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1 septembre 2026

Dernière mise à jour : 1 septembre 2026 Kilian Jornet, Blandine L’Hirondel, Mathieu Blanchard, Tibo InShape, Domingo, Zack Nani ou encore Baghera : Clemquicourt a réuni un casting particulièrement impressionnant pour « Les 25h qui courent ». Cette Backyard revisitée et caritative, prévue le 7 novembre 2026, doit faire courir ensemble des champions de trail, des

Clément Deffrenne, plus connu sous le nom de Clemquicourt, est devenu en quelques années l’un des visages les plus populaires du trail français sur les réseaux sociaux. Pourtant, rien ne le prédestinait vraiment à l’ultra-trail : enfant peu sportif et passionné de jeux vidéo, étudiant en école de commerce puis stagiaire à l’île Maurice, il découvre la course à pied relativement tard. La suite ressemble à une accélération permanente : premiers trails, vidéos inspirées du gaming, Ultra Terrestre, Diagonale des Fous, UTMB, centaines de milliers d’abonnés et désormais ses propres événements. Retour sur l’histoire assez improbable de celui qui a réussi à faire se rencontrer trail, humour, gaming et réseaux sociaux.

Portrait · Clemquicourt

Qui est Clément Deffrenne alias Clemquicourt ?

Originaire de Lille, Clément Deffrenne n’était ni athlète ni traileur pendant son enfance. C’est un séjour à l’île Maurice à la fin de ses études qui va progressivement l’amener vers la course à pied, puis vers l’ultra-trail et la création de contenu.

Du gaming aux ultra-trails Clemquicourt a construit son univers en mélangeant performances d’endurance, humour et références aux jeux vidéo, notamment avec ses célèbres « Kill Cams ».

Nom : Clément Deffrenne

Pseudonyme : Clemquicourt

Origine : Lille

Études : BBA à l’EDHEC

Découverte du trail : île Maurice

Univers : trail, ultra, gaming et création de contenu

Avant Clemquicourt, un enfant beaucoup plus attiré par les jeux vidéo

L’histoire commence assez loin des sommets et des ravitaillements d’ultra-trail.

Clément Deffrenne grandit à Lille dans une famille sans lien particulier avec le sport professionnel. Sa mère est professeure des écoles et son père ouvrier. Pendant son enfance, lui-même ne possède pas vraiment le profil du futur ultra-traileur.

Le jeune Clément est surtout attiré par les jeux vidéo. Parmi ses références figure notamment Call of Duty.

Ce détail pourrait sembler anecdotique. Il deviendra pourtant essentiel quelques années plus tard lorsque Clément commencera à construire l’identité de Clemquicourt.

Car plutôt que d’effacer son passé de gamer lorsqu’il découvre le trail, il va précisément utiliser ses codes pour raconter la course autrement.

Des études de commerce à l’EDHEC

Après le lycée, Clément Deffrenne intègre le BBA de l’EDHEC.

À cette époque, la course à pied n’occupe toujours pas une place centrale dans sa vie.

Il essaie différents sports, notamment le football et le rugby, sans encore trouver la discipline qui deviendra quelques années plus tard son quotidien.

Le véritable tournant arrive à la fin de ses études.

Et il se produit à plusieurs milliers de kilomètres de Lille.

L’île Maurice change complètement son histoire

Pour terminer son cursus, Clément part effectuer un stage à l’île Maurice.

Ce voyage devait initialement répondre à une logique assez classique : effectuer son dernier stage et valider son diplôme.

Il va finalement changer sa vie.

C’est à Maurice que Clément commence véritablement à découvrir la course à pied puis le trail. Les reliefs de l’île lui offrent un terrain de jeu très différent de ce qu’il connaissait jusque-là.

La pratique prend progressivement davantage de place.

Clément ne vient donc ni de l’athlétisme sur piste, ni d’une famille de montagnards, ni d’un club de trail fréquenté depuis l’adolescence.

Il arrive dans la discipline presque par accident.

La naissance de Clemquicourt

Courir constitue seulement une partie de ce qui va se passer ensuite.

Clément commence également à filmer ses aventures et à les publier sur les réseaux sociaux.

Et plutôt que de reprendre les codes traditionnels du trail, il construit progressivement son propre langage.

Ses vidéos mélangent effort, humour, autodérision et références aux jeux vidéo.

La souffrance n’est plus nécessairement montrée comme quelque chose d’héroïque. Une galère peut devenir une blague. Une chute peut devenir une séquence. Un dépassement peut devenir une scène directement inspirée d’un jeu vidéo.

Le personnage Clemquicourt commence à apparaître.

La Kill Cam devient sa signature

L’une de ses idées les plus reconnaissables vient directement de son passé de gamer : la « Kill Cam ».

Dans certains jeux vidéo, une Kill Cam permet de revoir une élimination depuis un autre point de vue.

Clemquicourt transpose l’idée au trail.

Lorsqu’il dépasse un coureur, le montage peut transformer la scène en séquence de jeu vidéo avec une mise en scène volontairement exagérée.

Le concept fonctionne parce qu’il ne ressemble pas vraiment aux contenus trail habituels. Il permet également à un public qui ne connaît pas nécessairement la discipline de comprendre immédiatement la blague.

Les références de son enfance deviennent donc l’une des clés de son succès d’adulte.

Pourquoi ses vidéos commencent-elles à fonctionner ?

Le trail possédait déjà ses stars lorsque Clemquicourt arrive sur les réseaux sociaux.

Kilian Jornet, Courtney Dauwalter ou Jim Walmsley étaient déjà mondialement connus dans le milieu.

Mais leur niveau les rend aussi très éloignés du coureur moyen.

Clemquicourt propose autre chose : le point de vue d’un pratiquant suffisamment performant pour participer à de très grands ultras, mais suffisamment accessible pour montrer ses galères, ses erreurs et ses moments absurdes.

Clemquicourt devient autant conteur que coureur

C’est probablement là que se situe sa principale différence.

Clément Deffrenne n’est pas uniquement intéressant pour son niveau sportif.

Sa véritable force est de savoir transformer une course de plusieurs dizaines d’heures en histoire compréhensible sur un smartphone.

Il existe un début, des adversaires, des problèmes, des rebondissements et une conclusion.

Le montage, les références à la pop culture et son propre personnage donnent ensuite une identité à l’ensemble.

Cette capacité de storytelling deviendra progressivement aussi importante que ses résultats.

L’Ultra Terrestre fait changer Clemquicourt de dimension

Une course va particulièrement accélérer sa notoriété : l’Ultra Terrestre à La Réunion.

Le défi représente plus de 220 kilomètres et environ 14 000 mètres de dénivelé positif.

Clemquicourt ne se contente pas de participer. Il termine quatrième.

Le résultat change forcément la manière dont il est perçu.

Jusqu’ici, certains pouvaient encore voir en lui essentiellement un créateur de contenu qui pratique le trail.

Une quatrième place sur un ultra de cette dimension oblige à regarder également le coureur.

Créateur de contenu, mais véritable compétiteur

Cette dualité va accompagner toute son ascension.

D’un côté, Clemquicourt filme, plaisante et met en scène ses aventures.

De l’autre, Clément Deffrenne s’entraîne réellement pour performer.

Il l’a d’ailleurs expliqué en 2026 lors d’un entretien avec Zack Nani : lorsqu’il a voulu chercher sa meilleure performance sportive sur la Diagonale des Fous, il a volontairement mis la création de contenu au second plan.

Le résultat avait été une 23e place sur la Diagonale, l’une de ses meilleures performances.

Une manière de rappeler que filmer et performer au maximum ne sont pas toujours parfaitement compatibles.

Quelques repères dans l’histoire de Clemquicourt

Étape Ce qu’il faut retenir
Enfance Peu sportif, passionné de jeux vidéo
Études BBA à l’EDHEC
Île Maurice Découverte progressive de la course et du trail
Réseaux sociaux Création de Clemquicourt et développement des Kill Cams
Ultra Terrestre 4e sur plus de 220 km
Diagonale des Fous 23e lors de sa recherche de performance
UTMB 2025 Participation à la course reine de Chamonix
2026 Nouveaux défis et développement de ses propres projets
Le parcours de Clément Deffrenne

L’UTMB 2025 transforme sa popularité

L’été 2025 constitue un autre moment clé.

Clemquicourt participe à l’UTMB, la course la plus médiatisée de la discipline.

À ce moment-là, sa communauté dépasse déjà les frontières du petit monde de l’ultra-trail. The Running Collective évoquait plus de 300 000 personnes réunies sur ses différents réseaux à l’issue de cette période.

À Chamonix, le phénomène devient visible physiquement.

Les spectateurs le reconnaissent, l’interpellent et viennent suivre sa course.

Clemquicourt n’est plus simplement populaire sur un écran. Sa communauté commence à modifier l’ambiance autour des événements auxquels il participe.

La fameuse vague des t-shirts roses

Son partenariat avec Brooks va produire l’un des symboles les plus visibles de cette popularité.

En juin 2025, Clément Deffrenne signe avec la marque américaine.

Autour de l’UTMB, une collection limitée inspirée de son univers « Kill Cam » est proposée.

Les fameux t-shirts roses deviennent rapidement très recherchés.

The Running Collective évoque une série de 5 000 exemplaires et d’importantes files d’attente à Chamonix pour parvenir à en obtenir un.

Le phénomène montre quelque chose de nouveau : l’univers Clemquicourt est désormais suffisamment identifiable pour exister indépendamment d’une vidéo.

Un coureur qui attire une génération différente vers le trail

Son influence dépasse donc la question du nombre d’abonnés.

Les codes utilisés par Clemquicourt sont familiers à une génération qui a grandi avec YouTube, Twitch, TikTok et les jeux vidéo.

Pour ce public, découvrir l’ultra-trail par une vidéo pleine d’autodérision peut être beaucoup plus accessible que regarder directement un documentaire de deux heures consacré à la préparation physiologique d’un athlète élite.

Le sport reste exactement le même.

C’est la porte d’entrée qui change.

Son succès ne fait pas disparaître les critiques

Cette popularité produit naturellement aussi des réactions opposées.

Certains pratiquants apprécient son humour et sa capacité à démocratiser la discipline. D’autres sont beaucoup moins sensibles à la mise en scène permanente, à la place des réseaux sociaux ou au phénomène communautaire qui l’accompagne.

Il apporte dans un sport historiquement discret des mécanismes issus de l’économie des créateurs de contenu.

Un modèle différent de celui des traileurs professionnels classiques

Un athlète professionnel traditionnel construit généralement sa visibilité à partir de ses résultats.

Clemquicourt fonctionne différemment.

Sa performance sportive nourrit son contenu, mais son contenu nourrit également sa carrière sportive.

Plus ses aventures attirent de monde, plus il peut imaginer des projets ambitieux. Et plus ses projets deviennent ambitieux, plus ils génèrent des histoires intéressantes à raconter.

C’est une boucle particulièrement efficace.

Son métier ne consiste donc pas simplement à courir vite. Il consiste aussi à construire des aventures que le public aura envie de suivre.

De participant à organisateur

L’étape suivante paraît presque naturelle.

Après avoir participé aux événements des autres, Clemquicourt commence à imaginer les siens.

En 2026, il dévoile notamment « Les 25h qui courent », son projet inspiré du concept de Backyard.

L’idée consiste à réunir sportifs de haut niveau, créateurs de contenu et membres de sa communauté autour d’un événement caritatif.

Le projet annoncé pour novembre 2026 montre bien le chemin parcouru.

Quelques années auparavant, Clément découvrait le trail à Maurice. Désormais, il possède suffisamment d’audience pour imaginer un événement réunissant des personnalités majeures de la discipline.

Clemquicourt n’est donc plus seulement un influenceur trail

Le mot « influenceur » décrit une partie de son activité, mais devient progressivement réducteur.

Clément Deffrenne est à la fois coureur, vidéaste, storyteller, personnalité publique et désormais porteur de projets événementiels.

Sa trajectoire illustre surtout une évolution plus large du trail.

La discipline n’est plus uniquement racontée par les organisateurs, les magazines spécialisés et les marques.

Des coureurs peuvent désormais créer eux-mêmes leur média, leur communauté et leurs propres codes.

Clemquicourt en est probablement l’un des exemples français les plus visibles.

Pourquoi Clemquicourt fonctionne autant sur les réseaux ?

Élément Ce qui le distingue
Humour Il dédramatise la souffrance de l’ultra
Gaming Les Kill Cams donnent une identité immédiatement reconnaissable
Performance Ses résultats donnent une vraie crédibilité sportive
Storytelling Chaque défi devient une histoire avec ses épisodes
Autodérision Les échecs et galères deviennent aussi du contenu
Communauté Le public participe à l’aventure plutôt que de simplement regarder
Accessibilité Son personnage reste plus proche du pratiquant amateur que celui d’une superstar mondiale
Les ingrédients de son succès

Une progression sportive qu’il ne faut pas oublier

Le succès sur les réseaux peut parfois masquer cette partie.

Clemquicourt n’est évidemment pas Kilian Jornet et ne prétend pas l’être.

Mais il est devenu un ultra-traileur capable de terminer des courses extrêmement exigeantes et d’obtenir de véritables performances.

Sa quatrième place sur l’Ultra Terrestre et sa 23e place sur la Diagonale des Fous en constituent deux bons exemples.

The Running Collective relevait également un UTMB Index de 668 au moment de son portrait publié après l’UTMB 2025.

Son intérêt médiatique ne repose donc pas uniquement sur une GoPro et quelques bons montages.

L’histoire de Clemquicourt est finalement celle d’un mélange improbable

Clément Deffrenne n’était pas destiné à devenir une figure du trail.

Il grandit à Lille davantage attiré par Call of Duty que par la course à pied, rejoint l’EDHEC puis part à l’île Maurice pour terminer ses études. C’est là que la course puis la montagne commencent réellement à prendre une place importante dans sa vie.

La suite vient de sa capacité à ne pas choisir entre ses différents univers.

Au lieu d’abandonner les codes du gaming pour devenir un traileur « sérieux », il les importe dans le trail. Au lieu de cacher ses galères, il les transforme en histoires. Et au lieu de se contenter d’une audience, il améliore progressivement son niveau sportif.

Cette combinaison l’a conduit de l’île Maurice à l’Ultra Terrestre, de la Diagonale des Fous à l’UTMB, puis vers des projets d’aventure et d’événementiel toujours plus importants.

L’histoire de Clemquicourt est donc moins celle d’un influenceur devenu traileur que celle d’un passionné qui a trouvé une façon très personnelle de raconter le trail. Et c’est probablement la raison pour laquelle, en quelques années seulement, Clément Deffrenne est devenu impossible à ignorer dans le paysage français.

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