanc l’a défendu pendant des décennies contre vents et dégels, contre les pressions commerciales et les évolutions de calendrier. La Pierra Menta est restée fidèle à son ADN originel grâce à lui. Ce n’est pas rien. C’est même rare.
Un homme que la montagne avait façonné

Guy Blanc n’était pas un bureaucrate du sport. C’était un montagnard. Quelqu’un qui connaissait les couloirs du Beaufortain mieux que ses poches, qui pouvait lire la neige et le vent comme d’autres lisent un journal. Cette intimité avec le terrain, c’est elle qui donnait à ses tracés ce caractère unique : jamais gratuits, jamais faciles, mais toujours cohérents avec ce que la montagne est capable d’offrir à ceux qui la respectent. Les athlètes qui ont couru la Pierra Menta sous sa direction parlent tous de la même chose : une course qui vous teste vraiment, pas pour en faire trop, mais parce que c’est ce que la montagne demande.
Le ski-alpinisme olympique lui doit beaucoup
L’entrée du ski-alpinisme au programme des Jeux Olympiques de Milano-Cortina 2026 est l’aboutissement d’un travail de légitimation qui a pris des décennies. La Pierra Menta y a contribué directement, en servant pendant quarante ans de vitrine mondiale à la discipline, en attirant les meilleurs athlètes de la planète chaque printemps dans le Beaufortain, en prouvant que le ski-alpinisme pouvait être un spectacle sportif de haut niveau sans trahir ses racines alpines. Guy Blanc ne voulait probablement pas de médailles en or à son nom. Mais ce qu’il a construit a changé la trajectoire d’un sport entier.
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Il y a des gens qui dirigent des événements. Et puis il y a des gens qui créent des événements, dans le sens plein du terme : qui les font naître de rien, qui les nourrissent de leur propre énergie pendant des années, qui les portent quand personne ne croit encore à leur avenir. Guy Blanc était de cette deuxième catégorie. La Pierra Menta 2026 vient tout juste de se tenir, quelques semaines avant sa disparition. La course continuera, portée par une équipe qui incarne ses valeurs. Mais il manquera quelque chose dans le Beaufortain chaque mois de mars désormais. Ce quelque chose, c’est lui.
- Fondateur de la Pierra Menta, course de ski-alpinisme en binôme sur 4 étapes
- Année de création : 1986 dans le massif du Beaufortain, Savoie
- Course devenue l’une des plus prestigieuses du monde en ski-alpinisme
- Format inchangé depuis l’origine : 4 étapes, binômes, haute montagne
- La discipline atteint les Jeux Olympiques de Milano-Cortina 2026, en partie grâce à ce travail de fond
- Dernier édition de la Pierra Menta organisée de son vivant : mars 2026
La montagne a ses propres façons de rendre hommage
Pas de stade plein, pas de tribune bondée, pas de diffusion mondiale. Guy Blanc n’aurait sans doute pas voulu ça. Son hommage à lui, c’est chaque binôme qui attaque un col venteux à 3000 mètres dans le Beaufortain au mois de mars, skis aux pieds et cœur battant à 180. C’est chaque athlète qui finit une étape de la Pierra Menta et qui cherche les mots pour dire ce qu’il vient de vivre. C’est une course qui, quarante ans après sa création, ressemble encore à ce que son fondateur avait imaginé dans la neige d’un massif savoyard. Très peu de gens peuvent en dire autant.
À sa famille, à ses proches, à toute la communauté du ski-alpinisme : nos pensées.
Quentin, 26 ans, passionné de trail : suivez mes aventures au cœur des sentiers, entre défis sportifs et communion avec la nature.


