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 Barkley 2026 : Sébastien Raichon remporte la Fun Run

La Barkley Marathons 2026 s’est achevée dans la nuit de dimanche à lundi, à 2 h 36 heure française, sans le moindre finisher. Pour la deuxième année consécutive, personne n’a bouclé les cinq boucles du parcours dans la limite des 60 heures. Mais au milieu de cette hécatombe, un nom se détache : Sébastien Raichon. Le Français de 53 ans a validé la Fun Run en 38 h 05 min 46 s, seul coureur à boucler trois tours complets dans les temps. C’est la performance majeure de cette 40e édition, disputée sous une pluie quasi incessante dans le Frozen Head State Park, au Tennessee. Voir les résultats de la Barkley 2026 ici !

Ce que signifie la Fun Run à la Barkley

À la Barkley, il n’y a pas de classement intermédiaire au sens traditionnel. Soit un coureur boucle les cinq boucles en moins de 60 heures et devient finisher, soit il ne les boucle pas. Mais il existe un statut officieux, profondément respecté dans la communauté : la Fun Run. Elle est accordée aux coureurs qui terminent trois boucles en moins de 40 heures.

Trois boucles à la Barkley, cela représente environ 100 km hors sentier, plus de 10 000 mètres de dénivelé cumulé, une navigation intégrale à la carte et à la boussole, et une collecte de pages arrachées dans des livres dissimulés en forêt. Le tout sans balisage, sans GPS, sans assistance sur le parcours. Dans n’importe quel autre contexte, terminer un tel effort serait célébré comme un exploit. À la Barkley, c’est le minimum pour ne pas repartir les mains totalement vides.

Raichon a franchi cette limite avec près de deux heures de marge, puisqu’il a terminé en 38 h 05 min 46 s. Mais il n’a pas pu repartir sur la quatrième boucle : pour cela, il aurait fallu boucler les trois premiers tours en moins de 36 heures. Le chrono avait filé trop vite, aspiré par les conditions et la difficulté du terrain.

Comment Raichon a tenu là où les autres ont cédé

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Sébastien Raichon n’est pas un nom qui circule dans les palmarès les plus médiatisés de l’ultra-trail. Mais c’est précisément ce type de course qui révèle son profil. Ancien raideur, habitué aux épreuves d’orientation en autonomie, spécialiste des formats longs dans des conditions extrêmes, il possède un registre de compétences qui colle parfaitement à ce que la Barkley exige.

Un mois avant le départ, il avait remporté la Spine Race en Angleterre, une course de 420 km sur le Pennine Way, en conditions hivernales. Avant cela, il avait gagné la Spin Race sur 450 km. Sa capacité à encaisser la durée, à maintenir une lucidité de navigation sous fatigue et à gérer la privation de sommeil constitue un avantage décisif dans un environnement où la plupart des coureurs finissent par commettre des erreurs d’orientation fatales.

Sur cette édition 2026, Raichon a été le premier à boucler la deuxième boucle, en 22 h 35, devançant Mathieu Blanchard (22 h 42) et Damian Hall (22 h 44). Il est reparti immédiatement sur la troisième boucle avec les deux autres, puis a continué seul avec Hall lorsque Blanchard a abandonné à cause du froid et que Max King a décroché à son tour.

La régularité de Raichon sur les trois tours, sa gestion du froid humide et sa capacité à rester sur la bonne trajectoire dans un brouillard épais ont fait la différence. Il n’a pas cherché à accélérer. Il a tenu.

Une édition 2026 marquée par l’élimination massive

Le contexte de cette édition rend la performance de Raichon encore plus significative. Sur les 40 coureurs au départ, environ 70 % ont été éliminés dès la première boucle. Seuls 12 ont réussi à boucler le premier tour dans les délais. Quatre seulement ont atteint la troisième boucle : Raichon, Blanchard, Hall et King.

Plusieurs facteurs ont contribué à cette hécatombe. Lazarus Lake avait avancé la date de la course d’environ un mois, la plaçant en plein cœur de l’hiver du Tennessee. Il avait aussi déplacé le camp de base, ajouté un passage de ruisseau glacé dès la sortie et imposé le sens antihoraire sur les deux premières boucles, bouleversant les repères de ceux qui connaissaient le parcours. Tout cela s’ajoutait à une météo catastrophique : pluie continue, brouillard dense, températures basses et terrain gorgé d’eau.

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Le résultat est sans appel. Aucune femme n’a pu rester dans les délais au-delà de la première boucle. Blanchard, vainqueur de la Yukon Arctic Ultra et de la Diagonale des Fous, a été sorti par le froid. King, coureur américain expérimenté, a cédé dans la foulée. Seuls Raichon et Hall ont tenu jusqu’au bout de la troisième boucle.

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Damian Hall, l’autre rescapé

Le Britannique Damian Hall, détenteur du FKT sur le Pennine Way, a accompagné Raichon jusqu’à la fin de la troisième boucle. Son temps exact n’a pas été officiellement confirmé par Keith Dunn au moment de la rédaction, mais il semble avoir également validé la Fun Run, terminant très peu de temps après le Français.

Hall avait impressionné par sa gestion de l’effort tout au long de la course. Il n’avait pris que quelques minutes de pause entre la deuxième et la troisième boucle, repartant presque immédiatement dans la forêt. Sa régularité sur les trois premiers tours confirme qu’il faisait partie des rares profils capables de tenir le rythme imposé par cette édition.

Pas de finisher depuis Jasmin Paris en 2024

Avec cette édition 2026, la Barkley enchaîne deux années consécutives sans finisher. La dernière personne à avoir bouclé les cinq boucles est l’Écossaise Jasmin Paris, en 2024, devenue à cette occasion la première femme à terminer l’épreuve. Elle était le 20e finisher depuis l’instauration du format actuel en 1995. Cinq coureurs avaient terminé cette année-là, un chiffre inhabituellement élevé qui avait visiblement incité Lazarus Lake à durcir le parcours.

La réponse est venue en deux temps. En 2025, zéro finisher. En 2026, zéro finisher et des conditions encore plus sévères. Le créateur de la Barkley a clairement repris le contrôle de son épreuve, rappelant que les années avec des arrivées sont des anomalies et non la norme.

Depuis 1986, sur l’ensemble des éditions disputées, seules 10 ont produit au moins un finisher. La Barkley reste, de très loin, la course d’ultra-trail avec le taux de réussite le plus faible au monde.

Ce que cette Fun Run dit de Raichon

Sébastien Raichon avait déjà obtenu la Fun Run en 2025. La valider à nouveau en 2026, dans des conditions nettement plus difficiles, avec un parcours durci et une météo dégradée, confirme qu’il n’est pas seulement un survivant chanceux de la Barkley. Il est l’un des coureurs les mieux adaptés à ce format.

Son profil atypique, forgé sur des raids d’orientation en autonomie plutôt que sur les circuits classiques de l’ultra-trail, lui donne un avantage structurel dans un environnement où la vitesse pure ne sert à rien si elle n’est pas accompagnée d’une capacité à lire le terrain, à naviguer sous pression et à encaisser la fatigue sans perdre en lucidité.

À 53 ans, Raichon montre aussi que la Barkley récompense l’expérience et la maturité plus que la jeunesse et l’explosivité. La course ne se gagne pas en courant vite. Elle se survit en restant lucide.

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