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Barkley 2026 : pourquoi Mathieu Blanchard a abandonné sur la boucle 3

L’information est tombée en début d’après-midi, heure française, via Keith Dunn, le chroniqueur officieux de la Barkley Marathons. Mathieu Blanchard a abandonné sur la troisième boucle. Motif : le froid. Après plus de 28 heures passées dans la forêt du Frozen Head State Park, le Français a été « tapped out », la cloche a sonné et la Barkley 2026 continue sans lui. Retour sur un abandon qui interroge autant qu’il rappelle la brutalité de cette course pas comme les autres.

Le froid humide du Tennessee, pire ennemi que le Grand Nord

C’est le paradoxe le plus cruel de cet abandon. Mathieu Blanchard est le vainqueur de la Yukon Arctic Ultra 2025. Un homme capable de courir en autonomie dans le Grand Nord canadien, à des températures qui descendent bien en dessous de -30 °C. Et c’est le froid du Tennessee, un froid bien plus modéré sur le papier, qui l’a fait sortir de course.

Mais la Barkley ne joue pas selon les mêmes règles. Le froid de Frozen Head n’est pas un froid sec et prévisible. C’est un froid humide, insidieux, qui s’installe dans les vêtements, pénètre les muscles, et érode le corps sans que le coureur s’en rende compte au début. Depuis le départ samedi matin, la pluie n’a quasiment pas cessé. Le brouillard s’est posé sur les crêtes. Le terrain est devenu une succession de pentes glissantes, de sous-bois gorgés d’eau et de passages techniques où chaque faux pas coûte de l’énergie.

Ajoutez à cela plus de 22 heures pour boucler les deux premières boucles, soit trois heures de retard sur les meilleures références historiques, et vous obtenez un coureur qui arrive sur la troisième boucle avec une dette énergétique considérable, un corps refroidi et des réserves mentales déjà largement entamées.

Une troisième boucle qui ne pardonne pas

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La boucle 3 est historiquement celle qui tranche. Les coureurs inversent le sens de parcours par rapport à la boucle précédente, ce qui change totalement la lecture du terrain. Les repères visuels disparaissent. Les montées deviennent des descentes, les passages évidents vus dans un sens se transforment en culs-de-sac dans l’autre.

Et cette année, Lazarus Lake avait déjà bousculé les habitudes en imposant les deux premières boucles dans le sens antihoraire. Les coureurs qui connaissaient le parcours ont dû recalibrer leur navigation dès le départ. Arrivés à la troisième boucle, fatigués, mouillés, frigorifiés, ils se retrouvent face à un exercice d’orientation d’une difficulté extrême.

Blanchard partait pourtant dans le bon groupe. Il avait quitté le camp avec Sébastien Raichon et Damian Hall, les deux autres coureurs les plus rapides sur la boucle 2. Mais la dynamique de groupe ne protège pas du froid. À un moment, le corps dit stop.

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Un contexte sportif déjà compliqué

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L’abandon de Blanchard à la Barkley ne survient pas dans un vide. Depuis plusieurs mois, le Français enchaîne des résultats en dessous de ce qu’on attend de lui. Abandon à l’UTMB 2024. Harricana sans victoire. Petit trail des Muzelles sans succès. Transat difficile. Et maintenant un abandon dès la première participation sur la course la plus mythique du trail mondial.

Il faut évidemment relativiser. La Barkley a un taux de finishers proche de zéro. Depuis 1995, seuls 20 athlètes ont bouclé les cinq boucles. En 2025, personne n’y est parvenu. Abandonner à la Barkley n’est pas une contre-performance, c’est la norme. Mais dans le contexte d’une saison 2024-2025 où Blanchard cherche à retrouver le chemin de la victoire, ce nouvel arrêt prolonge une série qui commence à peser.

Cela ne remet rien en cause sur sa capacité à se lancer dans des projets hors norme. La victoire à la Barkley Fall Classic à l’automne dernier prouve qu’il est capable de performer dans cet univers. Mais sur le terrain pur de la compétition longue distance, la période est ingrate.

Et maintenant ? Trois coureurs dans la forêt

Au moment de l’abandon de Blanchard, ils ne sont plus que trois à se battre sur la boucle 3 : le Britannique Damian Hall, le Français Sébastien Raichon et l’Américain Max King. Sur 40 coureurs au départ, le taux d’élimination dépasse les 90 %. Plus aucune femme n’est en course. Deux coureurs sont hors délais sur les boucles précédentes. Le scénario d’une édition sans finisher, comme en 2025, est tout à fait envisageable.

Sébastien Raichon, qui avait bouclé la boucle 2 en tête avec un temps de 22h35, reste le meilleur espoir français. Vainqueur de la Spin Race sur 450 km cet hiver, il possède le profil pour encaisser les heures. Mais la Barkley a une manière bien à elle de rappeler que les profils ne suffisent pas.

Ce qu’il faut retenir

Mathieu Blanchard a abandonné la Barkley 2026 sur la boucle 3, à cause du froid humide et de l’accumulation de fatigue après plus de 28 heures de course. La pluie incessante, le brouillard, un terrain dégradé et un retard de trois heures sur les références historiques ont créé les conditions d’un abandon que même un spécialiste des environnements extrêmes n’a pas pu éviter. La Barkley ne punit pas que le froid. Elle punit tout, en même temps, sans prévenir. C’est ce qui la rend unique. Et c’est ce qui rend chaque abandon, même celui d’un champion, compréhensible.

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